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Retrait du 2e pilier en 2025 : fiscalité et stratégies d’optimisation

Retrait du 2e pilier en 2025 : fiscalité et stratégies d’optimisation

retrait 2eme pilier 2025

SOMMAIRE :

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Retrait du 2e pilier en 2025 : l’essentiel à savoir

  • Écarts cantonaux : entre 3 % et 10 % d’impôt — jusqu’à 20’000 CHF d’écart pour 200’000 CHF retirés.
  • Fractionnement malin : deux comptes de libre passage max → économie de 5’000 à 10’000 CHF grâce au lissage fiscal.
  • Expatriés et frontaliers : impôt prélevé à la source en Suisse mais souvent récupérable via les conventions fiscales.

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Le retrait en capital du 2e pilier (LPP) déclenche un impôt spécial, « réduit » par rapport à l’impôt ordinaire sur le revenu, mais qui reste progressif.

Cet article détaille comment ces retraits sont imposés en 2025, les écarts marqués entre cantons, les cas des expatriés/frontaliers, ainsi que les bonnes pratiques pour limiter l’imposition. Des exemples chiffrés (CHF 100k, 200k, 500k) et des tableaux comparatifs cantonaux éclairent chaque point.

Enfin, des liens internes vous renvoient à nos articles détaillés sur le libre passage, la fiscalité, les erreurs fréquentes, l’hypothèque et le comparatif des caisses de pension.

Comment est imposé le retrait du 2e pilier ?

Cas d’un résident en Suisse

Si vous êtes domicilié en Suisse, l’impôt sur les retraits de votre 2e pilier est prélevé séparément des autres revenus. En pratique, le capital retiré est soumis à un taux spécial (distinct du barème ordinaire). La somme due comprend la part fédérale, cantonale et communale (et éventuellement ecclésiastique) calculée sur ce capital. Concrètement, on parle d’un impôt réduit car il applique généralement des taux inférieurs à l’impôt sur le revenu normal, mais il est progressif : plus le montant retiré est élevé, plus le taux augmente. Par exemple, selon Finpension, tous les cantons appliquent un barème spécifique (parfois proportionnel aux taux ordinaires, parfois un taux de rente fictif ou un taux fixe)finpension.chfinpension.ch.

Point-clé : en Suisse le retrait du 2e pilier est taxé à part, avec un taux d’imposition « préférentiel » plus bas que pour un revenu salarial ordinaire. Il ne bénéficie d’aucune déduction sociale (AVS, assurance, etc.) et, en cas de retrait combiné (2e pilier + 3a), les montants s’additionnent pour le calcul de l’impôt.

Cas d’un expatrié ou frontalier

Pour les personnes quittant la Suisse ou les frontaliers, l’impôt est prélevé à la source par la caisse de libre passage dans le canton où elle est domiciliée. Ce taux varie fortement selon le canton. Par exemple, sur un capital de 100’000 CHF, la fondation domiciliée à Schwyz prélèvera environ 4 % (≈4’000 CHF) tandis qu’à Genève elle sera d’environ 9 % (≈9’000 CHF). Ce prélèvement à la source cantonal (et fédéral) doit ensuite être pris en compte dans votre déclaration étrangère. Dans les conventions fiscales (ex. Suisse-France), l’impôt suisse peut être remboursé partiellement si vous le déclarez correctement. En d’autres termes, un frontalier ou expatrié paie d’abord l’impôt en Suisse, mais peut souvent récupérer ce montant (ou le créditer) via l’accord bilatéral de double imposition.

Barème préférentiel mais progressif

Au plan légal, chaque canton dispose d’un barème spécial pour les prestations en capital LPP. Bien que ces barèmes restent progressifs, ils diffèrent des tables d’imposition ordinaires : certains cantons appliquent un pourcentage fixe du capital (par exemple GL, SG, TG, UR) ; d’autres prennent une fraction du taux d’imposition des revenus (AG, AI, GE, LU, NE, NW, OW, SH, SO, VD, ZG) ; et quelques-uns calculent un taux de rente fictif (GR, SZ, TI, VS, ZH) ou un taux spécifique au capital. Dans tous les cas, aucun abattement AVS/AI n’est appliqué et il n’y a pas d’« impôt forfaitaire » : plus le capital est élevé, plus le taux effectif monte.

À savoir : selon Finpension, ces barèmes réduits font que deux retraités voisins avec le même capital peuvent payer le même impôt sur le 2e pilier, même si l’un a un revenu ordinaire plus élevé que l’autre finpension.ch finpension.ch. Cela vient du calcul spécifique (fraction du taux normal, taux fixe, etc.) qui « coupe » l’effet des autres revenus lors du retrait en capital.

Quels écarts d’imposition selon les cantons ?

L’impôt sur les retraits en capital varie drastiquement d’un canton à l’autre. Un tableau comparatif (voir ci-dessous) résume quelques fourchettes représentatives pour un retrait de l’ordre de 200’000 CHF (impôts fédéraux + cantonaux + communaux) :

CantonImpôt (env. 200k CHF, 2025)
Schwyz (SZ)~3–4 %
Zoug (ZG)~3–5 %
Appenzell Int. (AI)~3–4 %
Lucerne (LU)~6–8 %
Vaud (VD)~7–9 %
Genève (GE)~8–10 %
Fribourg (FR)~5–9 %
Berne (BE)~6–8 %

Ces chiffres sont indicatifs – ils dépendent du montant précis et de la commune – mais illustrent l’ordre de grandeur. Par exemple, Schwyz et Zoug affichent des taux très bas (3–5 % pour 200k), alors qu’à Genève ou Vaud on est plutôt autour de 8–10 %.

Dans la pratique, l’écart se chiffre en milliers de francs. À titre d’exemple, Swissinfo rapporte qu’en 2025 un retrait de 500’000 CHF est taxé à ~45’325 CHF à Berne contre ~22’825 CHF à Schwyz, soit une économie de ~22’500 CHF. Même à plus petite échelle, cet effet est significatif : sur 100’000 CHF, Schwyz taxe ≈4’000 CHF (4 %) alors que Genève ≈9’000 CHF (9 %) – une différence de 5’000 CHF pour un capital seulement 2,2× plus élevé. Pour 200’000 CHF, on dépasse facilement 10’000 CHF d’écart.

En pratique : avant de retirer votre capital, vous pouvez transférer votre avoir dans une caisse de libre passage domiciliée dans un canton fiscalement avantageux (par exemple Schwyz, Obwald, Zoug). Ceci justifie le « déplacement administratif » auprès d’une fondation à faible taux avant le versement.

Retrait en Suisse vs départ à l’étranger : quelles différences ?

La situation fiscale diffère selon que vous restez résident suisse ou que vous vous installez à l’étranger avant de retirer.

  • En Suisse (résident) : l’impôt sur le versement du capital est calculé sur votre domicile fiscal. Vous payez selon le barème du canton/résidence, comme vu ci-dessus. Rien ne change si vous retirez avant ou après votre retraite, c’est la même imposition spéciale LPP (sauf cas particuliers d’AVS/AI).

  • À l’étranger (expatriation) : le retrait est soumis à l’impôt à la source suisse. Concrètement, votre caisse ou votre fondation prélève automatiquement le montant dû selon le canton de domiciliation de l’institution. En général, ces taux à la source sont assez proches du barème cantonal, et souvent inférieurs à ce que vous paieriez en tant que résident. C’est pourquoi de nombreux expatriés transfèrent leurs avoirs dans une fondation de Schwyz ou Zoug avant de partir, pour « figer » l’imposition à un niveau minimal.

  • Conventions fiscales : dès lors que vous êtes résident étranger, c’est le droit fiscal du nouvel État qui s’applique au retrait. En pratique, la Suisse a passé des conventions avec la plupart des pays développés. Dans beaucoup de cas (États-Unis, pays d’Europe, etc.), ces conventions prévoient explicitement le remboursement du prélèvement suisse. Par exemple, si vous devenez résident français, l’impôt prélevé par la Suisse peut être remboursé en France (ou crédité lors de la déclaration), à condition de se conformer aux modalités (PFL ou quotient, voir FAQ).

  • Double imposition et solutions : de façon générale, la double imposition est évitée grâce à ces accords. Dans les conventions concernées, soit le droit d’imposer le capital est attribué à la Suisse (ce qui permet de récupérer le prélèvement, comme c’est le cas USA/EUR), soit à l’État d’accueil (ce qui signifie que la Suisse ne « fait qu’anticiper » l’impôt étranger). En revanche, hors de l’UE/AELE et en l’absence de convention, l’impôt suisse peut rester définitivement dû, d’où l’importance d’anticiper la planification fiscale.

Retirer en une fois ou fractionner sur 2 comptes ?

La loi suisse limite vos avoirs de libre passage à deux comptes maximum. Cela ouvre une stratégie intéressante : le splitting des comptes pour lisser l’impôt. Concrètement, vous pouvez transférer la totalité de votre 2e pilier sur deux comptes de libre passage (dans deux fondations différentes), puis retirer chaque part sur deux exercices fiscaux distincts.

Cette approche réduit votre facture fiscale globale. Par exemple, diviser CHF 400’000 en 2×200’000 et retirer chaque tranche en deux années séparées vous fera payer moins d’impôt que si vous aviez encaissé les 400’000 en une fois. En effet, le barème LPP étant progressif, un versement unique à haut montant est plus lourdement taxé qu’un retrait fractionné. Le splitting permet ainsi de « casser » votre capital sur plusieurs années et de réduire votre taux moyen..

Règle pratique : ne dépassez pas 2 comptes de libre passage. Ouvrir deux comptes (p. ex. 200k et 200k) puis retirer une part chaque année vous fait économiser l’impôt dû. Cette solution, souvent appelée withdrawal échelonné, est répandue chez les futurs retraités ou expatriés souhaitant minimiser l’impact fiscal.

Utiliser son 2e pilier pour financer un logement : quelles règles ?

La LPP autorise l’utilisation anticipée du 2e pilier pour l’accès à la propriété (logement principal). Vous avez alors deux possibilités légales :

  • Versement anticipé (retrait) : vous retirez une somme ou la totalité de votre capital pour constituer des fonds propres (dès CHF 20’000, soumis à limites d’âge et de fréquence). Cet argent augmente vos fonds propres et réduit le montant de l’hypothèque nécessaire. En revanche, vous devez payer l’impôt sur le capital retiré (prélèvement à la source suisse) comme pour tout retrait en capital. De plus, cela diminue votre avoir vieillesse : votre future rente LPP sera plus faible, et le capital prévu en cas de décès ou d’invalidité diminue.

  • Mise en gage (prêt hypothécaire) : vous mettez en garantie votre droit aux prestations de prévoyance (ou une portion de votre libre passage) afin d’obtenir une hypothèque plus élevée. Votre capital reste dans la caisse de pension (il n’y a pas de retrait fiscal). En revanche, la banque vous accorde une hypothèque supplémentaire (jusqu’à 90 % du montant placé en gage), ce qui augmente les intérêts à payer. Avec la mise en gage, vous continuez à toucher vos prestations LPP complètes plus tard, puisqu’aucune somme n’a quitté la prévoyance.

Impacts fiscaux : le retrait anticipé est immédiatement soumis à l’impôt (taux réduit LPP) sur le capital retiré, ce qui alourdit votre imposition annuelle. En revanche, la mise en gage n’entraîne pas de taxation immédiate (seuls les intérêts hypothécaires sont à considérer). Toutefois, notez que la mise en gage se traduit par un montant d’hypothèque plus élevé et donc plus de frais financiers.

Risques sur la rente future : tout versement anticipé réduit votre future prévoyance. Vous percevrez une rente de retraite plus faible ou, en cas d’invalidité ou de décès avant la retraite, les prestations seront moins élevées. Dans la pratique, les institutions de prévoyance obligent souvent à prendre une assurance vie complémentaire pour compenser cette perte de couverture.

Astuces : en cas de retrait anticipé, il est crucial de sécuriser votre famille (par ex. via une assurance vie ou en cas de divorce). Si vous envisagez la mise en gage, comparez bien les coûts hypothécaires (voir notre article sur l’hypothèque) et vérifiez les conditions (âge, consentement du conjoint, etc.).

3 erreurs fréquentes à éviter lors d’un retrait

  1. Laisser son avoir dans un canton fiscalement défavorable. Ne présumez pas que le canton de votre dernière activité est le plus avantageux. Comme vu, la différence peut atteindre plusieurs milliers de francs. Par exemple, ne pas transférer un compte à Berne ou Vaud vers Schwyz représente une perte potentielle de +10’000 CHF sur 200’000 CHF retirés. Des simulations montrent qu’un capital placé à Schwyz (taux très faible) permet d’économiser jusqu’à 20–30k CHF d’impôt sur les gros montants.

  2. Retirer en une fois sans planification. Souvent, les gens encaissent la totalité de leur capital en une année, ignorant que l’impôt LPP est progressif. Au lieu de cela, il vaut mieux scinder le capital sur deux comptes et sur deux exercices fiscaux. Ne pas le faire, c’est renoncer à la stratégie de fractionnement qui permet de « lisser » l’impôt. Par exemple, 400k sur un seul retrait coûte beaucoup plus que 2×200k lissés sur deux ans.

  3. Négliger les conventions fiscales internationales. En partant à l’étranger ou en étant frontalier, ne considérez pas seulement l’impôt suisse. Il est impératif d’étudier la convention bilatérale du pays de résidence. Beaucoup oublient de la déclarer ou croient à tort qu’un faible prélèvement suisse suffit. Or, en France par exemple, vous pourrez déclarer le retrait et récupérer l’impôt suisse (via le crédit d’impôt ou l’abattement PFL). Omettre ces démarches entraîne parfois une double imposition (impôt suisse et impôt étranger sans compensation).

Comment optimiser sa fiscalité et sécuriser son capital ?

  • Choisir le bon canton de retrait. Avant de faire votre retrait, déplacez votre avoir dans une fondation domiciliée dans un canton à faible imposition (Schwyz, Zoug, Obwald, etc.). Ce simple transfert peut rapporter plusieurs milliers de francs d’économie d’impôt.

  • Fractionner sur 2 comptes. Profitez de la règle des deux comptes de libre passage en répartissant votre capital sur deux comptes distincts. Retirez-les sur deux années différentes pour réduire le taux moyen d’imposition.

  • Planifier le timing. Évitez de retirer dans une année déjà fiscalement chargée (hauts revenus, bonus, plus-values, etc.). Privilégiez une année « creuse » en termes de revenus pour minimiser le taux progressif.

  • Anticiper les conventions. Si vous quittez la Suisse ou avez le choix entre retrait avant/après expatriation, clarifiez les règles de la convention fiscale du pays cible (France, Allemagne, USA, etc.). Dans certains cas, il vaut mieux retirer après avoir établi votre résidence à l’étranger, ou inversement (cas par cas). Consultez un spécialiste si besoin.

Demandez un audit fiscal gratuit : pour sécuriser votre stratégie, notre équipe propose un audit personnalisé de votre situation (cantons, timing, montants). Cet accompagnement gratuit vous aidera à maximiser vos économies fiscales et à éviter les pièges.

FAQ Retrait du 2ème Pilier Suisse et Optimisation

  • Quand puis-je retirer mon 2e pilier ? Le retrait en capital est autorisé dans les cas légaux suivants : départ définitif de Suisse (hors UE/AELE), passage à la retraite (âge légal ou dès 60 ans en retraite anticipée), ou pour financer votre résidence principale. Il est aussi possible de retirer en partiel lors d’un passage à l’indépendance.

  • Quel est le meilleur canton pour retirer mon 2e pilier ? Fiscalement, les cantons à faible taux d’imposition sont les plus avantageux. En pratique, Schwyz, Obwald et Zoug sont réputés pour leurs taux minimaux sur les retraits LPP. Par exemple, le prélèvement à la source pour 100k CHF est d’environ 3–4 % dans ces cantons, contre ~9% à Genève.

  • Dois-je payer des impôts en Suisse si je pars à l’étranger ? Oui. La Suisse taxe à la source le retrait de votre 2e pilier selon le canton de la caisse de libre passage, même si vous êtes résident étranger. Toutefois, cet impôt peut généralement être récupéré ou crédité dans votre pays de résidence grâce aux conventions fiscales.

  • Peut-on éviter la double imposition sur le retrait du 2e pilier ? La double imposition est évitée via les conventions fiscales bilatérales. En général, l’impôt suisse prélevé est pris en compte dans la déclaration étrangère (crédit d’impôt ou abattement). En France par exemple, vous pouvez opter pour un Prélèvement Forfaitaire Libératoire de 7,5 % (après abattement de 10 %) au lieu du barème progressif, ce qui, couplé au crédit de l’impôt suisse, limite le montant total dû. Chaque pays a ses règles, donc étudiez bien votre cas ou consultez un conseiller fiscal.

Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Expert en prévoyance LPP et Libre Passage

8 ans d’expérience dans le conseil financier en Suisse, spécialisé dans le 2e pilier et le libre passage. J’aide chaque client à faire les bons choix (fiscalité, investissement, retrait) pour sa retraite LPP, avec clarté, stratégie et impact.

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Compte de libre passage : 3 erreurs coûteuses (et comment les éviter)

Compte de libre passage : 3 erreurs coûteuses (et comment les éviter)

COMPTE LIBRE PASSAGE ERREURS

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Compte de libre passage : 3 erreurs à éviter absolument

  • Capital qui dort : ne laissez pas vos avoirs LPP stagner à 0 % — investissez-les pour viser 3–5 % de rendement annuel.
  • Impôts mal planifiés : choisir le mauvais canton ou retirer en une seule fois peut coûter dizaines de milliers de CHF.
  • Négligence administrative : comptes oubliés, bénéficiaires non désignés et frais cachés réduisent votre patrimoine retraite.

Protégez et optimisez votre 2e pilier. Demandez un audit gratuit pour éviter ces erreurs et sécuriser vos avoirs dès aujourd’hui avec nos experts.

Lorsqu’on quitte un emploi en Suisse ou qu’on part à l’étranger, les avoirs du 2ème pilier (LPP) sont placés sur un compte de libre passage. Or, de nombreux assurés laissent ensuite ce capital dormir sans vraiment s’en occuper, commettant ainsi des erreurs aux conséquences financières importantes. En Suisse, des milliards de francs de 2ème pilier « oubliés » stagnent ainsi sur des comptes de libre passage inactifs, avec un rendement quasi nul. Ces oublis ou mauvais choix peuvent coûter très cher à long terme – que ce soit en rendement manqué, en impôts excessifs ou en pertes pour vos héritiers. La bonne nouvelle, c’est qu’en prenant conscience de ces pièges et en agissant, il est possible de protéger et d’optimiser vos avoirs LPP.

Dans cet article, nous passons en revue 3 erreurs coûteuses que font fréquemment les résidents suisses, frontaliers ou expatriés avec leur compte de libre passage – et surtout comment les éviter pour maximiser votre retraite.

Erreur n°1 : Laisser votre capital LPP dormir sans rendement

Beaucoup de personnes laissent leur compte de libre passage sur la fondation par défaut ou une solution trop prudente, sans se soucier du rendement.

Résultat : leur capital stagne pendant des années avec un intérêt quasi nul. En effet, dans 80 % des cas, le compte de libre passage reste sur une fondation imposée par l’ancienne caisse de pension, souvent rémunérée à seulement 0,01 % d’intérêt par an.

C’est pratiquement zéro – à tel point que certains ne savent même pas où se trouve leur capital. À titre d’exemple, un avoir de 50 000 CHF laissé 10 ans à 0,01 % n’aura quasiment pas évolué, alors qu’avec un rendement modeste de 3 % il aurait atteint environ 67 000 CHF (plus de 17 000 CHF de gains potentiels perdus). Pire, certains comptes appliquent des frais annuels (par ex. 36 CHF/an) qui, combinés à un taux à 0,01 %, entraînent une perte nette de capital sur la durée. Sur 10 ans, de tels comptes peuvent rogner 1 à 2 % de votre avoir – un coût caché non négligeable.

Pourquoi ces rendements sont-ils si faibles ?

D’une part, si vous ne faites rien, votre ancienne institution de prévoyance transfère votre argent après 6 mois sur la Fondation institution supplétive LPP, un fonds de sécurité nationale. Or, ce dernier place votre argent temporairement à 0.4% en 2025 en attendant vos instructions. D’autre part, choisir un compte de libre passage de type assurance peut sembler rassurant (capital garanti), mais ce choix se révèle souvent perdant sur le long terme : la sécurité a un coût, avec des rendements très faibles, des frais parfois cachés et peu de flexibilité. En 2025, le taux d’intérêt moyen des comptes de libre passage en banque n’était que ~0,1 % par an (autour de 0 % sur les fondations les moins performantes, et ~0,5 % pour les meilleures) Autant dire que si votre horizon de placement est de plusieurs années, laisser dormir votre capital LPP à 0 % peut vous coûter une fortune en manque à gagner.

Comment l’éviter : Reprenez la main sur votre compte de libre passage.

Ne laissez pas vos avoirs oubliés sur un compte par défaut à taux zéro. Commencez par identifier où se trouve votre avoir LPP (au besoin, faites une demande à la Centrale du 2ème pilier pour retrouver un éventuel compte ouvert à votre nom). Ensuite, transférez vos fonds vers une solution plus performante. Cela peut être un compte de libre passage auprès d’une banque offrant un meilleur taux ou – si votre profil le permet – un compte de libre passage investi en fonds (actions, obligations, etc.) respectant les règles OPP2. En effet, certaines fondations bancaires proposent des portefeuilles diversifiés pouvant générer 3 à 5 % de rendement annuel sur le long terme, tout en restant dans le cadre légal.

Sur 10-15 ans, la différence est énorme : par exemple, il est tout à fait possible de doubler son capital en 15 ans avec une stratégie d’investissement appropriée, alors qu’un capital laissé inactif n’augmentera pas. Bien sûr, il faut adapter la solution à votre horizon et votre tolérance au risque, mais investir stratégiquement une partie de votre 2ème pilier peut transformer un capital dormant en véritable levier de croissance. En somme, ne laissez pas vos économies de retraite sous-performer : comparez les offres (taux, frais cachés, options d’investissement) sur le marché et choisissez un compte performant – notre comparatif des comptes de libre passage peut vous y aider.

Si vous privilégiez la sécurité à court terme, pourquoi pas une assurance, mais n’oubliez pas qu’à long terme il est souvent gagnant de placer vos avoirs de manière plus dynamique.

Erreur n°2 : Ignorer l’optimisation fiscale lors du retrait

La fiscalité du 2ème pilier en libre passage est un autre piège qui peut coûter très cher si l’on n’y prête pas attention. Beaucoup d’assurés ne réalisent pas que l’impôt prélevé sur le capital LPP au retrait dépend du canton où il est imposé, et que ce choix peut faire varier la note du simple au double. En Suisse, les prestations en capital du 2ème pilier sont imposées à un taux préférentiel, séparément du revenu annuel. Toutefois, l’impôt est progressif : plus le capital retiré est élevé, plus le taux monte. Surtout, il y a une différence cruciale entre un retrait pour un résident suisse et pour un non-résident :

  • Si vous êtes résident fiscal en Suisse au moment du retrait, l’impôt sera calculé selon le barème de votre canton de domicile.

  • Si vous n’êtes plus résident en Suisse (expatrié, frontalier), un impôt à la source sera prélevé par la fondation de libre passage, selon le barème du canton où se trouve cette fondation. Autrement dit, vous pouvez choisir le canton d’imposition en choisissant la fondation où est votre compte.

Négliger ce paramètre, c’est risquer de payer beaucoup plus d’impôts que nécessaire. Les écarts entre cantons sont énormes : par exemple, pour un retrait de 200 000 CHF, un canton comme Schwyz ne prendrait qu’environ 8 000 CHF d’impôt, alors qu’un canton comme Genève ponctionnerait environ 18 000 CHF – soit 10 000 CHF de différence sur le même capital.

Sur 500 000 CHF, l’écart pourrait approcher 25 000 CHF ou plus. Un mauvais choix de canton peut donc vous coûter des dizaines de milliers de francs.

Malheureusement, beaucoup laissent leur compte dans un canton à forte imposition (Genève, Vaud, Neuchâtel…) sans savoir qu’ils pourraient transférer leur libre passage dans un canton bien plus avantageux fiscalement (Schwyz, Zoug, Nidwald, etc.). Certes, certaines fondations “optimisées” facturent des frais de quelques centaines de francs si vous transférez juste avant le retraits, mais l’économie fiscale réalisée compense généralement largement ce coût. (Attention cela dépends du lieu de résidence lors du retrait et des conventions bilatérales)

Une autre erreur courante est de retirer tout son capital en une seule fois sans envisager le fractionnement des retraits. Plutôt que de subir l’impôt en une fois sur la totalité (avec un taux maximal), il est souvent plus judicieux de répartir le retrait sur deux années différentes pour profiter de taux plus bas sur deux montants plus petits. La loi vous autorise à détenir deux comptes de libre passage distincts (auprès de fondations différentes). Cette stratégie du « split » consiste à ouvrir deux comptes lors de la sortie de caisse de pension et à y répartir vos avoirs LPP. Le moment venu, vous pourrez par exemple retirer le premier compte en fin d’année N, puis le second au début de l’année N+1. Chaque retrait étant inférieur au retrait global, le taux d’imposition appliqué sera plus bas, ce qui réduit le total d’impôts payés. En prime, avoir deux comptes peut augmenter la sécurité de vos avoirs : en cas de faillite bancaire, chaque compte est couvert par l’assurance-dépôts jusqu’à 100 000 CHF (garantie par compte et par établissement). Il serait dommage de ne pas exploiter cette possibilité légale pour économiser plusieurs milliers de francs d’impôts et protéger son capital.

Enfin, pour les frontaliers ou expatriés, la donne fiscale est encore différente et recèle des opportunités et pièges spécifiques. Un frontalier qui retire son 2ème pilier subira l’impôt à la source en Suisse et l’impôt en France. Cependant, peu savent qu’il est possible de choisir un canton suisse à faible imposition, puis de récupérer cet impôt suisse (grâce à la convention fiscale), et ensuite d’opter pour la flat tax de 7,5 % en France (prélèvement forfaitaire libératoire). Cette optimisation parfaitement légale peut représenter une économie de 15 000 CHF et plus dans certains cas. À l’inverse, ne pas s’y prendre correctement peut aboutir à une double imposition pénalisante.

De même, si vous partez vous établir dans un autre pays, renseignez-vous sur la double imposition et les accords en place, afin d’éviter de payer deux fois l’impôt ou de manquer une exonération possible.

Comment l’éviter : Anticipez la fiscalité de votre libre passage bien avant le retrait.

Renseignez-vous sur les taux d’imposition des différents cantons et n’hésitez pas à transférer votre compte vers un canton à fiscalité avantageuse quelques temps avant le retrait. Par exemple, de nombreuses fondations se sont établies à Schwytz, Zoug, etc., précisément pour offrir un prélèvement minimal à leurs clients. Ensuite, si votre capital est conséquent, envisagez d’ouvrir deux comptes de libre passage dès que possible afin de planifier un retrait échelonné. Cette simple stratégie de splitting vous permet de lisser l’impôt sur deux années et d’éviter la tranche maximale progressive.

Attention toutefois : la loi limite à deux comptes maximum par personne, il n’est pas possible de fragmenter sur plus de deux (et cette limitation vise justement à éviter les abus de fragmentation fiscale).

Pour les frontaliers, expats ou cas particuliers, faites-vous accompagner par un expert fiscal ou consultez un guide sur la fiscalité du 2ème pilier : chaque situation (affiliation LAMal/CMU, pays de résidence, etc.) a ses spécificités.

En résumé, ne laissez pas au hasard un aspect qui peut impacter fortement le montant net que vous récupérerez. Une étude fiscale personnalisée avant tout retrait est fortement recommandée – les économies potentielles valent largement le temps investi.

Erreur n°3 : Négliger l’administration de son compte (frais, succession, comptes oubliés)

La troisième erreur courante est de considérer son compte de libre passage comme un « compte parking » qu’on peut oublier jusqu’à la retraite, sans suivi régulier. Cette négligence administrative peut prendre plusieurs formes, toutes potentiellement coûteuses :

  • Laisser des comptes “dormants” non suivis : Si vous avez changé d’emploi plusieurs fois, vous pourriez avoir plusieurs comptes de libre passage inactifs éparpillés dans différentes fondations, sans en avoir pleinement conscience. Or, qui dit multiples comptes dit potentiellement multiplication des frais (par exemple, 2 comptes avec 36 CHF de frais chacun, etc.) et dispersion du capital. Surtout, il est facile d’en oublier un en route. En Suisse, la Fondation supplétive LPP gère pas moins de 950 000 comptes de libre passage « sans contact » (propriétaires injoignables) totalisant 6 milliards de francs. Autrement dit, des centaines de milliers de personnes ont perdu le suivi de leurs avoirs de prévoyance et ne les récupéreront qu’à la retraite (si ce n’est jamais). Ne pas mettre à jour votre adresse auprès de la fondation ou oublier de signaler un départ à l’étranger peut conduire à ce que votre compte soit considéré sans contact – votre argent reste alors bloqué jusqu’à ce que vous vous manifestiez, sans possibilité de conseil ni d’optimisation pendant ce temps.

  • Oublier de désigner des bénéficiaires : Contrairement à la caisse de pension d’un employeur, où les règles d’assurance risque (décès, invalidité) prévoient des rentes pour les survivants, un compte de libre passage est plus statique. En cas de décès du titulaire, le capital du compte est versé aux bénéficiaires légaux selon un ordre fixé par la loi (conjoint survivant, enfants, etc.). Mais attention : toutes les fondations de libre passage ne versent pas automatiquement 100 % du capital aux héritiers. Certaines appliquent strictement l’ordre légal, et d’autres peuvent retenir une partie du capital s’il n’y a pas de bénéficiaire déclaré. Concrètement, cela signifie que si vous n’avez pas de conjoint ni d’enfant et que vous n’avez pas rempli de clause bénéficiaire (par exemple pour désigner un partenaire de fait, des parents ou des frères/sœurs), une part de vos avoirs pourrait ne jamais parvenir à vos proches. Le capital pourrait rester en partie dans les caisses de la fondation ou revenir à l’État, suivant les dispositions. C’est une perte sèche pour votre patrimoine familial.

  • Ignorer les frais et conditions de son compte : Enfin, ne pas lire les petits caractères peut coûter. Par exemple, certains comptes annoncés “gratuits” appliquent des frais de sortie ou de transfert en cas de retrait anticipé ou de transfert peu avant la retraite. D’autres imposent des frais de gestion annuels qui grignotent lentement votre solde. Ce sont des détails administratifs qu’il ne faut pas négliger, sous peine de payer pour rien ou de réduire le rendement réel de votre libre passage.

Comment l’éviter : Gardez le contrôle administratif de vos avoirs LPP en libre passage.

Pour éviter les comptes oubliés, faites régulièrement l’inventaire de vos prestations de sortie lorsque vous changez d’emploi. La loi autorise deux comptes au maximum : idéalement, consolidez vos avoirs sur un ou deux comptes au lieu de les disperser partout. En cas de doute, utilisez le service du Fondation institution supplétive / Fonds de garantie LPP pour rechercher d’éventuels avoirs lpp à votre nom. Et bien sûr, informez chaque fondation de libre passage de vos changements d’adresse ou de situation familiale pour rester joignable. Concernant la succession, prenez quelques minutes pour vérifier les règles d’héritage de votre fondation (elles doivent vous être communiquées) et déclarez par écrit vos bénéficiaires supplémentaires si la loi vous le permet. Par exemple, si vous n’êtes pas marié, vous pouvez souvent désigner un partenaire ou, à défaut, vos héritiers de sang afin d’éviter qu’une partie du capital ne se perde. Cette démarche proactive garantit que 100 % de votre épargne LPP bénéficiera à vos proches en cas de coup dur. Enfin, soyez attentif aux frais : choisissez de préférence des fondations à frais réduits et transparents. Un comparatif de banques et fondations de libre passage vous aidera à identifier celles qui n’imposent pas de frais cachés ou de taux d’intérêt plancher trop bas. L’objectif est de minimiser les coûts tout en maximisant la sécurité et le rendement. En somme, ne laissez pas votre compte de libre passage en pilotage automatique : un suivi périodique et quelques actions simples (mise à jour des données, regroupement, désignation de bénéficiaires) vous éviteront de mauvaises surprises et préserveront la valeur de votre 2ème pilier.

Comment éviter ces pièges et optimiser votre libre passage ?

En résumé, les erreurs ci-dessus montrent qu’un compte de libre passage négligé peut se transformer en véritable gouffre financier sur le long terme. Pour éviter ces pièges, adoptez une approche proactive et informée de la gestion de votre 2ème pilier :

  • Suivez et optimisez le rendement : Ne laissez pas votre capital stagner à 0 %. Cherchez une solution plus performante adaptée à votre profil (banque, portefeuille investi…), afin de faire fructifier vos avoirs au fil des ans.

  • Anticipez la fiscalité : Ne subissez pas l’impôt passivement. Planifiez vos retraits pour payer le moins d’impôts possible – choix du canton, fractionnement sur deux ans, etc., en vous aidant au besoin de conseils experts ou d’un guide sur la fiscalité du 2e pilier.

  • Soyez acteur de l’administratif : Conservez la maîtrise de vos comptes : tenez vos coordonnées à jour, consolidez vos comptes de libre passage et désignez clairement vos bénéficiaires. Un peu d’administration aujourd’hui évite des pertes demain.

En faisant cela, vous transformerez votre compte de libre passage d’une simple « boîte de dépôt » passive en un outil efficace de gestion de patrimoine retraite. N’hésitez pas à vous informer davantage – par exemple avec notre guide complet du libre passage ou notre dossier retraite 2e pilier – et à solliciter un expert en prévoyance si nécessaire. Un conseiller pourra vous aider à comparer les offres, à optimiser votre fiscalité et à choisir la stratégie de placement adéquate pour votre 2ème pilier. Votre avenir financier mérite bien ce petit effort ! Enfin, souvenez-vous que chaque situation est unique : les meilleurs choix seront ceux qui correspondent à votre profil et vos objectifs. En évitant ces erreurs coûteuses et en prenant les bonnes décisions, vous maximiserez votre capital retraite tout en évitant les écueils – de quoi aborder sereinement l’avenir.

Vous souhaitez un accompagnement personnalisé ou en savoir plus ? Consultez notre guide libre passage ou contactez nos spécialistes pour un conseil gratuit. Chaque franc économisé ou optimisé aujourd’hui, c’est un pas de plus vers une retraite confortable. 💼🏆

FAQ sur le compte de libre passage

Qu’est-ce qu’un compte de libre passage et quand faut-il l’ouvrir ?


Un compte de libre passage est un compte bloqué qui accueille votre avoir LPP (prévoyance professionnelle du 2ème pilier) lorsque vous quittez une caisse de pension – par exemple si vous démissionnez, êtes au chômage, devenez indépendant ou quittez la Suisse. Il préserve vos droits jusqu’à ce que vous adhériez à une nouvelle caisse ou jusqu’à la retraite. Il est essentiel d’ouvrir un tel compte dans les 6 mois après la fin de votre emploi, faute de quoi votre capital sera automatiquement transféré à la Fondation supplétive LPP (institution de libre passage par défaut). Sur ce compte par défaut, l’argent restera en attente souvent sans rendement significatif jusqu’à ce que vous donniez des instructions. Donc, pour garder le contrôle, ouvrez rapidement votre propre compte de libre passage dans la banque ou l’institution de votre choix et faites-y transférer votre prestation de sortie.

Comment mon compte de libre passage est-il imposé lors du retrait ?


Le capital du 2ème pilier retiré depuis un compte de libre passage est imposé à taux réduit, séparément de vos autres revenus. Si vous êtes en Suisse au moment du retrait, c’est votre canton de domicile qui fixe le taux. Si vous êtes à l’étranger, l’impôt est prélevé à la source par la fondation, selon le canton où celle-ci est domiciliée. Les taux varient fortement : par exemple, retirer 100 000 CHF depuis un compte situé dans le canton de Schwytz peut entraîner ~4 % d’impôts (4 000 CHF), contre ~9 % (9 000 CHF) depuis Genèves. De plus, l’impôt est progressif selon le montant total retiré. Il est donc souvent avantageux de spliter son capital sur deux comptes pour effectuer deux retraits séparés (sur deux années fiscales), plutôt qu’un seul gros retrait : cela permet de profiter de taux plus bas sur chaque partie du capital. En résumé, pour minimiser l’impôt, choisissez judicieusement le canton de votre fondation (si vous pouvez) et envisagez d’échelonner les retraits sur plusieurs années.

Que se passe-t-il en cas de décès ? Mes proches récupéreront-ils mon avoir ?

En cas de décès du titulaire d’un compte de libre passage, le capital est en principe versé aux bénéficiaires légaux définis par la loi LPP. L’ordre habituel est : le conjoint survivant ou partenaire enregistré, puis les enfants, puis – s’ils n’existent pas – d’autres personnes à charge ou héritiers définis. Toutefois, il faut savoir que toutes les fondations ne versent pas automatiquement la totalité du capital aux héritiers : certaines peuvent appliquer des conditions ou retenir une part si aucun bénéficiaire n’a été explicitement déclaré. Par exemple, si vous n’avez ni conjoint ni enfants, et que vous n’avez pas désigné de bénéficiaire, une partie du capital pourrait ne pas aller à vos héritiers collatéraux. Pour éviter toute mauvaise surprise, il est recommandé de vérifier les dispositions de votre fondation et de remplir le formulaire de désignation de bénéficiaire si vous souhaitez avantager un concubin ou un membre de votre famille en particulier. De cette manière, en cas de décès, vos avoirs LPP seront transmis selon vos volontés et vos proches ne perdront pas le bénéfice de ce capital.

Peut-on avoir plusieurs comptes de libre passage en même temps ?

Oui, la loi vous permet de détenir jusqu’à deux comptes de libre passage distincts au maximum. Cette possibilité vise principalement à permettre le fractionnement des retraits pour optimiser les impôts (méthode du « split »). Par exemple, si vous avez un important capital LPP, vous pouvez le répartir sur deux comptes dans deux fondations différentes, et retirer chaque compte à un an d’intervalle pour réduire l’imposition totale. En revanche, avoir plus de deux comptes n’est pas autorisé dans le cadre légal normal – il faut dans ce cas regrouper vos avoirs. Notez qu’ouvrir deux comptes peut aussi présenter l’avantage de doubler la couverture de garantie (chaque compte étant assuré jusqu’à 100 000 CHF en cas de faillite bancaire du dépositaire). Si vous avez plusieurs petits comptes suite à divers emplois, il est généralement conseillé de les consolider pour simplifier la gestion et éviter les oublis.

Peut-on faire travailler l’argent sur un compte de libre passage ?

Oui, tout à fait. Beaucoup imaginent que l’avoir du 2ème pilier doit rester sur un compte en espèces au rendement quasi nul, mais il existe des options pour investir son libre passage dans le cadre réglementaire. Selon les fondations, vous pouvez placer votre capital dans des portefeuilles d’investissement conformes aux normes OPP2 (par exemple avec 25 %, 50 % ou jusqu’à 75-100 % en actions selon votre profil). L’objectif est d’obtenir un rendement supérieur sur le long terme (typiquement 3-5 %/an), au prix d’une volatilité plus élevée. Cela peut valoir la peine si votre horizon de placement est de plusieurs années et que vous acceptez les fluctuations. En revanche, si vous avez besoin des fonds très prochainement ou que vous êtes extrêmement prudent, vous privilégierez un compte à intérêt garanti (banque ou assurance), quitte à ce que le rendement soit très faible. L’important est de savoir que vous n’êtes pas obligé de laisser l’argent “dormir” : renseignez-vous auprès de votre fondation ou de votre banque sur les options de placement disponibles pour votre compte de libre passage, ou consultez un comparatif des performances des fondations. Transformer un compte de libre passage en investissement peut significativement augmenter votre capital retraite sur la durée, comme l’illustrent ceux qui ont pu quasiment doubler leur avoir en 10-15 ans grâce à la bourse

Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Expert en prévoyance LPP et Libre Passage

8 ans d’expérience dans le conseil financier en Suisse, spécialisé dans le 2e pilier et le libre passage. J’aide chaque client à faire les bons choix (fiscalité, investissement, retrait) pour sa retraite LPP, avec clarté, stratégie et impact.

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Compte de libre passage en Suisse : le guide ultime 2026

Compte de libre passage en Suisse : le guide ultime 2026

COMPTRE LIBRE PASSAGE 2026

SOMMAIRE :

TROUVEZ LE MEILLEUR LIBRE PASSAGE

Compte de libre passage 2026 : que retenir et comment agir ?

  • Ouvrez vite : créez un compte de libre passage dans les 6 mois après avoir quitté votre emploi pour éviter l’envoi automatique à la fondation supplétive.
  • Comparez : en 2025, les taux varient de 0 % à 0,5 % selon les banques/fondations — choisissez celles sans frais cachés et avec options d’investissement.
  • Optimisez : investissez une partie de votre avoir pour viser 3–5 % de rendement annuel au lieu de laisser dormir votre capital à 0 %.
  • Anticipez la fiscalité : répartissez vos avoirs sur 2 comptes maximum pour lisser l’impôt et sécuriser vos retraits.
  • Sécurisez vos avoirs : mettez à jour vos coordonnées et utilisez le service officiel du Fonds de garantie LPP pour retrouver d’éventuels comptes oubliés.

Ne laissez pas vos avoirs LPP perdre de la valeur. Demandez un audit gratuit et trouvez le compte de libre passage le plus performant avec nos experts.

En Suisse, des milliards de francs de 2ème pilier « oubliés » dorment sur des comptes de libre passage inactifs. Faute d’action, ces avoirs de prévoyance professionnelle stagnent avec un rendement quasi nul, pénalisant vos économies retraite. Que vous soyez résident suisse, frontalier ou expatrié, il est crucial de prendre en main votre compte de libre passage afin d’éviter la dispersion de vos avoirs LPP, optimiser leur croissance et bénéficier des meilleures conditions.

Ce guide ultime 2026 vous explique en détail le fonctionnement du compte de libre passage, quand et comment l’ouvrir, quelles sont les options (banque vs assurance), les meilleurs comptes en 2026 et comment les comparer, ainsi que toutes les questions fréquentes (retraits anticipés, comptes multiples, cas particuliers, etc.). Adoptez une approche proactive de votre 2ème  pilier pour maximiser votre rendement tout en sécurisant vos droits – et découvrez nos conseils pour mettre la puissance de ce compte au service de votre avenir financier.

Résumé :

  • Le compte de libre passage est un compte bloqué qui accueille votre avoir du 2ème pilier (LPP) lorsque vous quittez un emploi sans adhérer immédiatement à une nouvelle caisse de pension. Il préserve vos droits à la retraite en attendant votre prochain emploi ou votre retraite.

  • Ouvrez un compte de libre passage dans les 6 mois après la fin d’un emploi si vous n’avez pas de nouvel employeur. Passé ce délai, votre capital LPP sera automatiquement transféré à la Fondation institution supplétive LPP, le fonds de sécurité national, où il restera en attente (souvent sans rendement) jusqu’à vos instructions.

  • Taux d’intérêt 2025 très bas : la rémunération moyenne des comptes de libre passage en 2025 tourne autour de 0,1 % par an. Seules quelques fondations offrent ~0,5 % au maximum. Attention aux comptes à 0 % et aux frais de gestion qui peuvent rogner le capital. Pour un meilleur rendement, envisagez des solutions investies en bourse (portefeuilles en actions) pouvant générer 3 à 5 % par an en moyenne en acceptant la volatilité.

  • Deux comptes maximum : il est légalement permis de répartir sa prestation de sortie sur deux comptes de libre passage (chez deux prestataires différents) lors d’un départ d’une caisse de pension. Cette stratégie de « splitting » permet d’échelonner les retraits sur deux années fiscales pour réduire l’impôt progressif, et de sécuriser chaque compte jusqu’à 100’000 CHF en cas de faillite bancaire (couverture de l’assurance-dépôts).

  • Retraits et utilisations limités : hors retraite, les avoirs LPP sont bloqués sur le compte de libre passage. Un retrait anticipé n’est autorisé que dans des cas précis : départ définitif de la Suisse, acquisition de votre logement principal, passage à une activité indépendante, petit montant LPP, invalidité ou décès. Toute sortie en capital est alors soumise à taxation et requiert le consentement du conjoint le cas échéant.

Qu’est-ce qu’un compte de libre passage ?

Un compte de libre passage est un compte de prévoyance où sont placés vos avoirs du 2ème pilier (prévoyance professionnelle LPP) lorsque vous n’êtes plus affilié à une caisse de pension active. Concrètement, lors d’une interruption de votre activité (entre deux emplois, chômage, congé sabbatique, expatriation temporaire, etc.), vous quittez la caisse de pension de votre ancien employeur et recevez une prestation de sortie LPP – c’est-à-dire l’épargne retraite accumulée chez cet employeur.

Plutôt que de transférer immédiatement cette somme à une nouvelle caisse de pension (ce qui n’est pas possible sans nouvel emploi), elle doit être stationnée sur un compte de libre passage afin de conserver vos droits jusqu’à ce que vous retrouviez une caisse de pension ou atteigniez l’âge de la retraite.

Un compte de libre passage fonctionne un peu comme un compte épargne bloqué : votre capital y demeure à l’abri de l’impôt et des créanciers jusqu’à son retrait, tout en continuant (idéalement) de produire des intérêts ou des rendements. Il fait juridiquement partie de la prévoyance professionnelle (sous le régime de la LPP), et n’offre donc pas une disponibilité libre : l’argent reste destiné à votre retraite ou à des objectifs précis autorisés par la loi. Attention : contrairement à une caisse de pension, un compte de libre passage ne couvre pas les risques d’invalidité ou de décès pendant la période où l’avoir y est déposé. Il s’agit uniquement d’une mesure de conservation de votre épargne du 2ème pilier, sans cotisations nouvelles ni assurances, d’où l’importance de réagir dès que vous êtes en situation de libre passage pour optimiser ce compte.

Qui doit en ouvrir un et quand ?

Toute personne quittant un emploi en Suisse sans rejoindre immédiatement une nouvelle caisse de pension doit envisager d’ouvrir un compte de libre passage. Les situations typiques incluent :

  • Chômage ou pause de carrière : si vous perdez votre emploi ou prenez un congé sabbatique, parental, une formation continue, etc., et restez plus de quelques semaines sans nouvel employeur, vos avoirs LPP doivent être transférés sur un compte de libre passage pour éviter qu’ils ne restent dans l’ancienne caisse ou ne soient versés à la fondation supplétive.

  • Départ temporaire à l’étranger : en cas d’expatriation ou de travail à l’étranger, vous pouvez laisser votre 2ème pilier en Suisse sur un compte de libre passage plutôt que de le retirer en espèces (solution souvent préférable fiscalement si vous comptez revenir ou si vous déménagez dans l’UE).

  • Passage à l’indépendance : si vous vous mettez à votre compte (statut d’indépendant) sans adhérer volontairement à une caisse de pension, vous devrez transférer l’avoir accumulé sur un compte de libre passage (plutôt que le retirer, option d’ailleurs possible mais non obligatoire).

  • Revenu devenu trop faible pour la LPP : si vous réduisez votre taux d’activité ou acceptez un emploi à temps partiel en dessous du seuil d’entrée LPP (en 2025, environ 22’680 CHF de salaire annuel), vous n’êtes plus couvert par une caisse de pension obligatoire. Votre avoir LPP existant doit alors être placé en libre passage pour le maintenir jusqu’à ce que vous retrouviez un emploi suffisamment rémunéré.

  • Situation de divorce ou séparation du 2ème pilier : lors d’un divorce, les prestations de prévoyance accumulées pendant le mariage sont partagées. Si vous recevez une partie de l’avoir LPP de votre ex-conjoint(e) et que vous n’êtes pas affilié à une caisse de pension au moment du divorce, cette somme sera déposée sur un compte de libre passage à votre nom afin de préserver vos droits sur cet avoir jusqu’à la retraite.

En règle générale, si vous restez moins de 6 mois sans affiliation LPP, la loi vous laisse le temps de transférer votre avoir à la nouvelle caisse de pension dès que vous en aurez une. Il n’est pas indispensable d’ouvrir un compte de libre passage si l’intervalle entre deux emplois est inférieur à six mois. Cependant, au-delà de 6 mois sans caisse de pension, vous devez ouvrir un compte de libre passage et y verser votre capital LPP. Sinon, que se passe-t-il ? Après six mois sans nouvelle de votre part, votre ancienne institution de prévoyance transférera automatiquement votre avoir LPP à la Fondation institution supplétive LPP, l’institution nationale de collecte du 2ème pilier. Ce fonds supplétif agira comme gardien de vos avoirs, mais souvent sans vous offrir un bon rendement. Il est donc préférable de choisir vous-même une banque ou assurance de libre passage dès le départ, plutôt que de laisser vos fonds « se perdre » dans la fondation supplétive par inaction.

Quand exactement ouvrir le compte ? Idéalement, avant même de quitter votre emploi ou très peu de temps après. Vous pouvez entamer les démarches dès que vous savez que vous allez avoir une interruption (démission, licenciement, départ à l’étranger, etc.). Informez votre caisse de pension actuelle du prestataire de libre passage que vous avez choisi, afin qu’elle y transfère directement la prestation de sortie à la fin de votre emploi. Si vous avez quitté l’emploi sans encore choisir de compte, ne tardez pas : la procédure peut prendre quelques jours à quelques semaines, et vous ne voulez pas dépasser le fameux délai de 6 mois.

Enfin, notez que dès que vous retrouvez un emploi soumis à la LPP, vous devrez transférer l’intégralité de votre capital de libre passage à la caisse de pension de votre nouvel employeur et clôturer le compte de libre passage. Un compte de libre passage n’est pas destiné à être conservé si vous avez une caisse de pension active ; il sert de solution temporaire. Toutefois, en pratique, certaines personnes peuvent choisir de n’en transférer qu’une partie si elles avaient deux comptes (voir section sur comptes multiples) – mais légalement, toute somme non transférée à la nouvelle caisse deviendra de fait un nouvel avoir de libre passage indépendant.

Quelle est la différence entre une banque et une assurance pour un compte de libre passage ?

Les comptes de libre passage sont proposés par trois types de prestataires : les banques, les compagnies d’assurance ou des fondations de libre passage (souvent liées à des banques ou des fintech). La distinction la plus marquante se fait entre les solutions bancaires et les solutions assurancielles, chacune ayant ses spécificités en termes de rendement, de risque et de flexibilité.

  • Compte de libre passage bancaire : Vous ouvrez le compte auprès d’une fondation de libre passage généralement adossée à une banque (par ex. une banque cantonale, PostFinance, etc.). Votre avoir y est conservé sous forme de dépôt en espèces qui génère un intérêt fixe annuel (souvent très faible, voir section suivante sur les taux). L’avantage principal est la souplesse : vous pouvez à tout moment changer de fondation bancaire ou transférer vos fonds ailleurs, les frais de transfert ou de clôture étant en général modérés (voire nuls). De plus, ces fondations bancaires offrent des options d’investissement : au lieu de laisser l’argent à taux fixe, vous pouvez investir tout ou partie de l’avoir en fonds de placement (portefeuille en titres) afin de chercher un meilleur rendement sur le long terme. L’inconvénient d’un compte bancaire pur est l’absence de garantie sur le capital en cas de chute des marchés si vous investissez (le capital n’est pas couvert, sauf éventuellement par l’assurance-dépôts jusqu’à 100’000 CHF pour la partie en espèces) et l’absence de couverture décès/invalidité. En outre, le rendement d’un compte bancaire sans investissement est généralement très bas, ce qui peut éroder la valeur réelle de votre épargne (d’autant que certains établissements prélèvent des frais de gestion ou de clôture qui peuvent entamer le capital si les intérêts sont quasi nuls).

  • Compte de libre passage auprès d’une assurance (police de libre passage) : Ici, votre avoir est transféré dans un contrat d’assurance vie de libre passage. L’assureur vous propose souvent un taux d’intérêt technique (minimum garanti) qui peut varier chaque année, et garantit le capital à l’échéance. La police peut également inclure des couvertures contre les risques de décès ou d’invalidité durant la période de libre passage, ce qu’une banque ne fait pas. L’avantage est donc la sécurité : vous ne risquez pas de perdre votre épargne – même en cas de krach boursier, l’assureur garantit généralement au moins le capital nominal – et vos proches seraient protégés en cas de décès (versement aux bénéficiaires) ou vous-même en cas d’invalidité. En contrepartie, la solution d’assurance est moins flexible : une police de libre passage est en principe conclue jusqu’à la retraite, et vous ne pouvez pas la résilier avant terme sans pénalités ou pertes sur le rendement accumulé. Les rendements offerts par les assurances sont aussi généralement inférieurs aux performances qu’on pourrait obtenir en investissant en bourse sur le long terme. Le taux crédité par l’assureur dépend de ses résultats et des taux d’intérêt du marché, et tourne souvent autour de 0–1 % actuellement. Enfin, les frais dans une solution assurance peuvent être opaques (frais d’administration, primes de risque), ce qui fait que l’on privilégie souvent ces polices surtout pour leur aspect sécuritaire, pas pour faire fructifier l’avoir.

En résumé, choisir banque vs assurance dépend de votre profil : si vous privilégiez la liberté de gestion et le rendement potentiel, les fondations bancaires (avec ou sans investissement en titres) sont indiquées. Elles comportent plus de volatilité (si investissement) et pas de garantie absolue, mais sur le long terme elles peuvent offrir un meilleur rendement. Si au contraire votre priorité est la sécurité totale du capital et éventuellement combler une absence de couverture risques, une police d’assurance peut convenir – en acceptant un rendement plus faible et un engagement plus figé jusqu’à la retraite. Notons qu’il existe aussi des prestataires hybrides : par exemple, des fondations bancaires qui offrent un compromis avec un portefeuille sécurisé (obligations) ou une garantie partielle du capital. L’important est de comparer attentivement les offres et de lire les conditions (taux garantis, frais de sortie, conditions de transfert, etc.) avant de s’engager.

Quels sont les meilleurs comptes en 2025 ? (Comparatif des taux et frais)

En 2025, les taux d’intérêt des comptes de libre passage en Suisse restent très faibles, malgré une légère hausse en 2023. En moyenne on observe autour de 0,1–0,2 % d’intérêt annuel seulement. Cela signifie que la plupart des avoirs en libre passage non investis ne rapportent presque rien, et peuvent même perdre de la valeur réelle en raison de l’inflation. Un comparatif récent montre que le taux d’intérêt moyen est passé de 0,01 % en 2021 à environ 0,18 % en 2025 pour les comptes sans investissement. Cette légère hausse reste modeste, d’autant que certaines grandes banques continuent d’afficher 0 % d’intérêt sur ces comptes (UBS, Credit Suisse, PostFinance notamment proposent 0% en 2025).

Quels prestataires offrent les meilleurs taux en 2025 ?

Selon les données actualisées au 1er septembre 2025, les quelques offres les plus généreuses en taux d’intérêt sont : la Caisse d’Épargne d’Aubonne et la Caisse d’Épargne de Cossonay (environ 0,50 % d’intérêt annuel), suivies de la Caisse d’Épargne de Nyon (~0,40 %). Viennent ensuite quelques banques cantonales comme Fribourg (0,20 %) ou des banques régionales (CIC, WIR, etc. autour de 0,15 %). En revanche, la majorité des banques traditionnelles affichent des taux entre 0 % et 0,05 % (par ex. 0,05 % à Raiffeisen, Banque Cantonale Vaudoise 0,01 %, UBS 0 %). Il est donc crucial de comparer les compte libre passage, car un meilleur taux de 0,5 % versus 0 % peut faire une différence notable sur plusieurs années, surtout pour des montants importants.

Cependant, le taux d’intérêt seul ne fait pas tout : vérifiez les frais associés. Certains prestataires facturent des frais de tenue de compte annuels ou des frais de sortie (par exemple, lors d’un retrait pour achat immobilier ou départ à l’étranger, des frais de 200–400 CHF peuvent s’appliquer). D’autres offrent la tenue de compte gratuite. Un taux d’intérêt un peu plus élevé peut être annulé par des frais élevés. Préférez donc un compte sans frais de gestion ou négociez-les à la baisse. D’après Moneyland, il n’existe pas de taux négatifs sur les comptes de libre passage en Suisse (on ne vous prélèvera pas d’intérêt), mais des frais élevés peuvent conduire à une performance nette négative si le taux est quasi nul. Par exemple, un compte à 0,05 % avec 100 CHF de frais annuels engendre une perte si votre avoir est modeste.

Pour optimiser la croissance de votre avoir, de plus en plus de titulaires se tournent vers des solutions de libre passage investies. En 2025, plusieurs fondations libres passage permettent d’investir tout ou partie de l’avoir en fonds de placement diversifiés, y compris jusqu’à 80–100 % en actions. Des prestataires numériques comme VIAC, finpension, Frankly se sont imposés sur ce marché avec des offres 100 % en ligne. Ces solutions prélèvent une commission de gestion annuelle modérée (~0,4–0,5 % du capital), mais en contrepartie l’avoir peut générer 3–5 % de rendement annuel moyen sur le long terme (si investi en actions internationales). Bien sûr, le rendement n’est pas garanti et subit les fluctuations boursières, mais l’horizon de placement étant souvent de plusieurs années, les performances historiques montrent un net avantage à l’investissement sur du cash en compte. À titre d’illustration, un comparatif  a estimé qu’un capital de 120’000 CHF laissé 15 ans sur un compte à 1 % atteindrait ~139’000 CHF, alors qu’investi en bourse à 7 % il pourrait atteindre ~331’000 CHF sur la même période – soit 192’000 CHF de gain supplémentaire grâce à l’investissement. Cet écart souligne l’importance de ne pas laisser dormir un gros avoir LPP sur un compte faiblement rémunéré, surtout sur du long terme.

En résumé, les meilleurs comptes libre passage en 2025 sont ceux qui combinent : taux attractif + frais minimes + options d’investissement. Si vous privilégiez la sécurité totale, optez pour la meilleure taux fixe possible (0,5 % environ) sans frais. Si vous voulez de la performance et que votre horizon est suffisamment long (>5 ans), envisagez un compte de libre passage investit via une fondation reconnue (en veillant à choisir un profil de risque adapté).

Comparez en ligne grâce aux comparateur Suisselibrepassage pour trouver l’offre correspondant à votre stratégie. N’hésitez pas à diversifier (deux comptes, voir section suivante) pour profiter à la fois d’un taux fixe élevé sur une partie et d’un investissement dynamique sur l’autre.

Peut-on en avoir plusieurs (ouvrir plusieurs comptes de libre passage) ?

Oui, la loi autorise de détenir jusqu’à deux comptes de libre passage en parallèle – sous certaines conditions. Lorsqu’un « cas de libre passage » survient (par exemple, vous quittez un employeur et avez une prestation de sortie à transférer), vous pouvez demander à l’ancienne caisse de pension de répartir les avoirs sur deux institutions de libre passage distinctes. En pratique, cela signifie ouvrir deux comptes (ou une combinaison compte + police) auprès de deux fondations différentes et y diviser le capital. Cette pratique s’appelle le « splitting » (fractionnement).

Pourquoi ouvrir deux comptes ? Il y a deux avantages principaux :

  • Optimisation fiscale à la retraite : En ayant deux comptes, vous pourrez choisir de retirer votre capital en deux fois, sur deux années fiscales différentes. Or, en Suisse, les retraits de 2ème pilier sont taxés séparément des autres revenus, mais selon un barème progressif. Retirer, par exemple, 100’000 CHF d’un coup coûte plus d’impôts que deux retraits de 50’000 CHF sur deux ans. Le splitting permet donc de réduire l’impôt global en évitant une tranche trop élevée, à condition d’étaler les retraits. C’est une stratégie répandue pour économiser potentiellement plusieurs milliers de francs d’impôts sur la prévoyance.

  • Réduction du risque bancaire : En cas de faillite de la fondation ou de la banque dépositaire, la loi protège les dépôts du 2ème pilier jusqu’à 100’000 CHF par institution (classe privilégiée en faillite). Si vous avez, par exemple, 180’000 CHF de libre passage, les avoirs au-delà de 100’000 CHF risquent de ne pas être intégralement couverts dans une même institution. En ouvrant deux comptes dans deux établissements différents (par ex. 90’000 CHF sur chacun), vous doublez cette protection et chaque compte est couvert jusqu’à 100’000 CHF. En outre, si vous investissez en titres, ceux-ci sont légalement séparés du bilan de la banque et vous appartiennent, ce qui les met à l’abri en cas de faillite.

Modalités et limites : Vous ne pouvez ouvrir au maximum que deux comptes par événement de sortie. Et il n’est autorisé qu’un seul compte par institution de libre passagefr.comparis.ch. Cela signifie que lors d’un départ d’une caisse de pension, vous choisissez au plus deux fondations différentes (par ex. la fondation X et la fondation Y) pour y placer vos avoirs.

Une fois l’argent versé sur un compte unique, vous ne pourrez plus le fractionner ensuite (pas de « split » rétroactif si vous avez tout mis sur un seul compte initialement). Il faut donc décider du fractionnement au moment du transfert de la prestation de sortie.

Notez que si vous vivez plusieurs cas de libre passage distincts (par exemple, vous travaillez en parallèle pour deux employeurs ayant chacun une caisse de pension, et vous quittez les deux emplois), la limitation de deux comptes s’applique à chaque cas séparément. Dans un cas extrême, une personne ayant quitté deux employeurs en même temps pourrait ainsi se retrouver avec jusqu’à quatre comptes (deux par prestation de sortie). Toutefois, dès que cette personne rejoint un nouvel employeur unique plus tard, il lui faudra en principe rapatrier tous ses avoirs vers la nouvelle caisse de pension, ce qui mettra fin à ses comptes multiples (ou n’en laissera subsister qu’un en libre passage s’il y avait un excédent non transférable).

Enfin, choisir deux comptes peut aussi permettre de diversifier la stratégie : par exemple, conserver un compte en fonds sécuritaires (taux fixe) et un compte investi en actions. Ou encore, choisir deux fondations dans deux cantons différents pour optimiser l’impôt à la source si vous prévoyez de retirer votre 2ème pilier en étant à l’étranger (certains cantons ayant des taux d’imposition plus bas que d’autres sur le capital retraite). Veillez simplement à bien gérer le suivi de plusieurs comptes (garder les coordonnées à jour, etc.) pour éviter d’en « oublier » un en route.

Comment optimiser son compte de libre passage ? (Rendement, fiscalité, 2e pilier)

Optimiser son compte de libre passage, c’est maximiser le rendement de vos avoirs LPP tout en minimisant les coûts et les impôts, sans compromettre la sécurité nécessaire à votre situation. Voici les principaux axes d’optimisation :

1. Améliorer le rendement (investir au lieu de stagner) :

Étant donné la faiblesse des taux d’intérêt (0–0,5 %), la stratégie numéro un consiste à investir votre avoir de libre passage plutôt que de le laisser sur un compte en espèces non rémunérateur. De nombreuses fondations de libre passage proposent des portefeuilles d’investissement calibrés pour la prévoyance : vous pouvez choisir un profil prudent (faible part d’actions) jusqu’à très dynamique (jusqu’à 100 % actions). Sur le long terme, un portefeuille équilibré ou dynamique a statistiquement de fortes chances de surpasser largement le rendement d’un compte au taux fixe. Par exemple, un rendement moyen de 5 % double votre capital en ~14 ans, quand un compte à 0,1 % mettrait des siècles… Conseil : si votre horizon de placement est d’au moins 3 à 5 ans, investir tout ou partie de l’avoir en titres peut valoir la peine. En revanche, pour une très courte durée (moins de 2–3 ans avant de réutiliser l’argent), rester en cash évite de subir un éventuel krach sur la période. Vous pouvez aussi opter pour une solution mixte (ex. 50 % en compte, 50 % en fonds) selon votre tolérance au risque. N’oubliez pas de regarder les frais de gestion : privilégiez les fondations à frais réduits (~0,4–0,5 % par an tout compris) pour maximiser le rendement net. Des fintech comme finpension, VIAC ou Frankly excellent sur ce point avec des plateformes en ligne efficaces et peu chères. À l’opposé, évitez les solutions de libre passage intégralement en assurance-vie (peu rentables) et méfiez-vous des comptes bancaires avec frais cachés.

2. Réduire l’impôt sur le retrait :

L’autre levier d’optimisation est fiscal. Comme évoqué, fractionner son avoir sur deux comptes pour faire des retraits échelonnés est un excellent moyen de diminuer la progressivité de l’impôt lors de la retraite. Assurez-vous simplement d’ouvrir deux comptes lors de la sortie de la caisse de pension (voir section précédente). De plus, choisissez judicieusement la localisation cantonale de la fondation de libre passage qui versera le capital. En Suisse, l’impôt sur les prestations en capital du 2ème pilier varie selon les cantons. Si vous prévoyez de partir à l’étranger et de vous faire verser le capital depuis la Suisse, vous paierez un impôt à la source au canton où se trouve la fondation. Certains cantons (Schwyz, Uri, etc.) taxent beaucoup moins ces retraits que d’autres. Il peut donc être intéressant de transférer votre compte dans un canton à fiscalité allégée avant retrait. De même, si vous restez en Suisse, rien ne vous empêche d’ouvrir votre compte de libre passage dans un canton voisin avec une imposition plus douce au moment du versement final. Cette optimisation géographique peut vous faire gagner quelques points de pourcentage d’impôts en moins.

3. Profiter de l’abri fiscal en attendant :

Tant que votre avoir est sur un compte de libre passage, il bénéficie d’une croissance à l’abri de l’impôt : pas d’impôt sur la fortune sur ce capital, pas d’impôt sur les intérêts ou rendements générés chaque année, tant que vous ne retirez rien. C’est un avantage à exploiter : si vous n’avez pas un besoin pressant de cet argent, il peut être judicieux de le laisser le plus longtemps possible dans le compte de libre passage, idéalement jusqu’à la retraite ou jusqu’à un projet justifié (achat immobilier par exemple). Chaque année de report est une année de gains à l’abri du fisc. Toutefois, notez qu’à partir de l’âge de la retraite, vous ne pourrez pas laisser traîner le compte indéfiniment : au plus tard à 65 ans (femmes) – 65 ans (hommes), ou 5 ans plus tard si vous continuez à travailler, le compte devra être liquidé. Une réforme prévoit qu’après 2030, on ne pourra prolonger le libre passage au-delà de l’âge légal que si l’on poursuit effectivement une activité lucrative. En attendant, jusqu’en 2029, on peut encore différer le retrait jusqu’à 70 ans même sans emploi. C’est un choix à caler en fonction de vos besoins : fiscalement, plus vous retardez le retrait, plus vous différez l’impôt et conservez l’abri (tout en continuant de faire travailler l’argent).

En résumé, pour optimiser votre compte : investissez intelligemment selon votre horizon, fractionnez et planifiez vos retraits pour limiter l’impôt, et choisissez des prestataires transparents aux meilleurs taux/frais. N’hésitez pas à demander conseil à un expert en prévoyance ou à utiliser des outils en ligne pour simuler l’impact de vos décisions (par ex. simulateurs d’impôt sur le capital LPP). Vous trouverez sur notre site des guides dédiés, notamment sur la recherche des avoirs LPP oubliés, le transfert de 2e pilier, l’optimisation du 3e pilier ou la fiscalité de la prévoyance, pour aller plus loin dans chaque domaine.

Peut-on retirer ou utiliser les fonds du libre passage avant la retraite ?

Un compte de libre passage est conçu pour conserver vos avoirs jusqu’à la retraite. En principe, vous ne pouvez pas disposer librement de cet argent avant l’âge de la retraite ordinaire (64–65 ans). Il existe toutefois plusieurs cas exceptionnels où la loi vous permet de retirer tout ou partie des fonds de manière anticipée :

  • Départ définitif de la Suisse : Si vous quittez la Suisse de manière permanente (émigration), vous pouvez demander le versement en espèces de votre prestation de libre passage. Attention, si vous partez dans un pays de l’UE/AELE, vous ne pourrez retirer que la part surobligatoire (la part obligatoire LPP doit rester bloquée jusqu’à la retraite sauf si vous n’êtes plus soumis du tout à une assurance vieillesse équivalente dans le pays de destination). Une attestation de départ de votre commune suisse sera exigée.

  • Acquisition d’un logement principal (EPL) : Vous pouvez utiliser vos avoirs du 2ème pilier pour financer l’achat de votre résidence principale (ou amortir votre hypothèque). C’est l’option EPL – Encouragement à la propriété du logement. Le retrait peut être partiel ou total selon le prix du bien. Notez qu’au-delà de 50 ans, le montant maximal retirable est limité (on ne peut plus forcément sortir 100 % de l’avoir, la loi impose un plafond)bsv.admin.ch. Un tel retrait anticipé nécessite la signature de votre conjoint(e) et entraîne une annotation au registre foncier (le bien ne pourra pas être revendu sans rembourser le 2ème pilier).

  • Création d’une entreprise / Indépendance : Si vous devenez indépendant(e) en Suisse (et quittez donc le régime LPP obligatoire), vous pouvez sortir la totalité de vos avoirs de libre passage en espèces pour les injecter dans votre nouvelle activité. Il faudra fournir une preuve de votre nouvelle qualité d’indépendant (extrait du registre du commerce, affiliation AVS en tant qu’indépendant, etc.). Beaucoup d’indépendants choisissent cependant de laisser le capital en libre passage pour la retraite plutôt que de le consommer.

  • Montant LPP insignifiant : Si le montant de votre compte de libre passage est inférieur à l’équivalent de votre cotisation annuelle de salarié (petit avoir, par exemple quelques centaines de francs), la loi vous permet de le retirer en espèces même avant la retraite. Cette clause évite de conserver de toutes petites sommes coûteuses à gérer.

  • Invalidité totale : Si vous devenez invalide et percevez une rente AI complète, vous avez le droit de retirer votre avoir de libre passage (car vous ne cotisez plus pour la retraite). En pratique, souvent la fondation vous versera le capital ou le mettra en paiement de rente selon les dispositions.

  • Décès : En cas de décès du titulaire, le compte de libre passage est versé aux bénéficiaires légaux (conjoint, enfants, etc.) conformément à l’ordre prévu par la loi (voir cas particuliers ci-dessous). Le décès n’est pas un retrait anticipé à proprement parler pour l’assuré, mais c’est une des issues possibles du compte avant la retraite.

En dehors de ces situations, vous ne pouvez pas « casser » votre compte de libre passage à votre guise. Par exemple, il n’est pas possible de retirer de l’argent pour un voyage, pour rembourser des dettes ou pour tout autre motif non prévu légalement. Le but est de préserver l’avoir vieillesse. Si aucun de ces cas ne s’applique, vous devrez attendre d’atteindre l’âge de la retraite (ou 5 ans avant maximum) pour toucher le capital. Actuellement, vous pouvez demander le versement dès 60 ans (hommes et femmes) même sans être à la retraite effective. Une fois l’âge ordinaire atteint (64/65 selon la transition en cours), la caisse ou fondation vous contactera pour clôturer le compte en choisissant entre un retrait en capital ou un transfert pour service de rente. Note : si vous travaillez au-delà de l’âge légal, vous pouvez prolonger le compte de libre passage jusqu’à cessation d’activité, mais au plus tard jusqu’à vos 70 ans (voir plus haut sur les nouvelles règles post-2030).

Enfin, chaque retrait anticipé est imposable (impôt unique sur le capital LPP retiré, distinct de l’impôt sur le revenu). Il faudra déclarer ce retrait et s’acquitter de l’impôt sur le revenu du capital de prévoyance, ou de l’impôt à la source si vous êtes à l’étranger. Pensez à ce coût fiscal avant de décider un retrait. Et en cas de retrait pour achat immobilier ou sortie de Suisse, la plupart des fondations demandent un formulaire signé par le conjoint (pour éviter qu’une personne mariée ne dilapide le 2ème pilier sans consentement de l’autre). Renseignez-vous bien auprès de votre fondation sur les documents requis et frais de traitement éventuels (certaines facturent par exemple 300–400 CHF pour traiter un paiement anticipé EPL).

Cas particuliers

Certaines situations spécifiques méritent une attention particulière quant à la gestion du compte de libre passage :

Compte de libre passage oublié ou inactif

Il arrive qu’un assuré change plusieurs fois d’emploi, déménage, ou quitte la Suisse, et qu’il perde la trace d’un ancien avoir de prévoyance. On estime que la Fondation institution supplétive LPP gère environ 950’000 comptes dits « sans contact » appartenant à des personnes difficiles à localiser. Si vous pensez avoir un compte de libre passage oublié, par exemple suite à un ancien emploi, il existe un service officiel pour le retrouver. Vous pouvez effectuer une recherche des avoirs lpp via le Fonds de garantie LPP (institution de garantie du 2e pilier) en remplissant un simple formulaire. Ce service centralisé interroge toutes les caisses de pension et fondations de libre passage pour localiser d’éventuels avoirs à votre nom. C’est gratuit et indispensable pour récupérer vos fonds oubliés. En pratique, beaucoup de gens récupèrent ainsi des avoirs qu’ils pensaient perdus, parfois de plusieurs dizaines de milliers de francs, placés par défaut à la fondation supplétive.

Conseil : gardez toujours à jour votre adresse auprès de vos anciennes caisses de pension ou fondations, surtout en cas de déménagement à l’étranger, afin qu’on puisse vous contacter. Et conservez précieusement les attestations de sortie et relevés de prestations de libre passage qui vous sont remis lors de vos changements d’emploi.

Que se passe-t-il en cas de décès du titulaire ?

Si vous décédez avant la retraite alors que votre capital LPP est sur un compte de libre passage, ce montant ne disparaît pas : il sera versé aux bénéficiaires légaux selon un ordre bien défini par la loi (art. 15 LFLP notamment). En premier lieu, le bénéficiaire est le conjoint survivant ou partenaire enregistré, ainsi que les enfants à charge (enfants mineurs ou jusqu’à 25 ans en formation). Si vous n’avez pas de conjoint/partenaire ni d’enfants donnant droit à des rentes, viennent ensuite les personnes qui étaient à votre charge financière ou la personne avec qui vous viviez en communauté de vie depuis au moins 5 ans, ou avec qui vous avez des enfants communs (ceci permet de protéger un concubin survivant sous conditions). Puis viennent les enfants majeurs non à charge, puis les parents, puis les frères et sœurs, et enfin à défaut les autres héritiers légaux. Cet ordre est automatique, mais vous avez la possibilité de modifier la clause bénéficiaire dans certaines limites (par exemple, mettre votre concubin au même rang que vos enfants, etc.) en faisant une déclaration écrite auprès de la fondation. Il est donc recommandé de vérifier auprès de votre fondation de libre passage comment sont réglés les capitaux en cas de décès et si vous pouvez désigner nommément des bénéficiaires. À noter que les avoirs de libre passage ne font pas partie de la succession ordinaire – ils sont versés directement aux bénéficiaires mentionnés et sont insaisissables pour les créanciers tant qu’ils restent sur le compte. Fiscalement, le capital décès LPP est généralement imposé de manière similaire à un retrait en capital (souvent avec des allégements). Vos proches devront contacter la fondation à votre décès pour engager le versement. Il peut être utile de les informer de l’existence de ce compte (par exemple dans vos papiers importants) pour qu’il ne devienne pas lui-même un compte « oublié ».

Divorce et partage du 2ème pilier

Lors d’un divorce, la loi suisse veut que les avoirs de prévoyance accumulés par chacun pendant les années de mariage soient partagés équitablement. Concrètement, si vous étiez marié(e) et que vous avez divorcé, il est probable qu’une partie de votre caisse de pension ait été transférée à votre ex-conjoint(e) ou vice-versa. Si vous, ou votre ex-, ne disposez pas au moment du divorce d’une nouvelle caisse de pension pour accueillir ces fonds transférés, un compte de libre passage doit être ouvert pour y verser la somme due. Ainsi, après un divorce, il est courant que l’un ou l’autre des ex-époux se retrouve avec un nouveau compte de libre passage constitué uniquement de la part reçue lors du partage. Ce compte obéit aux mêmes règles que les autres (vous ne pouvez pas y toucher avant la retraite, sauf à remplir une condition de retrait anticipé). Il est important de bien gérer ce compte supplémentaire. Par exemple, si vous vous remariez plus tard, ce capital reste votre propriété à part. En cas de décès, la bénéficiaire prioritaire sera le nouveau conjoint (et non l’ex). Bref, traitez ce compte de divorce comme tout compte de libre passage : optimisez-le (investissement, choix de fondation) au lieu de le laisser à l’abandon.

Plusieurs employeurs ou caisses de pension en même temps

Si vous avez eu plusieurs emplois simultanément (par exemple deux emplois à temps partiel cumulés) et que chacun avait sa propre caisse de pension, vous pourriez vous retrouver avec plusieurs prestations de sortie en cas de cessation de ces activités. Chaque caisse de pension émettra un avoir de libre passage distinct. Dans ce cas, il est tout à fait possible d’ouvrir un compte de libre passage pour chaque avoir, ou de les combiner partiellement. Comme vu plus haut, la règle des deux comptes s’applique par caisse de pension. Donc avec deux caisses, vous pourriez théoriquement avoir jusqu’à quatre comptes, bien que gérer autant de comptes ne soit pas forcément judicieux sur le long terme. Souvent, on choisira de fusionner les avoirs provenant de différents employeurs sur un ou deux comptes maximum pour simplifier. Notez que si par la suite vous rejoignez un employeur unique et adhérez à sa caisse de pension, vous devrez transférer tous ces avoirs accumulés dans la nouvelle caisse (ou au moins leur part obligatoire) afin de centraliser votre 2ème pilier. Ainsi, les comptes multiples libres passage sont souvent temporaires : ils répondent à des situations de transition complexes, mais finissent par se regrouper. Néanmoins, tant qu’ils existent, veillez à appliquer les mêmes bonnes pratiques d’optimisation à chacun (taux, frais, investissement) et à tenir à jour vos coordonnées dans chaque institution.

(D’autres cas particuliers pourraient inclure la poursuite volontaire de la prévoyance auprès de l’ancienne caisse en cas de licenciement après 58 ans – option prévue par la loi depuis 2021 – mais cela sort du cadre du compte de libre passage strict. Dans la plupart des cas, le compte de libre passage est la solution par défaut dès que vous n’êtes plus affilié à une caisse de pension.)

FAQ – Questions fréquentes sur le libre passage

Qu’est-ce qu’un compte de libre passage ?


C’est un compte de prévoyance où l’on place l’épargne du 2ème pilier (LPP) d’une personne quand elle n’est plus affiliée à une caisse de pension (par exemple entre deux emplois). Ce compte bloqué conserve le capital retraite jusqu’à ce que la personne reprenne un emploi (transfert vers la nouvelle caisse) ou atteigne l’âge de la retraite. En somme, il sert de « parking » pour vos avoirs LPP pendant les interruptions de carrière, tout en préservant vos droits à la retraite.

Quand doit-on ouvrir un compte de libre passage ?


Il faut ouvrir un compte de libre passage dès que vous quittez un emploi sans enchaîner immédiatement avec un nouveau soumis à la LPP. Si la pause entre deux emplois dépasse 6 mois, c’est impératif – sinon votre ancienne caisse enverra vos avoirs à la Fondation supplétive par défaut. Concrètement, en cas de chômage, de congé sabbatique, de départ à l’étranger ou de passage à l’indépendance, pensez à ouvrir ce compte dans les meilleurs délais (idéalement juste après votre sortie de la caisse de pension).

Combien de comptes de libre passage peut-on avoir ?


En principe, vous pouvez avoir deux comptes de libre passage au maximum en parallèle pour une même prestation de sortie. La loi permet de répartir votre capital sur deux fondations différentes (on parle de splitting) afin d’étaler les retraits et réduire l’impôt. Vous ne pouvez pas ouvrir plus de deux comptes par caisse de pension quittée, ni plus d’un compte chez le même prestataire. Toutefois, si vous quittez plusieurs employeurs distincts, chaque sortie peut être répartie sur deux comptes – ce qui peut conduire à plus de deux comptes au total, cas relativement rare.

Comment retrouver un compte de libre passage oublié ?


Si vous pensez avoir un avoir LPP oublié quelque part, pas de panique. En Suisse, il existe un service centralisé via le Fonds de garantie LPP pour retrouver vos comptes de libre passage dormants. Il suffit de remplir un formulaire de recherche (disponible en ligne) et l’institution interrogera toutes les caisses de pension et fondations de libre passage. Vous serez informé si des fonds à votre nom sont localisés, par exemple à la Fondation supplétive LPP (qui centralise les avoirs non réclamés). Ce service est gratuit et très efficace pour récupérer votre argent oublié.

Un frontalier peut-il avoir un compte de libre passage ?


Oui. Si vous êtes travailleur frontalier en Suisse et que vous quittez votre emploi suisse (pour travailler hors de Suisse ou cesser d’être actif), vous aurez également droit à une prestation de libre passage. Vous pouvez tout à fait ouvrir un compte de libre passage en Suisse pour y conserver vos avoirs du 2ème pilier. Les conditions sont les mêmes que pour un résident : l’argent restera bloqué jusqu’à la retraite ou un cas de retrait anticipé. La plupart des fondations acceptent les frontaliers sans problème et appliquent les mêmes taux et frais. Si par la suite vous quittez définitivement la Suisse, vous pourrez retirer ces fonds en espèces (soumis à l’impôt à la source, récupérable selon accords fiscaux). Le compte de libre passage est donc une solution recommandée pour les frontaliers qui cessent leur activité en Suisse, afin de ne pas perdre leurs droits LPP.

Le compte de libre passage rapporte-t-il des intérêts ?


Oui, mais très peu. La plupart des comptes de libre passage en 2025 ont un taux d’intérêt annuel compris entre 0 % et 0,5 % selon le prestataire. Beaucoup de grandes banques offrent un taux quasi nul (0,0x %). Seules quelques fondations liées à des banques régionales atteignent ~0,5 %. En moyenne, on tourne autour de 0,1–0,2 %, soit un rendement très faible. C’est pourquoi il peut être judicieux de placer l’avoir sur un compte investissant en bourse pour viser un meilleur rendement sur le long terme. À noter aussi que certains prestataires facturent des frais qui peuvent réduire le rendement effectif : un compte à 0,1 % avec 100 CHF de frais annuels pourrait même vous faire perdre de l’argent net. Il faut donc bien comparer taux et frais.

Peut-on utiliser son 2e pilier pour acheter une maison ?


Oui. L’un des rares motifs autorisés de retrait anticipé du libre passage est l’acquisition de votre résidence principale. Vous pouvez soit retirer une partie/totalité de l’avoir pour augmenter vos fonds propres lors de l’achat, soit donner ce montant en gage à la banque (prêt hypothécaire). Cette opération relève de l’Encouragement à la propriété du logement (EPL). Elle est possible pour une résidence principale (pas pour une résidence secondaire). Des conditions s’appliquent : accord du conjoint, inscription du retrait au registre foncier, etc. De plus, si vous avez plus de 50 ans, le montant maximal retirable est restreint. Utiliser son 2ème pilier pour la maison peut aider à acheter, mais réduit votre épargne retraite – il faut en être conscient et, idéalement, rembourser ce montant plus tard si possible.

Quelle est la différence entre le 2e pilier et le compte de libre passage ?


Le 2èmepilier désigne l’ensemble de la prévoyance professionnelle suisse (régie par la LPP). C’est un système dans lequel les employeurs et employés cotisent à une caisse de pension pour constituer un capital ou des rentes de retraite. Le compte de libre passage, lui, est une composante du 2e pilier : c’est l’outil utilisé pour conserver les avoirs du 2e pilier lorsqu’une personne sort temporairement du système (plus d’employeur). En temps normal, votre 2e pilier est dans une caisse de pension; quand vous n’en avez plus, il « voyage » avec vous via le compte de libre passage. On peut dire que le compte de libre passage est au 2e pilier ce que le compte de dépôt est à une banque : une manière de stocker les fonds. Il ne crée pas de nouvelles prestations, il prolonge simplement vos droits acquis jusqu’à ce que vous les réintégriez dans une caisse ou les retiriez.

Comment choisir son compte de libre passage ?


Il faut comparer plusieurs critères : le taux d’intérêt offert, les frais (gestion, transfert, sortie), les possibilités d’investissement, et la solidité/garantie du prestataire. Commencez par déterminer si vous voulez laisser le capital en sécurité (compte bancaire à taux fixe) ou l’investir (dépôt en titres pour chercher du rendement). Si vous optez pour l’investissement, regardez les offres des prestataires numériques (finpension, VIAC…) qui ont des frais réduits et de bons historiques. Vérifiez que le prestataire est bien établi et fiable (les fondations adossées à de grandes banques ou assurances offrent une certaine sécurité, certaines banques cantonales bénéficient même d’une garantie de l’État pour les dépôts). Utilisez les comparatifs en ligne indépendants (Comparis, Moneyland) pour voir les taux actuels. Enfin, tenez compte de vos priorités : par exemple, si vous comptez retirer dans 2 ans pour acheter un logement, privilégiez une solution sans frais de sortie et stable, plutôt qu’un investissement risqué. Si vous êtes jeune et parti pour 10 ans sans cotiser, maximisez le rendement en actions. En résumé, le meilleur compte libre passage est celui qui correspond à votre horizon, votre tolérance au risque et qui minimise les coûts.

Comment le compte de libre passage est-il imposé ?


Pendant la phase de dépôt, votre compte de libre passage n’est pas imposé – ni en fortune ni sur les gains générés. Il n’y a donc aucune déclaration fiscale à faire tant que l’argent reste sur le compte. Par contre, lorsque vous retirez les fonds (que ce soit de manière anticipée ou à la retraite), ce capital est imposé. En Suisse, on applique un impôt spécifique sur les prestations en capital de la prévoyance, séparément du revenu, généralement à un taux réduit (mais progressif selon le montant). Si vous êtes en Suisse, ce sera un impôt cantonal/communal spécial. Si vous résidez à l’étranger, un impôt à la source sera prélevé par la Suisse. Selon les conventions fiscales, vous pourrez peut-être le récupérer en partie. À noter qu’en attendant le retrait, vos avoirs LPP en libre passage vous font économiser l’impôt sur la fortune et les impôts sur les revenus de placement, ce qui est un atout. En planifiant bien vos retraits (voir optimisation fiscale plus haut), vous pouvez minimiser l’imposition finale, par exemple en étalant les retraits sur deux ans pour éviter de cumuler les montants et en choisissant une fondation dans un canton à fiscalité douce.

Glossaire express des termes clés

2ème pilier (prévoyance professionnelle) : Partie obligatoire du système de retraite suisse (avec le 1er pilier AVS et le 3e pilier). Le 2ème pilier correspond à la caisse de pension alimentée par les cotisations de l’employeur et de l’employé. Son but est d’assurer, combiné à l’AVS, environ 60 % du dernier salaire sous forme de rente, ou un capital en sortie. Il est régi par la LPP (Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle).

LPP (Loi sur la prévoyance professionnelle) : Loi fédérale régissant le 2ème pilier en Suisse. Elle fixe notamment les seuils d’affiliation (seuil de salaire annuel, dès ~22’680 CHF), les prestations minimales des caisses de pension, le taux de conversion en rente, etc. Par extension, on parle souvent de « LPP » pour désigner le 2ème pilier lui-même.

Prestation de sortie / de libre passage : Somme d’argent provenant de la caisse de pension qu’un assuré accumule et qu’il a droit de recevoir lorsqu’il quitte la caisse (par changement d’emploi, etc.). Cette prestation de sortie correspond à votre avoir LPP acquis, et doit être transférée soit à une nouvelle caisse de pension, soit sur un compte/police de libre passage.

Compte de libre passage : Compte bancaire ou fondation de prévoyance où est déposée la prestation de sortie LPP d’une personne qui n’a plus de caisse de pension active. C’est un compte bloqué (pas de retrait libre) qui conserve les droits de l’assuré jusqu’à la retraite ou un autre événement (nouvel emploi, etc.). Le compte peut être rémunéré à taux fixe et/ou investi en fonds selon l’institution choisie.

Police de libre passage : Contrat d’assurance-vie de libre passage, équivalent d’un compte mais auprès d’une assurance. La police couvre les risques décès et invalidité et garantit le capital (voire un intérêt minimum). Elle est moins flexible (pas de résiliation anticipée sans pertes) et sert surtout à sécuriser l’avoir jusqu’à la retraite avec une couverture supplémentaire.

Fondation de libre passage : Institution financière (banque, assurance ou indépendante) autorisée à gérer les avoirs de libre passage. Techniquement, quand vous ouvrez un compte de libre passage dans une banque, c’est la fondation de libre passage de cette banque qui détient votre avoir (ex : la Fondation Libre Passage UBS, etc.). Les fondations de libre passage assurent la gestion administrative de ces comptes selon la loi. Elles peuvent proposer des comptes en espèces, des dépôts en titres, etc., en respectant les directives de la prévoyance. La Fondation institution supplétive LPP est un cas particulier : c’est la fondation nationale chargée d’accueillir les avoirs des personnes introuvables ou qui n’ont pas désigné de compte (c’est le filet de sécurité du 2e pilier).

Sources officielles :

  • Office fédéral des assurances sociales (OFAS)Prévoyance professionnelle (2e pilier) : mémentos et directives sur la LPP et le libre passage bsv.admin.chbsv.admin.ch.

  • Fonds de garantie LPP – Service de recherche des avoirs de libre passage oubliés (formulaire en ligne). Permet de localiser un compte dormant.

  • Fondation institution supplétive LPP – Institution de collecte du 2e pilier, gère les comptes sans contact (plus de 950’000 comptes) et assure provisoirement les chômeurs pour les risques invalidité/décès bsv.admin.ch. Site web : aeis.ch (informations sur le libre passage et formulaire de transfert).

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Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Expert en prévoyance LPP et Libre Passage

8 ans d’expérience dans le conseil financier en Suisse, spécialisé dans le 2e pilier et le libre passage. J’aide chaque client à faire les bons choix (fiscalité, investissement, retrait) pour sa retraite LPP, avec clarté, stratégie et impact.

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Hypothèque à taux fixe sur 10 ans : pourquoi est-ce le produit phare en Suisse ?

Hypothèque à taux fixe sur 10 ans : pourquoi est-ce le produit phare en Suisse ?

Montant de coordination LPP 2025

SOMMAIRE :

TROUVEZ LE MEILLEUR LIBRE PASSAGE

Hypothèque fixe 10 ans en Suisse : que retenir ?

  • Produit phare : plus de 50 % des emprunteurs suisses choisissent l’hypothèque fixe sur 10 ans pour sa stabilité.
  • Taux attractifs : en septembre 2025, les meilleures offres varient entre 1,45 % et 1,55 % selon la banque (VZ VermögensZentrum).
  • Économies possibles : un écart de 0,10 % sur 800’000 CHF = plus de 8’000 CHF d’intérêts en 10 ans.
  • Comparaison indispensable : mettez en concurrence banques traditionnelles et plateformes digitales pour obtenir le meilleur taux.
  • 2e pilier : utilisez-le comme apport (retrait ou mise en gage) pour renforcer votre dossier et améliorer vos conditions.

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En Suisse, de nombreux emprunteurs immobiliers privilégient l’hypothèque à taux fixe sur 10 ans. Ce produit financier offre un taux d’intérêt fixé à l’avance pour une durée de dix ans, ce qui garantit des mensualités stables sur le long terme. Dans le contexte actuel de taux relativement bas et de marché immobilier tendu, cette formule de financement s’est imposée comme un choix de prédilection pour plus de la moitié des nouveaux propriétaires.

Nous allons voir en détail les caractéristiques de l’hypothèque fixe 10 ans, ses avantages, comment elle se compare aux autres options, et le rôle du 2ème pilier dans le financement de votre logement.

Qu’est-ce qu’une hypothèque à taux fixe sur 10 ans ?

Une hypothèque à taux fixe 10 ans est un prêt immobilier dont le taux d’intérêt est bloqué pour une décennie. Concrètement, cela signifie que pendant 10 ans, le taux appliqué à votre crédit ne changera pas, indépendamment des fluctuations du marché ou des décisions de la Banque nationale suisse (BNS). Par exemple, à la mi-2025, les taux pour une hypothèque fixe sur 10 ans oscillent en Suisse entre environ 1,35 % et 2,0 % selon les établissements prêteurs. Une telle offre vous protège donc contre une éventuelle remontée des taux dans les années à venir. À l’inverse, si les taux du marché devaient baisser significativement durant cette période, vous ne pourriez pas en bénéficier sans refinancer ou rembourser anticipativement votre prêt (ce qui peut entraîner des pénalités).

Du point de vue du fonctionnement, l’hypothèque à taux fixe se distingue notamment de l’hypothèque à taux variable (souvent indexée sur le taux SARON depuis la fin du Libor). Avec un taux variable, le coût de votre emprunt évolue périodiquement en fonction du taux directeur de la BNS, ce qui rend vos charges moins prévisibles. En juin 2025, un emprunt indexé sur le SARON présentait certes une marge d’intérêt plus basse (environ 0,66 % à 1,20 % de marge annuelle), mais il faut y ajouter le taux SARON lui-même qui fluctue (typiquement aux alentours de 1 % en 2025 après les récentes baisses de la BNS). Ainsi, un taux fixe 10 ans offre avant tout une sécurité et une prévisibilité que n’a pas le taux variable.

Des mensualités stables et une protection contre les hausses de taux

L’avantage principal d’une hypothèque à taux fixe sur 10 ans est la stabilité des paiements. Vos mensualités (ou trimestrialités, selon l’échéancier convenu) resteront constantes pendant toute la décennie. Vous pouvez ainsi planifier votre budget familial ou immobilier sans craindre une augmentation soudaine de la charge d’intérêt. Cette tranquillité d’esprit est particulièrement précieuse pour les ménages qui ont des marges financières limitées ou qui souhaitent éviter de mauvaises surprises.

En fixant votre taux, vous vous protégez contre les hausses potentielles du coût de l’argent. Si l’inflation remonte ou que la banque centrale décide d’augmenter fortement ses taux directeurs, les nouveaux emprunteurs pourraient faire face à des taux hypothécaires bien plus élevés. Mais avec une hypothèque 10 ans conclue aujourd’hui, vous êtes à l’abri de ces fluctuations : votre taux ne bougera pas jusqu’à l’échéance en 2035. À titre de comparaison historique, les taux hypothécaires fixes à long terme en Suisse ont atteint des niveaux supérieurs à 4,5 % avant la crise de 2008, puis sont descendus sous 1 % pendant la décennie 2010. Les détenteurs de prêts fixes de longue durée ont pu profiter de ces taux bas records, parfois 1 %, sur de nombreuses années. E

n revanche, au cours de 2022-2023, les taux sont brutalement remontés (autour de 2–3 %) avant de se stabiliser puis légèrement refluer début 2024. Figurer parmi les emprunteurs à taux fixe 10 ans vous permet donc de traverser ces cycles sans impact sur vos paiements mensuels.

Le choix préféré des emprunteurs suisses

Les données de ces dernières années confirment que l’hypothèque à taux fixe sur 10 ans est devenue le produit phare en Suisse. Selon une étude de MoneyPark, 51 % du volume des nouvelles hypothèques négociées fin 2024 portait sur des durées de dix ans. En Suisse romande en particulier, la proportion d’hypothèques à long terme (10 ans et plus) a atteint près des ⅔ des prêts contractés sur le semestre écoulé. Cette popularité s’explique en grande partie par le niveau historiquement bas des taux observé dans la période récente : après une phase de hausse en 2022-2023, les taux fixes ont de nouveau baissé d’environ 1 point de pourcentage en 2024, retrouvant début 2025 leurs planchers d’avant la pandémie. Beaucoup d’emprunteurs ont profité de cette occasion en or pour verrouiller un taux attractif sur 10 ans, que ce soit en remplaçant une hypothèque variable SARON par une fixe, ou en renouvelant anticipativement leur prêt arrivé à échéance.

Cette tendance à “profiter du long terme” s’observe tant du côté des nouveaux acheteurs que des propriétaires refinançant leur logement. Lorsque les taux sont bas, les Suisses optent généralement pour des durées plus longues afin de sécuriser ces conditions favorables sur la durée. À l’inverse, lors de la remontée des taux en 2022, la part des hypothèques 10 ans était tombée en dessous de 30 % du volume, certains emprunteurs préférant alors des durées plus courtes en espérant une future baisse des taux. Mais avec le retour d’une politique monétaire expansionniste en 2024-2025 (la BNS ayant même abaissé son taux directeur à 0,5 % début 2024), la confiance est revenue vers les prêts à long terme.

Il est donc clair qu’en 2025, l’hypothèque fixe sur 10 ans s’impose comme le choix numéro 1 pour qui veut acheter ou refinancer un bien immobilier en Suisse.

Comparatif des taux fixes 10 ans en Suisse (septembre 2025)

Choisir la bonne banque pour son hypothèque peut représenter des économies de plusieurs dizaines de milliers de francs sur dix ans. Les taux varient non seulement d’un établissement à l’autre, mais aussi selon le profil de l’emprunteur, le montant du prêt et la valeur du bien. D’où l’importance de comparer avant de signer.

Voici un aperçu des meilleures offres de taux fixes 10 ans relevées en septembre 2025 :

Banque / PrestataireTaux fixe 10 ansSource
Migros Bank1,45 %VZ, 16.09.2025
Banque Alternative Suisse1,47 %VZ, 16.09.2025
PostFinance1,48 %VZ, 16.09.2025
Raiffeisen1,52 %VZ, 16.09.2025
BCV (Banque Cantonale Vaudoise)1,55 %VZ, 16.09.2025

Source : VZ VermögensZentrum, état au 16 septembre 2025. Données indicatives, susceptibles d’évoluer.

👉 Comme on le voit, l’écart entre la meilleure offre (1,45 %) et la moins compétitive du top 5 (1,55 %) représente déjà 0,10 point. Cela peut sembler minime, mais sur un crédit de 800’000 CHF sur 10 ans, cela équivaut à plus de 8’000 CHF d’intérêts supplémentaires.

💡 C’est pourquoi il est crucial de mettre les banques en concurrence et de vérifier si l’on peut améliorer son profil (par ex. en augmentant son apport ou en utilisant son 2ème pilier comme fonds propres).

Comparaison : taux fixe 10 ans, durées plus courtes ou taux variable

Avant de décider, il convient de comparer l’hypothèque 10 ans avec les autres options, chacune ayant ses avantages et inconvénients :

  • Vs. un taux fixe plus court (5 ans par ex.) : Une hypothèque fixe sur 5 ans offre en général un taux légèrement plus bas que l’équivalent 10 ans, puisqu’on vous garantit le taux sur une période plus courte. Par exemple, en décembre 2024, les meilleurs taux sur 5 ans tournaient autour de 1,33 % contre 1,57 % pour 10 ans. Cependant, au bout de 5 ans il faudra renégocier un nouveau prêt (ou prolonger), potentiellement à un taux plus élevé si le marché est remonté d’ici là. Cela crée une incertitude sur vos coûts au-delà de l’échéance. Avec 10 ans, vous êtes tranquille jusqu’en 2035. En contrepartie, le coût d’un prêt 10 ans sur les cinq premières années sera un peu plus élevé que celui d’un 5 ans (différence de taux de l’ordre de quelques dixièmes de point). Il faut donc arbitrer entre le coût immédiat et la sécurité à long terme.

  • Vs. un taux variable (SARON) : Les hypothèques à taux variable, indexées sur le SARON, présentent actuellement des taux initialement bas mais susceptibles de varier à la hausse comme à la baisse. Typiquement, la formule SARON consiste en un taux de base (qui suit le taux directeur BNS, ajusté quotidiennement) plus une marge fixe de la banque. Par exemple, en juin 2025 on trouvait des marges SARON autour de 0,7–1,2 %. Si l’on ajoute à cela le taux SARON actuel (proche de 1 % après les baisses de la BNS en 2024-25), on obtient un taux effectif voisin de ~2 %. Ce niveau est un peu plus élevé qu’un taux fixe 10 ans du meilleur taux (certaines offres fixes 10 ans descendent à ~1,3–1,5 % fin 2024-début 2025). Surtout, ce taux variable peut remonter à tout moment si la BNS resserre sa politique monétaire : vous n’avez aucune garantie sur le coût futur de votre emprunt. L’option SARON peut convenir si vous anticipez une baisse prolongée des taux (ou une stabilité) et que vous êtes prêt à assumer le risque de hausse. En revanche, si votre priorité est de verrouiller le risque de taux, le fixe 10 ans est plus approprié. Notons qu’il est possible d’adopter une stratégie mixte, par exemple en scindant son emprunt en deux tranches (une tranche en taux fixe long terme et une tranche en variable ou plus court terme), afin de bénéficier partiellement de baisses éventuelles tout en limitant les risques.

  • Vs. un taux fixe très long (15 ans et plus) : Certaines banques proposent des hypothèques fixes sur 15 ans, 20 ans voire au-delà. Cela offre une visibilité encore plus longue, mais les taux sont en général plus élevés pour ces durées. Par exemple, une hypothèque fixe 15 ans était autour de 1,8–2,0 % fin 2024, soit un surcoût par rapport au 10 ans. De plus, il faut réfléchir à votre horizon personnel : s’engager sur 15–20 ans peut être contraignant si vous envisagez de revendre le bien plus tôt (déménagement, changement de vie, etc.), car casser une hypothèque fixe avant son terme entraîne des indemnités potentiellement très coûteuses. En Suisse, beaucoup d’emprunteurs jugent qu’un engagement de 10 ans constitue un bon équilibre entre stabilité et flexibilité. C’est suffisamment long pour couvrir un cycle économique, tout en gardant la possibilité de renégocier les conditions au bout d’une décennie si le contexte a changé (ou de rembourser si on a les moyens). En pratique, la durée moyenne de détention d’un bien immobilier par un propriétaire occupant se situe souvent autour de 7 à 10 ans, ce qui colle bien avec une hypothèque 10 ans.

Financer l’apport initial : pensez à votre 2ème pilier

Contracter une hypothèque ne dispense pas de devoir apporter des fonds propres (un apport personnel). En Suisse, les règles prudentielles exigent un minimum de 20 % d’apport lors de l’achat d’une résidence principale. Parmi ces 20 %, au moins 10 % du prix du bien doit provenir de votre épargne hors 2ème pilier. Autrement dit, les autorités n’autorisent pas à financer la totalité de votre apport uniquement avec votre caisse de pension. En revanche, la part restante (l’autre 10 % sur les 20 % requis) peut tout à fait être couverte en utilisant votre prévoyance professionnelle (LPP, 2ème pilier).

Il existe deux manières d’utiliser son 2ème pilier pour un achat immobilier : le retrait anticipé ou la mise en gage.

  • Le retrait anticipé consiste à sortir une partie (ou la totalité) de vos avoirs de prévoyance pour les injecter dans l’acquisition du bien. Cette option est possible pour votre résidence principale, et jusqu’à l’intégralité de votre avoir LPP avant 50 ans (avec certaines limitations au-delà). Le montant retiré est soumis à l’impôt et devra être remboursé à la caisse de pension si vous revendez le logement plus tard.
  • La mise en gage, quant à elle, signifie que vous nantissez votre avoir de 2<ème pilier auprès de la banque, sans le retirer : il sert de garantie supplémentaire, permettant à la banque de prêter davantage (ou d’offrir un taux meilleur), sans diminuer votre capital de prévoyance. L’inconvénient est que votre taux d’endettement reste plus élevé (puisque vous empruntez plus que si vous aviez retiré les fonds).

Optimiser son financement avec le 2ème pilier peut être judicieux pour réunir l’apport nécessaire de 20 % et bénéficier ainsi de meilleures conditions. En effet, plus votre mise de fonds propre est élevée, moins vous empruntez et moins vous payez d’intérêts – les banques récompensent souvent un apport supérieur par un taux d’intérêt réduit.

Néanmoins, il faut bien peser les conséquences à long terme sur votre retraite (un retrait LPP réduit votre rente future si vous ne le remboursez pas). Il est conseillé de demander conseil à un expert avant de décider du recours au 2ème pilier dans votre montage financier.

Conclusion

Opter pour une hypothèque à taux fixe sur 10 ans, c’est faire le choix de la sécurité et de la visibilité à long terme. Ce produit s’est imposé comme le favori des emprunteurs suisses, particulièrement lorsque les conditions de taux sont avantageuses. En 2025, avec des taux fixes 10 ans avoisinant les 1,5 % et une conjoncture incitant à l’achat, il constitue un outil performant pour financer son logement tout en se prémunissant contre les fluctuations économiques. Bien entendu, chaque situation est unique : la durée idéale de votre hypothèque dépendra de vos projets futurs, de votre tolérance au risque et de l’évolution anticipée des taux. Il est donc essentiel de comparer les offres et de vous faire conseiller. Les taux d’intérêt peuvent varier sensiblement selon les établissements et la formule choisie, d’où l’importance de faire jouer la concurrence pour obtenir le meilleur taux.

En résumé, l’hypothèque fixe sur 10 ans offre aujourd’hui un équilibre optimal entre taux encore bas, stabilité des paiements et flexibilité à moyen terme. C’est ce qui en fait, à juste titre, le produit phare du marché hypothécaire helvétique.

Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Expert en prévoyance LPP et Libre Passage

8 ans d’expérience dans le conseil financier en Suisse, spécialisé dans le 2e pilier et le libre passage. J’aide chaque client à faire les bons choix (fiscalité, investissement, retrait) pour sa retraite LPP, avec clarté, stratégie et impact.

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Montant de coordination LPP 2025 : Définition, calcul et optimisation

Montant de coordination LPP 2025 : Définition, calcul et optimisation

Montant de coordination LPP 2025

SOMMAIRE :

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Que retenir et comment agir ?

  • Vérifiez votre situation : un simple formulaire auprès de la Centrale du 2e pilier suffit pour savoir si vous détenez un compte oublié.
  • Ne tardez pas : vos avoirs LPP restent disponibles, mais seulement jusqu’à 75 ans (puis au Fonds de garantie jusqu’à 100 ans).
  • Optimisez vos avoirs retrouvés : regroupez-les sur un compte de libre passage performant pour gagner en rendement et préparer votre retraite.
  • Anticipez : signalez toujours vos changements d’adresse à vos caisses de pension pour éviter de recréer un compte “sans contact”.

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La prévoyance professionnelle suisse (LPP, 2ème pilier) repose sur la notion essentielle de montant de coordination. Ce montant, ajusté périodiquement, détermine la part de votre salaire effectivement assurée dans le 2ème pilier. En 2025, les seuils LPP évoluent (déduction de coordination, salaire minimum LPP, salaire coordonné maximal, etc.), impactant directement les cotisations et prestations de retraite.

Dans cet article expert au ton pédagogique, nous expliquons clairement ce qu’est le montant de coordination LPP, comment il est calculé, quelles conséquences concrètes il entraîne (notamment pour les salariés à temps partiel ou ayant plusieurs employeurs), et comment optimiser votre salaire coordonné pour améliorer votre prévoyance professionnelle.

Résumé de l’article :

  • Montant de coordination LPP, définition et valeur 2025 : En LPP, le montant de coordination est un montant fixe soustrait du salaire annuel AVS de chaque employé pour déterminer la part du salaire assurée dans la caisse de pension (salaire coordonné). Il vise à éviter de doubler les prestations déjà couvertes par le 1er pilier (AVS). Ce montant correspond à 7/8 de la rente AVS maximale et s’élève à 26’460 CHF en 2025. Par exemple, pour un salaire annuel de 70’000 CHF, seuls 43’540 CHF seront assurés dans le 2ème pilier après déduction de coordination.

  • Seuils LPP en 2025, chiffres clés : Pour être obligatoirement affilié à une caisse de pension, il faut percevoir un revenu annuel d’au moins 22’680 CHF chez un même employeur (salaire minimum LPP). La déduction de coordination applicable en 2025 est de 26’460 CHF. Le salaire coordonné maximal pris en compte par la LPP obligatoire atteint 64’260 CHF. (Concrètement, seuls les revenus annuels jusqu’à 90’720 CHF sont assurés; au-delà, la part excédentaire n’est pas couverte par le 2ème pilier obligatoire.) Par ailleurs, le salaire coordonné minimal est fixé à 3’780 CHF : si le calcul du salaire assuré donne une valeur inférieure, ce minimum sera tout de même assuré.

  • Impact pour les bas salaires et temps partiels : La déduction de coordination s’applique dans son intégralité quel que soit le taux d’occupation. Pour un salarié à temps partiel, cela réduit fortement le salaire assuré et donc les cotisations LPP. Par exemple, un revenu annuel de 40’000 CHF (≈50% d’un plein temps) ne génère qu’un salaire coordonné de 13’540 CHF – à peine un tiers du salaire brut, alors qu’un plein temps à 80’000 CHF est assuré à 53’540 CHF (près des deux tiers du brut). De plus, de nombreux temps partiels n’atteignent même pas le seuil d’entrée (22’680 CHF) et ne cotisent pas du tout au 2ème pilier. Cette situation pénalise surtout les femmes, dont plus de 60 % travaillent à temps partiel (contre ~20 % des hommes) – elles perçoivent ainsi des rentes LPP en moyenne inférieures d’un tiers à celles des hommes.

  • Plusieurs employeurs : le risque de “double coordination” : En cas de pluralité d’emplois, le salaire de chaque employeur est traité séparément pour la LPP. Deux emplois impliquent deux déductions de coordination, ce qui réduit drastiquement la part de salaire totale assurée par rapport à un seul emploi du même revenu. Par exemple, avec deux postes à 40’000 CHF, chacun n’assure que 13’540 CHF (salaire coordonné minimal atteint), soit ~27’080 CHF cumulés – à peine un tiers des 80’000 CHF gagnés au total. À l’inverse, un seul emploi à 80’000 CHF assurerait 53’540 CHF (environ deux tiers du salaire). Cette double déduction de coordination laisse donc des lacunes de prévoyance importantes aux pluri-employés.

  • Optimisation et solutions : Malgré ces limites du système, plusieurs leviers permettent d’améliorer sa prévoyance professionnelle. Du côté des employeurs, certains plans de prévoyance abaissent ou suppriment la déduction de coordination pour les temps partiels, assurant ainsi une plus grande part du salaire. À titre individuel, il est possible de combler les lacunes LPP par des rachats (versements volontaires dans la caisse de pension) ouvrant droit à déduction fiscale. En complément, cotiser au 3ème pilier offre un moyen flexible de se constituer un capital retraite supplémentaire avec avantages fiscaux. Pour les personnes à plusieurs employeurs, une affiliation volontaire auprès de la Fondation Institution supplétive LPP peut éviter de laisser des revenus non assurés. Enfin, il est recommandé de regrouper vos avoirs de libre passage (2ème pilier accumulé lors de précédents emplois) sur un compte offrant de bonnes conditions – par exemple en ouvrant un compte de libre passage optimisé, afin de maximiser leur rendement jusqu’à la retraite.

Qu’est-ce que le montant de coordination LPP ?

Le montant de coordination LPP (aussi appelé déduction de coordination) est un montant forfaitaire soustrait du salaire annuel brut soumis à l’AVS, afin de déterminer le salaire assuré dans la prévoyance professionnelle (2ème pilier). Autrement dit, seules les parts de revenu dépassant ce montant sont assurées par la caisse de pension. Ce mécanisme vise à harmoniser les 1er et 2ème piliers : il correspond à la part du salaire considérée comme déjà couverte par l’AVS, de sorte qu’on n’assure pas deux fois le même revenu.

En 2025, la déduction de coordination s’élève à 26’460 CHF. Ce chiffre découle de la formule légale fixant le montant de coordination à 7/8 de la rente AVS annuelle maximale. Étant donné que la rente AVS maximale est d’environ 30’240 CHF par an, on obtient bien 26’460 CHF (7/8 de 30’240). Tout employeur affilié à une caisse de pension appliquera donc cette déduction sur le salaire annuel de chaque employé assuré.

Exemple : si vous gagnez 70’000 CHF brut par an chez le même employeur, votre salaire coordonné (part effectivement assurée par la LPP) sera de 43’540 CHF, soit votre salaire AVS moins 26’460 CHF. Ce montant servira de base au calcul des cotisations et des prestations du 2ème pilier (rente de retraite, invalidité, etc.). Inversement, les 26’460 CHF de déduction de coordination ne sont pas assurés dans le cadre du 2ème pilier obligatoire – on considère que cette tranche de revenu sera couverte par les rentes AVS/AI du 1er pilier.

Les seuils LPP en 2025 : salaire minimum, coordination et maximum assuré

En Suisse, tous les salariés soumis à l’AVS doivent être affiliés à une caisse de pension (2ème pilier) dès lors qu’ils remplissent certaines conditions. Le principal critère est le salaire annuel : il doit dépasser un minimum défini par la loi pour que l’affiliation LPP soit obligatoire. Ce seuil – appelé salaire minimum LPP ou seuil d’entrée – est ajusté régulièrement.

En 2025, les montants clés du 2ème pilier (LPP) sont les suivants :

Paramètre LPP (2025)Montant (CHF)
Salaire minimum LPP (seuil d’entrée obligatoire)22’680
Déduction de coordination LPP26’460
Salaire coordonné maximal LPP (part maximale du salaire assurée)64’260

Tableau : principaux seuils LPP en vigueur au 1er janvier 2025. Le salaire minimum LPP de 22’680 CHF signifie que si votre revenu annuel chez un employeur est inférieur à ce montant, vous n’êtes pas obligatoirement couvert par une caisse de pension (votre employeur n’est pas tenu de vous affilier au 2ème pilier). À l’inverse, dès que le salaire annuel atteint ou dépasse 22’680 CHF, l’affiliation est obligatoire et le calcul du salaire coordonné s’applique.

La déduction de coordination de 26’460 CHF est alors soustraite de votre salaire AVS pour définir la part assurée. Toutefois, deux limites encadrent ce calcul :

  • Un salaire coordonné minimal de 3’780 CHF est garanti. Si après déduction de coordination, le salaire assuré tombe en dessous de 3’780 CHF, ce montant plancher sera assuré malgré tout. Par exemple, pour un salaire annuel de 25’000 CHF, le calcul donnerait 25’000 – 26’460 = (–)1’460 CHF, ce qui est négatif ; la caisse de pension assurera alors 3’780 CHF (et non zéro) afin de fournir une couverture minimale. En pratique, les revenus légèrement supérieurs au seuil d’entrée aboutissent tous à un salaire coordonné de 3’780 CHF.

  • Un salaire coordonné maximal de 64’260 CHF est pris en compte par la LPP obligatoire. Ce montant correspond au différentiel entre la limite supérieure du salaire annuel assuré (fixée à 90’720 CHF en 2025) et la déduction de coordination (26’460 CHF). Autrement dit, le 2ème pilier obligatoire couvre les tranches de salaire entre ~25’000 CHF et 90’720 CHF par an, ce qui représente au maximum 64’260 CHF de salaire assuré par personne. Si vous gagnez plus de 90’720 CHF, la part au-delà de ce niveau n’est pas couverte par la LPP obligatoire – elle peut l’être par la partie surobligatoire de votre caisse de pension si celle-ci prévoit une couverture au-delà du minimum légal, mais ce n’est pas imposé par la loi.

Ces différents seuils visent à délimiter le champ d’application du 2ème pilier. En résumé, la LPP couvre les revenus moyens à supérieurs : ni les tout petits salaires (considérés comme insuffisants pour cotiser, car leur prévoyance repose sur l’AVS), ni la part des salaires très élevés (au-delà de trois fois la rente AVS maximale) ne font l’objet d’une assurance obligatoire au 2ème pilier.

Calcul du salaire coordonné : exemples concrets 

Le calcul du salaire coordonné (salaire assuré LPP) s’effectue de manière simple :

  • Si le salaire annuel brut AVS est inférieur au seuil d’entrée LPP (22’680 CHF en 2025), le salarié n’est pas affilié à une caisse de pension – son salaire coordonné est nul (pas de cotisation LPP).

  • Si le salaire annuel est supérieur ou égal à 22’680 CHF, alors:
    Salaire coordonné = Salaire annuel AVS – 26’460 CHF, avec un minimum de 3’780 CHF et un maximum de 64’260 CHF, comme indiqué plus haut.

Cette formule signifie que la même déduction forfaitaire (26’460 CHF) s’applique pour tous, quelle que soit la taille du salaire. Dès lors, plus le salaire est bas, plus la proportion non assurée (les 26’460 CHF soustraits) pèse lourd. À l’inverse, pour un salaire élevé (p.ex. 90’000 CHF), la déduction de coordination ne représente qu’une petite partie du revenu.

Illustrons l’effet du montant de coordination à travers quelques exemples chiffrés :

  • Salaire juste au seuil d’entrée : à 22’680 CHF/an, l’employé est affilié de justesse à la LPP. Après la déduction de 26’460 CHF, le calcul théorique du salaire assuré serait négatif, mais le minimum légal de 3’780 CHF s’applique. Ainsi, un salaire de ~22,7 kCHF aboutit à un salaire coordonné de 3,78 kCHF. En d’autres termes, même les plus bas salaires couverts par la LPP n’assurent que 3’780 CHF dans le 2ème pilier (d’où de très faibles cotisations et prestations pour ces cas).

  • Salaire modeste (temps partiel) : pour un salaire AVS de 40’000 CHF (ex. emploi à ~50%), le salaire coordonné est de 40’000 – 26’460 = 13’540 CHF. Ce montant est à peine un tiers du salaire brut – le reste (26’460 CHF) n’étant pas pris en compte. En pourcentage, seulement ~34 % du revenu est assuré dans le 2ème pilier dans cet exemple. Conséquence : les cotisations de l’employé et de l’employeur portent sur 13’540 CHF au lieu de 40’000, ce qui génère de faibles avoirs de vieillesse LPP.

Illustration : Impact de la déduction de coordination sur le salaire assuré selon le taux d’occupation. À 100 % (80’000 CHF/an), le salaire assuré LPP est de 53’540 CHF après la déduction de coordination (26’460 CHF). À 50 % (40’000 CHF) avec déduction intégrale, il tombe à 13’540 CHF seulement. Si la déduction était proportionnelle au taux d’activité (ex. 60 % du montant pour un 60 % d’occupation), le salaire assuré augmenterait significativement (jusqu’à ~24’124 CHF dans cet exemple de 40’000 CHF à 60%). Enfin, sans aucune déduction, le salaire entier serait assuré. (Source : Raiffeisen, 2025)

  • Salaire confortable (plein temps) : pour un salaire AVS de 80’000 CHF (p.ex. emploi à 100%), le salaire coordonné est de 80’000 – 26’460 = 53’540 CHF. Environ deux tiers du revenu brut sont ainsi assurés par la LPP, ce qui est proportionnellement beaucoup plus que dans le cas précédent (13’540 sur 40’000). Cet exemple met en évidence le caractère potentiellement régressif de la déduction de coordination : plus le salaire est élevé, plus la part proportionnelle couverte par le 2ème pilier est grande.

  • Plusieurs emplois (double salaire) : si une personne perçoit deux salaires de 40’000 CHF (chez deux employeurs différents), chacune de ces rémunérations est traitée séparément pour la LPP. Chaque employeur appliquera donc la déduction de 26’460 CHF. Dans notre exemple, chaque emploi donne un salaire assuré de 13’540 CHF, soit 27’080 CHF au total. Sur un revenu cumulé de 80’000 CHF (40k + 40k), seulement ~33,8 % sont donc couverts par le 2ème pilier (contre ~66,9 % si les 80’000 étaient gagnés auprès d’un seul employeur). On parle alors de double déduction de coordination, un phénomène qui désavantage fortement les travailleurs à employeurs multiples.

💡 À noter : dans certaines situations de cumul d’emplois, il est possible d’améliorer cette couverture (voir section suivante sur les multi-employeurs). En effet, la loi offre des options d’affiliation volontaire pour éviter de laisser des revenus non assurés lorsque chaque emploi pris isolément est en-dessous du minimum LPP, mais que le total dépasse ce seuil.

Temps partiel, emplois multiples : les limites du système actuel

Le 2ème pilier suisse a été historiquement conçu pour des carrières à plein temps. De ce fait, le mécanisme du montant de coordination et le seuil d’entrée pénalisent les bas salaires et le travail à temps partiel. Concrètement, deux problématiques se posent :

1. Taux d’activité réduit = salaire assuré réduit. Que vous travailliez à 20 %, 50 % ou 100 %, la déduction de coordination reste la même (26’460 CHF). Ainsi, plus votre taux d’occupation est bas, plus la part de salaire soumise à cette déduction est grande relativement à votre revenu. Beaucoup de personnes à temps partiel voient leur salaire coordonné chuter drastiquement par rapport à leur salaire réel, ce qui entraîne de faibles cotisations LPP et donc de petites rentes à la retraite. Par exemple, nous avons vu qu’à 50 % d’activité (~40kCHF/an), seulement un tiers du salaire est assuré LPP, contre deux tiers pour un plein temps à revenu supérieur. De plus, si le taux d’occupation est très faible, il se peut que le salaire n’atteigne même pas le seuil minimal (22’680 CHF) : dans ce cas aucune cotisation LPP n’est versée, et la prévoyance de la personne repose exclusivement sur le 1er pilier (AVS/AI).

Ce problème touche particulièrement les femmes, qui sont majoritaires dans les emplois à temps partiel (60 % des femmes actives contre 20 % des hommes). En conséquence, la rente moyenne de prévoyance professionnelle des femmes est environ un tiers plus basse que celle des hommes. La combinaison de salaires souvent inférieurs et de taux d’activité réduits crée des lacunes de prévoyance importantes pour de nombreuses femmes – d’autant qu’elles ont statistiquement une espérance de vie plus longue, et donc plus d’années de retraite à financer.

2. Multi-employeurs et double déduction. Si vous cumulez plusieurs emplois simultanément, vous pouvez être affilié à plusieurs caisses de pension en parallèle – une pour chaque employeur – pour peu que chaque salaire dépasse le minimum LPP. Dans ce cas, la déduction de coordination s’applique séparément sur chaque revenu. Comme illustré précédemment, cela signifie que vous “perdez” deux fois 26’460 CHF de salaire non assuré. On se retrouve avec un salaire coordonné total bien plus bas que si le même revenu était perçu auprès d’un seul employeur. Ce phénomène de double coordination est considéré comme l’une des injustices du système actuel. À revenu annuel égal, un pluri-employé pourra cotiser beaucoup moins (et accumuler moins de capital retraite) qu’un salarié unique, simplement à cause de cette fragmentation de son salaire entre plusieurs employeurs.

Le cas inverse est également problématique : si vous avez plusieurs petits emplois, chacun en dessous du seuil d’entrée (par ex. 2 jobs à 15’000 CHF/an), aucun employeur n’est tenu de vous affilier même si au total vous gagnez 30’000 CHF. Votre 2ème pilier est alors inexistant, alors qu’une personne gagnant ces 30’000 CHF via un seul poste cotiserait à la LPP. Cette situation concerne de nombreux travailleurs sur appel, multipliant les contrats à temps très partiel dans différents secteurs.

Des améliorations à venir ? (Réforme LPP)

Ces limites du système LPP font l’objet de débats politiques. Une réforme de la LPP a été proposée, visant notamment à mieux couvrir les temps partiels et emplois précaires. Parmi les mesures envisagées figuraient la réduction du seuil d’entrée et surtout une déduction de coordination proportionnelle (par exemple assurer toujours 80 % du salaire, au lieu d’un montant fixe). Cette réforme aurait fortement amélioré la couverture des bas revenus – on estimait que 270’000 femmes notamment auraient vu leur rente augmenter. Cependant, le projet de réforme, soumis en votation populaire en septembre 2024, a été rejeté par le peuple. A court terme, le système actuel reste donc en vigueur. Les débats reprendront sans doute pour trouver d’autres solutions au problème de la prévoyance des temps partiels.

Ce que peuvent faire les employeurs

En attendant une éventuelle évolution législative, certains employeurs agissent volontairement pour atténuer ces inégalités. La loi n’oblige pas les caisses de pension à appliquer la déduction de coordination standard – il s’agit d’un minimum. Un employeur est libre d’offrir une prévoyance plus généreuse que le strict obligatoire. De plus en plus de caisses adaptent ainsi leurs règles : bon nombre ont réduit la déduction de coordination proportionnellement au taux d’occupation, et certaines y renoncent même entièrement. Cela signifie que si vous travaillez à temps partiel dans une entreprise progressiste, votre salaire assuré LPP pourrait représenter une part bien plus élevée de votre salaire réel (par exemple 80 % au lieu de ~30 % dans notre exemple plus haut). Évidemment, qui dit salaire assuré plus élevé dit cotisations plus élevées également – c’est un effort financier supplémentaire à la charge de l’employeur (et en partie du salarié). Néanmoins, beaucoup d’entreprises y voient un avantage en termes d’égalité et d’attractivité pour les employés.

👉 Conseil RH : Si vous êtes responsable RH ou employeur, vérifiez les options offertes par votre caisse de pension. Il peut être envisageable d’abaisser le montant de coordination (par exemple en le proratisant au taux d’activité) pour améliorer la couverture de vos employés à temps partiel. Cette mesure contribue à réduire les lacunes de prévoyance et constitue un atout social apprécié, notamment par la main-d’œuvre féminine. Vérifiez désormais notre comparatif des caisses de pension 2026 !

Multi-employeurs : solutions pour éviter les lacunes

Pour les personnes cumulant plusieurs emplois, deux problématiques se présentent : soit chaque emploi dépasse le seuil et l’on subit une double cotisation incomplète, soit aucun n’atteint le seuil et l’on se retrouve sans 2ème pilier du tout. Dans les deux cas, il existe des solutions pour améliorer sa couverture :

  • Affiliation volontaire à l’institution supplétive : La Fondation Institution Supplétive LPP est l’institution étatique qui accueille notamment les salariés non couverts ailleurs. Si vous avez plusieurs petits emplois dont le salaire cumulé dépasse 22’680 CHF, vous avez le droit de vous affilier à la Fondation supplétive pour faire assurer votre revenu global. Concrètement, il s’agit d’informer l’institution supplétive de votre situation ; chaque employeur devra alors verser à cette fondation les cotisations (part employé + employeur) calculées sur la part de salaire qu’il vous verse. Vous pourrez ainsi cotiser sur l’entier de vos revenus comme s’ils provenaient d’une seule source. Attention, cette démarche est volontaire : c’est au travailleur de la lancer, l’affiliation n’est pas automatique. 

  • Assurance via un employeur principal : Une autre piste, si l’un de vos employeurs propose un plan de prévoyance au-delà du minimum légal, est de cotiser l’ensemble de vos revenus dans la caisse de pension de cet employeur. Certaines caisses acceptent en effet d’assurer aussi les salaires inférieurs au seuil (part souvent dite surobligatoire). Dans ce cas, il peut être possible d’annoncer vos autres revenus auprès de cette caisse pour qu’elle n’applique la déduction de coordination qu’une seule fois sur l’ensemble. Cependant, toutes les fondations ne le permettent pas – cela reste rare et dépend du règlement de la caisse de pension concernée. Renseignez-vous auprès de vos employeurs : si l’un d’eux a un plan sur-obligatoire couvrant les bas salaires, c’est une opportunité pour consolider vos avoirs LPP dans une seule caisse au lieu de les disperser.

En résumé, le système actuel de la LPP désavantage structurellement les faibles revenus, les temps partiels et les pluri-employés, ce qui soulève des enjeux d’égalité (genre, typologie d’emploi) et de suffisance des rentes. Face à ces limites, il est crucial d’être proactif et d’envisager des stratégies d’optimisation individuelles pour sécuriser sa retraite. Nous détaillons ci-après plusieurs conseils pour augmenter votre salaire coordonné ou compenser ses insuffisances.

Comment optimiser son 2ème pilier malgré un salaire coordonné faible ?

Si votre salaire coordonné est réduit (ou nul) en raison d’un temps partiel, d’un faible revenu ou d’emplois multiples, tout n’est pas perdu : il existe des leviers pour renforcer votre prévoyance vieillesse. Voici plusieurs conseils d’optimisation à mettre en œuvre dès maintenant pour améliorer votre 2ème pilier et combler les lacunes de coordination.

1. Racheter les années de cotisation manquantes (rachat LPP)

Le rachat du 2ème pilier consiste à verser volontairement des cotisations supplémentaires dans votre caisse de pension, afin de combler des lacunes de cotisation et d’augmenter vos prestations futures. Une lacune se crée par exemple si vous avez interrompu votre carrière pendant un certain temps, travaillé à temps partiel ou si votre salaire assuré était trop bas dans le passé. Dans ces cas, votre avoir LPP accumulé est en-deçà de ce qu’il aurait pu être – le rachat permet de combler ce manque en y injectant du capital.

Le rachat LPP offre un double avantage : d’une part, les montants versés augmentent directement votre capital retraite (et donc la rente potentielle à la retraite), et d’autre part ils sont déductibles de votre revenu imposable (dans l’impôt sur le revenu annuel). En effet, les rachats LPP sont encouragés fiscalement : chaque franc versé réduit votre revenu imposable, ce qui se traduit par une économie d’impôt souvent substantielle selon votre tranche d’imposition.

Pour effectuer un rachat, renseignez-vous auprès de votre caisse de pension – celle-ci peut calculer votre potentiel de rachat maximum (montant que vous êtes autorisé à verser en plus, en fonction de votre âge, salaire actuel, avoir accumulé, etc.). Vous pourrez ensuite effectuer le versement, généralement en une ou plusieurs tranches. Notez que le capital injecté via un rachat est bloqué jusqu’à la retraite (ou un cas de sortie anticipée autorisé), et qu’il faut attendre 3 ans après un rachat pour pouvoir retirer le capital LPP (afin d’éviter les abus fiscaux). Malgré ces contraintes, le rachat LPP est l’un des moyens les plus efficaces pour améliorer sa prévoyance lorsqu’on a des années “creuses” de cotisation.

➡️ Liens utiles : Pour en savoir plus, consultez notre article détaillé Rachat 2ème Pilier : comment optimiser sa prévoyance LPP. Celui-ci explique pas à pas le fonctionnement du rachat, ses avantages et inconvénients, et comment procéder. Vous pouvez aussi solliciter l’aide d’un expert pour évaluer l’opportunité d’un rachat dans votre cas.

2. Cotiser au 3ème pilier (prévoyance individuelle)

Le 3ème pilier est la prévoyance individuelle et facultative en Suisse. C’est un complément indispensable pour qui souhaite maintenir son niveau de vie à la retraite, notamment lorsque le 2ème pilier risque d’être insuffisant (ce qui est souvent le cas pour les bas revenus ou les temps partiels). Souscrire un 3ème pilier vous permet de vous constituer un capital retraite supplémentaire, à votre rythme, tout en bénéficiant d’avantages fiscaux attractifs.

Concrètement, les versements effectués dans un pilier 3a (prévoyance liée) sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. En 2025, vous pouvez verser jusqu’à 7’258 CHF par an (montant maximum déductible) si vous êtes salarié affilié à une caisse de pension. Pour les indépendants (qui n’ont pas de 2ème pilier obligatoire), ce plafond est encore plus élevé : 35’280 CHF par an peuvent être investis dans le pilier 3a et déduits fiscalement. Ces montants offrent une marge d’épargne significative pour pallier les lacunes du 1er et du 2ème piliers.

Le 3ème pilier présente par ailleurs d’autres atouts : vous pouvez choisir une banque ou une assurance, orienter votre épargne vers des placements potentiellement plus rémunérateurs (fonds d’investissement, etc.), et même ouvrir plusieurs comptes 3a pour échelonner les retraits à la retraite et optimiser l’impôt. L’épargne du pilier 3 reste bloquée jusqu’à la retraite (sauf exceptions : achat immobilier, départ définitif de Suisse, etc.), ce qui garantit sa disponibilité au moment venu. En somme, cotiser au 3ème pilier est vivement recommandé pour toute personne dont la pension LPP s’annonce insuffisante : c’est un pilier que vous contrôlez vous-même et qui comble efficacement les faiblesses des 1er et 2e piliers.

➡️ Liens utiles : Nous vous invitons à lire Le guide ultime du 3e pilier en 2025 pour comprendre en détail les avantages, la fiscalité et les stratégies liées à la prévoyance individuelle. Vous y trouverez des conseils pour choisir entre une solution bancaire ou assurancielle, maximiser le rendement de votre 3a, et planifier aux mieux vos retraits.

3. Éviter la double déduction de coordination (emplois multiples)

Si vous cumulez plusieurs emplois, nous avons vu que vous risquez de subir soit plusieurs déductions de coordination, soit aucune couverture LPP si chaque salaire est trop bas. Pour optimiser votre 2ème pilier dans ce contexte, envisagez les actions suivantes :

  • Affiliation volontaire à une caisse de pension : comme mentionné précédemment, faites valoir votre droit de vous affilier à l’institution supplétive LPP dès que vos revenus cumulés dépassent le seuil minimum. Cette démarche vous permettra de cotiser sur l’ensemble de vos revenus et d’éviter de laisser une partie de vos gains sans couverture de 2ème pilier. C’est particulièrement utile si chacun de vos contrats est inférieur à 22’680 CHF, car sans cela vous n’auriez pas du tout de LPP.

  • Centraliser la prévoyance via un employeur : informez-vous auprès de vos employeurs si l’un d’eux propose une couverture LPP sur salaire entier (y compris sous le seuil). Si oui, discutez avec eux de la possibilité de cotiser volontairement sur vos autres revenus à travers cette caisse. Cela peut permettre d’éviter une double coordination et d’accumuler vos prestations LPP sur un seul compte. Bien sûr, tous les employeurs ne sont pas disposés à faire ce type d’arrangement, mais cela vaut la peine d’être exploré au cas par cas.

  • Éviter de multiplier les micro-emplois : si cela est faisable dans votre situation professionnelle, privilégiez un emploi principal avec un taux d’activité plus élevé plutôt que plusieurs très petits jobs. Outre la question LPP, rappelons que chaque changement ou multiplication d’emplois génère des comptes de libre passage fragmentés, potentiellement des pertes d’assurance, etc. Regrouper son activité peut simplifier la prévoyance. 

 

En résumé, l’objectif est de limiter l’effet de la déduction de coordination multiple. Toute solution qui vous permet de n’avoir qu’une seule déduction au lieu de deux (ou plus) sera bénéfique pour vos cotisations et votre rente finale.

(Voir également la section précédente « Multi-employeurs : solutions » pour plus de détails sur l’affiliation supplétive et l’assurance via un employeur principal.)

4. Regrouper et optimiser ses avoirs de libre passage

En dehors des cotisations en cours, n’oubliez pas de bien gérer les avoirs LPP existants issus de vos précédents emplois. À chaque fois que vous quittez un employeur, votre prestation LPP accumulée est transférée sur un compte de libre passage à votre nom (sauf reprise directe par un nouvel employeur sous 2èME pilier). Si vous avez eu plusieurs postes, vous pourriez ainsi détenir plusieurs comptes de libre passage dispersés dans différentes fondations de prévoyance. Cette fragmentation peut nuire au rendement global et compliquer le suivi de votre épargne retraite.

Il est généralement conseillé de regrouper vos avoirs de libre passage en un ou deux comptes au maximum. Vous pouvez transférer vos fonds d’une institution de libre passage à une autre sans frais, afin de consolider vos capitaux. L’idéal est de choisir une fondation de libre passage offrant de bonnes performances (taux d’intérêt élevé ou possibilité d’investir en bourse via des fonds indiciels, selon votre profil). En concentrant vos avoirs, vous évitez les « petits comptes » inactifs et vous maximisez la croissance de votre 2ème pilier dormant jusqu’à la retraite.

👉 Exemple concret : supposons que vous ayez 30’000 CHF sur un compte de libre passage A (banque classique au taux d’intérêt faible) et 20’000 CHF sur un compte B ailleurs. En regroupant ces 50’000 CHF sur un seul compte de libre passage mieux rémunéré ou géré de manière plus dynamique, vous pourrez potentiellement obtenir un meilleur rendement sur l’ensemble. De plus, vous n’aurez qu’un seul relevé à suivre et une seule institution interlocutrice, ce qui simplifie la gestion.

Pour retrouver ses avoirs LPP ou si vous pensez que vous en avez oublié quelque part : rendez vous ici pour les retrouver GRATUITEMENT !

➡️ Liens utiles : Pour faire ce choix, consultez notre Comparatif des comptes de libre passage ainsi que nos guides dédiés aux fondations de libre passage. Par exemple, Ouvrir un compte de libre passage : comment trouver la meilleure solution vous guide pas à pas dans le choix d’une institution performante et adaptée à vos besoins (compte bancaire vs compte assurance, taux proposés, frais, etc.). N’hésitez pas également à demander conseil à un expert pour optimiser vos avoirs de libre passage, surtout si les montants sont conséquents.

5. Pour les indépendants : prévoir autrement

Les travailleurs indépendants ne sont pas soumis à l’obligation du 2ème pilier – ils n’ont donc pas de déduction de coordination à proprement parler, puisque la LPP ne s’applique pas à eux sauf démarche volontaire. Toutefois, cela signifie aussi qu’ils ne bénéficient d’aucune cotisation automatique de 2ème pilier. Si vous êtes indépendant, votre prévoyance dépend du 1er pilier (AVS) et surtout de votre capacité à épargner vous-même (pilier 3).

Il est fortement conseillé aux indépendants de prendre des mesures pour compenser l’absence de LPP :

  • Affiliation facultative au 2ème pilier : Vous pouvez choisir de vous affilier volontairement à une caisse de pension, par exemple via une association professionnelle ou via la Fondation Institution supplétive LPP (qui accepte aussi les indépendants à titre facultatif). Cotiser au 2ème pilier en tant qu’indépendant vous permet de vous constituer un capital de prévoyance dans un cadre fiscal privilégié, tout en profitant d’une couverture risques (invalidité, décès) similaire à celle des salariés. Bien sûr, cela représente un effort d’épargne significatif puisque vous êtes votre propre employeur et devez payer les deux parts (employeur+employé).

  • Maximiser le pilier 3a : Les indépendants sans LPP ont le droit de verser jusqu’à 20 % de leur revenu annuel dans le pilier 3a (plafond de 35’280 CHF en 2025), contre 7258 CHF pour un salarié couvert LPP. Exploitez pleinement cette possibilité pour réduire vos impôts et constituer une épargne retraite conséquente. Le 3a sera votre principal levier pour combler l’absence de 2ème pilier.

  • Épargne libre et investissements : En complément du pilier 3a (et 3b éventuellement), songez à investir une partie de vos revenus de manière diversifiée (portefeuille de placements, immobilier, etc.) en pensant long terme. En tant qu’indépendant, la responsabilité de votre retraite vous incombe à 100 %, d’où l’importance d’anticiper tôt et de se fixer un plan d’épargne retraite personnel.

FAQ sur le montant de coordination LPP

Qu’est-ce que la déduction de coordination LPP ?
C’est un montant fixé par la loi qui est soustrait de votre salaire annuel brut afin de calculer votre salaire assuré dans le 2ème pilier. Son but est de coordonner les prestations des 1er et 2ème piliers, en évitant d’assurer dans la caisse de pension la part de salaire déjà couverte par l’AVS. En 2025, cette déduction de coordination s’élève à 26’460 CHF pour tous les salariés (voir ci-dessous).

Quel est le montant de coordination LPP en 2025 ?
Le montant de coordination LPP est de 26’460 CHF en 2025. Ce chiffre correspond à 7/8 de la rente AVS annuelle maximale, conformément aux dispositions légales. Il est mis à jour périodiquement (généralement tous les deux ans) en fonction de l’évolution des rentes AVS et du salaire moyen. En 2024, par exemple, il était de 25’725 CHF et il est passé à 26’460 CHF au 1er janvier 2025.

Comment calcule-t-on le salaire coordonné LPP ?
Le salaire coordonné est la part de votre salaire annuel assurée dans le 2er pilier. Il se calcule de la façon suivante : Salaire coordonné = Salaire annuel AVS brut – déduction de coordination, avec un plancher et un plafond fixés par la loi. En 2025, on soustrait donc 26’460 CHF de votre salaire brut, on assure au minimum 3’780 CHF (même si le calcul donne moins) et au maximum 64’260 CHF. Par exemple, pour un salaire de 60’000 CHF : 60’000 – 26’460 = 33’540 CHF de salaire coordonné (dans les limites min/max autorisées).

Quel est le salaire minimum pour cotiser au 2ème pilier en 2025 ?
Le seuil d’entrée LPP en 2025 est fixé à 22’680 CHF de revenu annuel chez un même employeur. Cela signifie que si vous gagnez moins que ce montant (en salaire brut AVS) sur l’année avec un employeur, celui-ci n’a pas l’obligation de vous affilier au 2ème pilier. En revanche, dès que vous atteignez ou dépassez 22’680 CHF par an, l’affiliation devient obligatoire et vous commencez à cotiser à la LPP. Ce seuil est réévalué périodiquement (par exemple, il était de 22’050 CHF en 2024).

Attention : ce salaire minimum doit provenir d’un seul employeur. Si vous avez deux emplois à 15’000 CHF, aucun ne vous affilie (même si au total vous gagnez 30’000 CHF).

La déduction de coordination s’applique-t-elle aux temps partiels ?
Oui – la loi ne fait pas de distinction selon le taux d’activité. Que vous travailliez à 20 % ou 100 %, la déduction de 26’460 CHF est soustraite en entier de votre salaire annuel pour calculer le salaire coordonné. Cela a pour effet de fortement réduire la part assurée pour un temps partiel. Par exemple, un 50 % à 40’000 CHF ne comptera que 13’540 CHF de salaire assuré LPP, contre 53’540 CHF pour un 100 % à 80’000 CHF. Certains employeurs adaptent toutefois leur règlement de caisse de pension pour atténuer ce désavantage (déduction de coordination proratisée, voire supprimée au prorata du taux d’occupation), mais ce n’est pas la norme. Il est donc important, si vous êtes à temps partiel, de compléter votre prévoyance par d’autres moyens (3ème pilier, rachat LPP, etc.) afin de combler les lacunes dues à cette déduction fixe.

Que se passe-t-il si j’ai plusieurs employeurs pour la LPP ?
Si chacun de vos emplois dépasse le seuil annuel (22’680 CHF en 2025), vous serez affilié à une caisse de pension pour chaque employeur. Chaque caisse appliquera alors sa propre déduction de coordination, ce qui veut dire que vous subirez la déduction deux fois (ou plus). Au final, la part de vos revenus couverte par la LPP sera bien inférieure à ce qu’elle serait avec un seul salaire équivalent. C’est ce qu’on appelle la double déduction de coordination. En revanche, si chacun de vos emplois est en dessous du seuil, vous ne cotiserez à aucune caisse de pension – même si la somme de vos salaires dépasse le minimum. Dans les deux cas, il existe une solution : vous pouvez vous affilier volontairement à la Fondation Institution supplétive LPP afin de faire assurer l’ensemble de vos revenus sur une base unifiée. Cette démarche évite de “perdre” une partie de votre 2èmepilier. Renseignez-vous auprès de l’institution supplétive ou de nos experts pour la mettre en œuvre.

Comment combler les lacunes du 2ème pilier (salaire coordonné faible) ?
Plusieurs stratégies s’offrent à vous pour améliorer votre prévoyance professionnelle malgré un salaire coordonné faible. D’abord, envisagez de racheter des années LPP manquantes auprès de votre caisse de pension – ces versements volontaires augmentent votre capital retraite et sont déductibles des impôts. Ensuite, tirez parti du 3ème pilier (prévoyance individuelle) : en cotisant au pilier 3a, vous épargnez avec avantage fiscal et compensez une partie du manque du 2ème pilier Enfin, faites attention à regrouper vos avoirs de libre passage si vous changez d’emploi, de façon à optimiser leur rendement jusqu’à la retraite. En résumé, il s’agit de multiplier les sources d’épargne retraite pour combler ce que la LPP ne couvre pas. N’hésitez pas à consulter un conseiller afin d’établir un plan global (2ème pilier + 3ème pilier) adapté à votre situation.

📌 En résumé

Le montant de coordination LPP joue un rôle clé dans le calcul de votre salaire assuré au 2ème pilier, mais il peut défavoriser certains profils (temps partiel, multi-employeurs, bas salaires). En 2025, il s’élève à 26’460 CHF – une somme déduite de votre revenu AVS annuel pour déterminer vos cotisations et prestations LPP. Comprendre son fonctionnement vous permet d’identifier d’éventuelles lacunes de prévoyance et d’y remédier. Grâce aux conseils d’optimisation présentés (rachats LPP, 3ème pilier, affiliation volontaire, regroupement d’avoirs, etc.), il est possible d’améliorer significativement votre prévoyance professionnelle malgré les limites du système actuel.

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Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Expert en prévoyance LPP et Libre Passage

8 ans d’expérience dans le conseil financier en Suisse, spécialisé dans le 2e pilier et le libre passage. J’aide chaque client à faire les bons choix (fiscalité, investissement, retrait) pour sa retraite LPP, avec clarté, stratégie et impact.

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Comptes de libre passage « sans contact » : 6 milliards d’avoirs de prévoyance oubliés en Suisse

Comptes de libre passage, 6 milliards d’avoirs de prévoyance oubliés en Suisse

COMPTE LIBRE PASSAGE SANS CONTACT

SOMMAIRE :

TROUVEZ LE MEILLEUR LIBRE PASSAGE

Comptes de libre passage « sans contact » en Suisse : l’essentiel

  • Montants oubliés : près de 950 000 comptes sans contact, représentant environ 6 milliards CHF d’avoirs de prévoyance.
  • Pourquoi oubliés ? Changements d’emploi, chômage, départs à l’étranger, divorces ou adresses non transmises à la fondation.
  • Retrouvés : plus de 75 % des titulaires sont identifiés automatiquement au moment de la retraite via la Centrale du 2e pilier.
  • Délai légal : les avoirs sont conservés jusqu’à 75 ans, transférés ensuite au Fonds de garantie, et encore réclamables jusqu’à 100 ans.
  • Solution : faire une recherche gratuite auprès de la Centrale du 2e pilier et informer vos institutions de tout changement d’adresse.

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La Fondation institution supplétive LPP (fondation de libre passage chargée par la Confédération) gère environ 950 000 comptes de libre passage « sans contact » en Suisse, représentant au total près de 6 milliards de francs d’avoirs de prévoyance. Un compte de libre passage est dit « sans contact » lorsque son titulaire n’a pas transmis sa nouvelle adresse à l’institution de prévoyance après un changement de situation : seuls le nom, la date de naissance et le numéro d’assuré de la personne sont alors connus, mais il n’y a plus de contact possible. Autrement dit, l’avoir de prévoyance est « oublié » par son détenteur, souvent à la suite d’un déménagement ou d’un changement d’emploi mal géré. La bonne nouvelle est que la plupart de ces titulaires finissent par être retrouvés au moment de la retraite.

Nous faisons le point sur l’ampleur de ce phénomène en Suisse et expliquons comment éviter d’oublier vos avoirs LPP – ou les retrouver le cas échéant.

Une situation fréquente : des avoirs LPP égarés lors de changements de vie

Lorsqu’un employé quitte son entreprise sans transférer son avoir du 2ème pilier (LPP) à la caisse de pension de son nouvel employeur, cet avoir est placé sur un compte de libre passage. Cela peut se produire dans diverses situations : changement d’emploi, période de chômage, départ en congé sabbatique, retour aux études, départ définitif de Suisse, voire lors d’un divorce entraînant le partage de la prévoyance. Dans la plupart des cas, le transfert est effectué correctement par l’assuré ou l’ancienne caisse de pension.

Mais en cas d’oubli ou de négligence, c’est la Fondation institution supplétive LPP (une institution à but non lucratif mandatée par l’État) qui reçoit et conserve l’avoir de prévoyance de l’assuré.

Pourquoi parle-t-on de comptes « sans contact » ?

Parce que, une fois l’avoir transféré à la fondation supplétive, encore faut-il que celle-ci puisse rester en contact avec le bénéficiaire. Or, beaucoup de personnes oublient de signaler leur changement d’adresse à la fondation de libre passage lorsqu’elles déménagent. Selon la fondation supplétive, lors d’un déménagement stressant on néglige souvent d’avertir toutes les institutions de prévoyance de son nouvelle adresse. La fondation envoie normalement un extrait de compte par an aux titulaires dont elle connaît l’adresse. Mais si l’assuré ne communique pas sa nouvelle adresse, le compte devient « sans contact » – la correspondance ne peut plus lui parvenir.

Au fil du temps, ce phénomène a pris de l’ampleur : la Fondation institution supplétive LPP recense aujourd’hui plus de 950 000 comptes sans contact dans ses books.

950 000 comptes dormants pour 6 milliards de francs d’avoirs

Les avoirs LPP oubliés s’accumulent donc à la fondation supplétive. En 2024, le capital total détenu sur ces comptes sans contact atteignait 6 milliards de francs. Ce chiffre impressionnant doit toutefois être relativisé : cela représente à peine 0,6 % de l’ensemble des actifs du deuxième pilier en Suisse (estimés à ~1100 milliards). En réalité, ces comptes dormants sont très fragmentés et de petite taille : trois quarts d’entre eux contiennent moins de 5000 francs. L’avoir moyen par compte sans contact est d’environ 5000 CHF, nettement inférieur au solde moyen des comptes de libre passage classiques. Autrement dit, il s’agit souvent de petits montants (d’anciens salaires partiels, avoirs de courte durée, etc.) que les assurés ont plus facilement tendance à oublier. Cela explique aussi que ces avoirs oubliés, bien que nombreux, pèsent peu dans la masse totale de la prévoyance professionnelle.

Du côté de la fondation supplétive LPP, ces 950 000 comptes sans contact représentent environ 65 % de tous les comptes de libre passage qu’elle gère. En effet, la fondation supplétive doit accepter tous les avoirs qui lui sont confiés, par obligation légale, y compris les plus petits montants ou les dossiers complexes que d’autres institutions refusent. Cette mission universelle explique qu’elle détient environ 60 % de l’ensemble du capital de libre passage en Suisse. La proportion de comptes sans contact (environ 65 % des comptes à la fondation) reste stable ces dernières années, signe que le phénomène est récurrent : chaque année, de nouveaux comptes dormants s’ajoutent malgré les efforts de prévention.

Pourquoi autant d’avoirs de prévoyance se retrouvent « oubliés » ?

Plusieurs situations de la vie courante peuvent conduire à la création d’un compte de libre passage sans suivi de la part de l’assuré :

  • Changement d’emploi mal géré : si l’assuré ne transmet pas les coordonnées de sa nouvelle caisse de pension à son ancien fonds de pension, l’avoir LPP est automatiquement transféré à la fondation supplétive après quelques mois.

  • Période de chômage : pendant le chômage, le 2e pilier n’est plus alimenté et l’avoir de prévoyance doit être placé sur un compte de libre passage. Là encore, si l’assuré ne choisit pas de compte, l’avoir finit à l’institution supplétive par défaut.

  • Divorce : en cas de divorce, l’avoir de prévoyance du couple est partagé. Si l’ex-conjoint bénéficiaire n’a pas de caisse de pension à ce moment-là, sa part est versée sur un compte de libre passage (souvent à la fondation supplétive).

  • Petits montants refusés ailleurs : certaines banques ou fondations de libre passage privées n’acceptent pas d’ouvrir un compte pour un faible montant (quelques centaines de francs, par exemple). Ces avoirs sont alors envoyés à la fondation supplétive, qui ne peut les refuser.

  • Liquidation d’une caisse de pension : si une caisse de pension ferme (liquidation complète), les avoirs des assurés doivent être transférés. Dans certains cas, des comptes de libre passage sans adresse doivent aboutir à l’institution supplétive.

  • Nationalité ou statut particulier : pour des raisons réglementaires, certains ressortissants étrangers ne peuvent pas ouvrir de compte dans certaines institutions financières. Leurs avoirs LPP sont alors recueillis par la fondation supplétive. De même, un départ à l’étranger (UE) en cours de carrière ne permet pas toujours de retirer tout son avoir : la part obligatoire doit rester en Suisse, souvent à l’institution supplétive.

  • Règles de certaines caisses de pension : dans certains plans de prévoyance, on ne peut pas transférer l’intégralité du capital en changeant d’institution ; une part excédentaire doit être déposée sur un compte de libre passage à part (par exemple à l’institution supplétive).

Toutes ces situations contribuent à la multiplication de comptes de libre passage sans contact, surtout lorsque l’assuré ne pense pas à communiquer son adresse ou à suivre ses avoirs lors de ces changements. Les autorités suisses publient d’ailleurs des brochures d’information pour rappeler aux assurés de ne pas oublier leurs avoirs de prévoyance lors de telles étapes (par exemple le mémento « Prestation de libre passage : n’oubliez pas vos avoirs de prévoyance ! » édité par l’Office fédéral des assurances socialesbsv.admin.chbsv.admin.ch).

Comment les titulaires sont-ils retrouvés ?

Heureusement, la plupart des comptes sans contact finissent par retrouver leur titulaire. En effet, plus de 75 % des détenteurs de ces comptes sont identifiés au moment de leur départ à la retraite. Comment cela est-il possible ? Dès qu’une personne ayant un compte de libre passage atteint l’âge de la retraite AVS (64 ans pour les femmes, 65 ans pour les hommes actuellement), la Centrale du 2<sup>e</sup> pilier intervient. Il s’agit d’un service du Fonds de garantie LPP chargé de faire le lien entre toutes les institutions de prévoyance. La Centrale du 2e pilier interroge la Centrale de compensation AVS dès que la personne atteint l’âge de la retraite : si cette personne touche déjà une rente AVS, son adresse connue de la caisse AVS est transmise au Fonds de garantie, qui peut alors remettre la main sur l’assuré.

Ainsi, dans trois cas sur quatre, l’ayant droit est contacté à la retraite et peut récupérer son capital même s’il l’avait oublié pendant des années. Les comptes sans contact ne sont donc pas des comptes sans propriétaire : ils ont un nom et un numéro d’assuré, ce qui permet tôt ou tard de retrouver la personne dans la plupart des cas. Pendant tout ce temps, l’avoir reste conservé et produit des intérêts à la fondation supplétive (certes à un taux modeste) jusqu’à ce que le titulaire se manifeste.

Que se passe-t-il si un compte n’est jamais réclamé ?

Malgré les recherches, il peut arriver que certains comptes demeurent sans réclamation pendant de très longues périodes. Par exemple, si l’assuré a quitté la Suisse et ne donne jamais suite, ou décède sans héritiers identifiables, le compte peut rester dormant bien après l’âge de la retraite. La fondation supplétive continue alors de gérer ces avoirs jusqu’à 10 ans après l’âge ordinaire de la retraite (soit jusqu’à env. 75 ans) tout en essayant périodiquement de retrouver le bénéficiaire. Passé ce délai de 10 ans après la retraite, si personne ne s’est manifesté, la loi prévoit que l’avoir soit transféré au Fonds de garantie LPP.

Concrètement, à l’âge de 75 ans de l’assuré, le capital non réclamé quitte la fondation supplétive et est remis au Fonds de garantie.

Ce n’est pas encore une perte définitive : même après ce transfert, l’assuré (ou ses héritiers) peut encore faire valoir ses droits et demander la restitution de l’avoir jusqu’au centième anniversaire de l’assuré. En effet, le Fonds de garantie LPP conserve ces fonds jusqu’à ce que la personne atteigne 100 ans (ou aurait atteint 100 ans) et reste prêt à les verser si le légitime propriétaire se manifeste dans cet intervalle.

En revanche, après le 100ème anniversaire, l’avoir est considéré comme abandonné : il est définitivement acquis au Fonds de garantie et utilisé pour la solidarité du 2e pilier (financement de prestations garanties au niveau national). Passé cet âge extrême, plus aucun ayant droit ne peut réclamer ces fonds oubliés.

Comment vérifier si vous avez un compte LPP oublié (et éviter les mauvaises surprises)

Pour savoir si vous-même possédez un compte de libre passage “oublié”, la démarche est simple et gratuite. Il suffit d’envoyer une demande de recherche à la Centrale du 2e pilier (Fonds de garantie LPP). Cette centrale dispose d’une base de données nationale et reçoit les déclarations de toutes les institutions de libre passage sur les comptes dormants. Un formulaire officiel est disponible en ligne : après l’avoir rempli avec vos données personnelles (nom, date de naissance, Numéro AVS, anciens employeurs, etc.), la Centrale du 2e pilier effectuera les vérifications nécessaires. En quelques semaines, vous recevrez une réponse indiquant soit qu’aucun compte oublié à votre nom n’a été trouvé, soit les coordonnées de l’institution auprès de laquelle un avoir de libre passage vous attend éventuellement.

Bon à savoir : Cette recherche nationale est gratuite et peut être effectuée périodiquement si vous avez un doute. Par exemple, si vous avez travaillé jeune pendant vos études, ou si vous avez quitté un emploi sans bien suivre le transfert de votre caisse de pension, il peut être utile de vérifier. De même, les personnes ayant quitté la Suisse ou dont des employeurs anciens ont disparu (faillite/liquidation) devraient entreprendre cette démarche pour s’assurer qu’aucune prestation de sortie ne se trouve en attente.

Enfin, pour éviter d’oublier des avoirs LPP en cours de route, quelques précautions s’imposent :

  • Toujours signaler vos changements d’adresse à vos institutions de prévoyance (caisse de pension actuelle et fondation de libre passage le cas échéant). En cas de déménagement à l’étranger, renseignez une adresse de contact fiable en Suisse si possible.

  • En cas de changement d’employeur, assurez-vous que votre ancien fonds de pension a bien transféré votre prestation de sortie à votre nouvelle caisse. Si votre nouvel emploi n’a pas de caisse de pension (ou si vous devenez temporairement sans emploi), ouvrez vous-même un compte de libre passage auprès d’une banque ou fondation de votre choix et informez-en votre ancien employeur, pour éviter que l’argent parte par défaut à l’institution supplétive.

  • Conservez soigneusement vos relevés de prévoyance (certificats LPP annuels, décomptes de prestation de sortie). Ces documents contiennent les informations sur vos avoirs et leur transfert. Ils vous aideront à retracer d’éventuels comptes oubliés plus tard.

  • Si vous avez travaillé en Suisse et que vous partez vivre à l’étranger, informez-vous sur vos droits de retrait du 2e pilier. Dans certains cas, vous ne pourrez retirer qu’une partie de vos fonds (part surobligatoire), le reste devant rester en Suisse sur un compte de libre passage. Suivez ces avoirs restants de près pour ne pas les perdre de vue.

  • Parlez-en à vos proches : de nombreux comptes sans contact appartiennent à des personnes âgées ou à des expatriés qui ne se soucient plus de leur deuxième pilier. Sensibilisez vos parents ou connaissances à ce sujet, afin qu’ils vérifient eux aussi l’éventuelle existence d’un avoir oublié à leur nom.

FAQ sur les comptes de libre passage « sans contact »

Qu’est-ce qu’un compte de libre passage sans contact ?
C’est un compte de 2e pilier (LPP) détenu par la Fondation institution supplétive, dont l’assuré n’a pas communiqué son adresse. L’argent reste bloqué jusqu’à ce que le titulaire soit retrouvé.

Combien d’avoirs LPP oubliés existe-t-il en Suisse ?
Il existe environ 950 000 comptes « sans contact », représentant près de 6 milliards de francs d’avoirs de prévoyance oubliés.

Comment savoir si j’ai un compte de libre passage oublié ?
Vous pouvez effectuer une recherche gratuite via la Centrale du 2e pilier (Fonds de garantie LPP). Il suffit de remplir un formulaire avec votre numéro AVS et vos anciens employeurs.

Que devient mon argent si je ne réclame jamais mon compte ?
Les avoirs restent disponibles jusqu’à vos 75 ans à la fondation. Ensuite, ils sont transférés au Fonds de garantie LPP et restent récupérables jusqu’à vos 100 ans.

Est-ce que ces comptes produisent des intérêts ?
Oui, les avoirs restent rémunérés à un taux modeste tant qu’ils sont déposés auprès de la Fondation institution supplétive.

Comment éviter d’oublier mes avoirs LPP ?
En signalant systématiquement vos changements d’adresse, en ouvrant vous-même un compte de libre passage lors de transitions, et en conservant vos certificats LPP annuels.

En résumé, des centaines de milliers de comptes de prévoyance oubliés existent en Suisse, mais la plupart ne le restent pas indéfiniment. Grâce au système mis en place (Centrale du 2e pilier, fondation supplétive), les assurés récupèrent généralement leur dû à la retraite. Mieux vaut toutefois prévenir que guérir : en étant proactif dans le suivi de vos avoirs de prévoyance et vos démarches lors de changements d’emploi ou de domicile, vous éviterez de grossir le nombre de ces comptes sans contact. N’hésitez pas à utiliser les outils à disposition (demande au Fonds de garantie LPP, etc.) pour faire le tri dans vos avoirs LPP – il y a peut-être quelques milliers de francs qui n’attendent que vous !

Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Expert en prévoyance LPP et Libre Passage

8 ans d’expérience dans le conseil financier en Suisse, spécialisé dans le 2e pilier et le libre passage. J’aide chaque client à faire les bons choix (fiscalité, investissement, retrait) pour sa retraite LPP, avec clarté, stratégie et impact.

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Comparatif des caisses de pension : Un guide expert pour optimiser la LPP de votre entreprise(2026)

Comparatif des caisses de pension : un guide expert pour optimiser la LPP de votre entreprise

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SOMMAIRE :

TROUVEZ LE MEILLEUR LIBRE PASSAGE

Comparatif des caisses de pension en Suisse : l’essentiel

  • Écarts de rendement : de 0,9% à plus de 4% par an selon la caisse — un impact majeur sur le capital retraite des employés.
  • Taux de conversion : varie de 4,7% à 6,8% ; pour un capital de 600’000 CHF, la rente peut différer de plus de 1’000 CHF par mois.
  • Frais de gestion : de 200 CHF à 1’500 CHF par assuré et par an — un écart qui peut coûter des dizaines de milliers à une PME.
  • Modèles disponibles : assurance complète (sécurité maximale, rendement limité) vs semi-autonome (rendement supérieur, risque partagé).
  • Optimisation : analyser sa caisse actuelle, comparer avec le marché, impliquer la commission de prévoyance et planifier la transition pour réduire les coûts et motiver les collaborateurs.

Un choix avisé de caisse de pension peut générer des économies importantes pour l’entreprise et des rentes supérieures pour les employés. Demandez un audit LPP pour comparer et optimiser votre plan.

Pourquoi comparer et optimiser votre caisse de pension ?

En Suisse, les employeurs disposent d’un très grand choix en matière de caisses de pension (LPP, 2ème pilier). On en dénombre environ 1 300 à l’échelle du pays, ce qui rend les comparaisons de prestations et de coûts particulièrement difficiles. Pourtant, pour une entreprise, choisir la bonne caisse de pension est crucial : cela impacte directement l’avenir financier de ses collaborateurs et peut représenter des économies substantielles pour l’employeur. Les PME auraient donc tout intérêt à évaluer régulièrement si leur institution actuelle est optimale ou s’il serait bénéfique d’en changer.

Il faut savoir que toutes les caisses de pension ne se valent pas. Des écarts considérables existent en termes de rendement pour les assurés, de frais facturés, de taux de conversion appliqués ou encore de solidité financière.

En d’autres termes, optimiser sa caisse de pension peut permettre à la fois d’améliorer les prestations de retraite pour les employés et de réduire les charges pour l’entreprise.

Un tel examen peut ressembler à un « travail d’Hercule », tant la prévoyance professionnelle est un domaine complexe et réglementé. Néanmoins, s’appuyer sur des données objectives et des conseils d’experts LPP peut grandement faciliter la démarche.

Des écarts de performance et de coûts significatifs

Comparer les caisses de pension révèle d’importantes disparités. Voici les principaux critères à examiner de près lors d’un comparatif, illustrés par des chiffres récents issus d’études et de classements indépendants.

Taux d’intérêt crédité sur les avoirs de vieillesse (rendement)

Le rendement que votre caisse de pension attribue aux avoirs de vos employés varie énormément d’une institution à l’autre. Certaines caisses offrent une rémunération bien plus généreuse que d’autres. Par exemple, selon le classement 2025 de VZ, la caisse la mieux classée a crédité en moyenne 4,23% d’intérêts par an sur les avoirs de vieillesse durant les trois dernières années, contre à peine 0,92% pour la caisse la moins bien classée (Source : vermoegenszentrum.ch).

Un tel écart de 3,3 points, répété sur la durée, a un impact majeur sur le capital retraite accumulé grâce à l’effet des intérêts composés.

L’année 2024 illustre bien ces différences : d’après l’étude Swisscanto 2025 (portant sur l’ensemble des caisses suisses), le taux d’intérêt moyen versé aux assurés en 2024 a atteint 4,3%, un niveau historiquement élevé, mais les extrêmes allaient de seulement 1,75% jusqu’à 8,25% selon les institutions. Autrement dit, pour un même capital, un salarié pouvait recevoir plus de quatre fois plus d’intérêts dans la meilleure caisse par rapport à la moins performante. Sur un avoir de 100’000 CHF, cela représente 8 250 CHF d’intérêts gagnés en un an dans la caisse la plus généreuse, contre 1 750 CHF seulement dans la plus faible, une différence de plus de 6 500 CHF sur une seule année.

Sur le long terme, ces écarts de rendement peuvent représenter des dizaines, voire des centaines de milliers de francs en plus ou en moins sur la prestation de retraite finale.

Taux de conversion à la retraite

Le taux de conversion détermine la rente annuelle versée à l’assuré à partir du capital accumulé. Là aussi, les politiques varient : certaines caisses maintiennent un taux de conversion élevé, d’autres l’ont fortement abaissé ces dernières années. Actuellement, le taux de conversion légal minimum sur la part obligatoire LPP est de 6,8% (pour un homme partant à 65 ans). Toutefois, de nombreuses institutions appliquent un taux plus faible sur la part surobligatoire, si bien que le taux de conversion effectif moyen tourne autour de 5,3% en 2025. Le classement VZ 2025 met en évidence un écart énorme entre la caisse la plus généreuse (taux de conversion de 6,8%) et la moins-disante (seulement 4,73%).

Concrètement, pour un capital de retraite de 600’000 CHF, cela correspond à une rente annuelle d’environ 40’800 CHF avec le meilleur taux contre 28’380 CHF avec le plus bas, soit plus de 1 000 CHF de différence par mois pour le retraité.

Cette baisse tendancielle des taux de conversion, due à la longévité accrue et aux taux d’intérêt bas, signifie qu’à capital égal, les nouvelles générations de retraités toucheront des rentes inférieures à celles d’il y a quelques années. D’où l’importance de privilégier une caisse offrant un taux de conversion favorable, ou d’envisager des mesures complémentaires (3ème pilier, retrait en capital, etc.) si ce taux est faible.

 

Frais de gestion administrative et de gestion de la fortune

Les frais facturés par la caisse de pension constituent un autre critère essentiel, en particulier pour l’employeur. Des écarts frappants existent entre fondations coûteuses et bon marché. Les frais administratifs par personne assurée peuvent varier de 132 CHF par an seulement dans la caisse la plus efficiente, jusqu’à 715 CHF par an dans la plus onéreuse. Et si l’on inclut les frais de gestion de la fortune (placements), le total grimpe de 206 CHF par assuré et par an dans l’institution la mieux classée à 1 579 CHF dans la moins bien classée. Autrement dit, la pire caisse coûte près de 8 fois plus cher par assuré que la meilleure sur cet échantillon.

Une PME de 50 employés, par exemple, pourrait payer près de 80 000 CHF de frais annuels avec un régime coûteux, contre 10 000 CHF seulement avec un régime très efficient, un différentiel de 70 000 CHF qui peut lourdement peser sur les finances de l’entreprise.

Ces différences d’efficience ont été reconnues par des comparatifs indépendants. Depuis 20 ans, le journal SonntagsZeitung (en collaboration avec Finanz und Wirtschaft et le magazine Bilan) publie un classement des fondations collectives réalisé par le cabinet Weibel Hess & Partner. Ce palmarès distingue notamment les caisses les plus performantes et celles à frais les plus réduits. Par exemple, en 2025 la fondation Patrimonia a décroché la 2ᵉ place dans la catégorie évaluant l’efficience des frais administratifs, signe de sa gestion particulièrement économique (patrimonia.ch).

TIPS : Pour l’employeur, choisir une caisse bien notée sur ce critère peut se traduire par des économies substantielles à long terme, sans compter que des frais moindres favorisent aussi un meilleur rendement crédité aux assurés (puisque moins de ressources sont ponctionnées pour les coûts internes).

Structure de la caisse : ratio d’actifs et de rentiers, degré de couverture

La démographie des assurés dans la caisse de pension influence également sa santé financière et sa stratégie de placement. Une caisse comportant beaucoup de rentiers (retraités percevant une rente) par rapport aux actifs cotisants devra généralement adopter une politique plus prudente et faire face à des charges élevées de rentes en cours. À l’inverse, une caisse avec essentiellement des assurés actifs plus jeunes peut se permettre une stratégie plus dynamique. Le classement VZ montre qu’il existe des cas très contrastés : dans la meilleure caisse évaluée, les rentiers ne représentent que 5% des effectifs, alors que dans la caisse la moins bien classée ils atteignent 55%, soit plus de retraités que de cotisants actifs. Une proportion élevée de rentiers tend à réduire la capacité de risque de la fondation, car elle doit garantir le paiement des rentes en cours, souvent au détriment du rendement crédité ou des réserves.

Un autre indicateur à considérer est le degré de couverture (taux de couverture des engagements). Fin 2024, le degré de couverture moyen des caisses privées a atteint 117%, un niveau historiquement haut qui signifie que les actifs dépassent largement les obligations envers les assurés. Une caisse bien couverte (>100%) dispose de marges de sécurité et de réserves de fluctuation, tandis qu’une caisse en sous-couverture (<100%) pourrait exiger des mesures d’assainissement (cotisations supplémentaires, baisse de prestations futures, etc.).

En 2024, environ 70% des caisses avaient reconstitué au moins 75% de leurs réserves de fluctuation, et 25% d’entre elles avaient même refait le plein de 100% des réserves, ce qui renforce globalement la stabilité du 2èmepilier après les années difficiles des taux bas.

TIPS : Lorsque vous comparez des caisses de pension, vérifiez leur degré de couverture et l’évolution de celui-ci : c’est un baromètre de leur solidité financière et de la sécurité des avoirs de vos employés.

Prestations et flexibilité du plan de prévoyance

Enfin, au-delà des chiffres, il ne faut pas négliger les prestations qualitatives et la flexibilité offertes par le régime de prévoyance.

Par exemple : quelles options de plan sont proposées (plans standards vs sur-mesure ? possibilité de cotisations additionnelles ? rachats facilités ?) ; quels taux d’assurance risque (décès, invalidité) et quelles couvertures supplémentaires sont incluses ; quel est le niveau de service et de conseil aux employeurs et assurés ; quels outils en ligne sont mis à disposition (portail employeur, portail assuré pour suivre son compte, etc.) ; ou encore les possibilités de prévoyance pour les cadres (par exemple, un plan 1e permettant aux hauts revenus d’investir librement la part au-dessus du salaire assuré maximum).

Ces éléments contribuent à la satisfaction des employés et à l’alignement du plan LPP sur les besoins spécifiques de l’entreprise. Une solution très flexible comme Swiss Life LPP Business Plus met par exemple en avant ses plans modulaires adaptables (Standard, Comfort, Premium) et sa gestion digitale avec conseil personnalisé, tandis qu’une autre comme AXA LPP Invest pourrait se distinguer par des tarifs particulièrement compétitifs sur les cotisations et une bonne performance récente (rendement 2024 de 4,2% d’après certaines analyses).

Il est donc utile de considérer ces aspects plus qualitatifs, en plus des indicateurs financiers purs, afin de choisir une caisse de pension qui correspond au profil de votre entreprise et aux attentes de vos collaborateurs.

Assurance complète vs fondation semi-autonome : le choix du modèle

Un point stratégique, lors de l’optimisation de la prévoyance professionnelle de l’entreprise, est de choisir le bon modèle de caisse de pension. Si votre entreprise n’a pas sa propre caisse « maison », elle adhère alors à une fondation collective externe.

Dans ce cas, deux grands modèles existent : l’assurance complète (proposée par les compagnies d’assurance-vie) et la solution semi-autonome (fondation de prévoyance qui prend en charge les risques elle-même, sans garantie intégrale d’un assureur). La différence clé réside dans le rapport entre sécurité et rendement.

  • Assurance complète : L’avantage principal est la sécurité absolue. L’assureur garantit à 100% les avoirs de vieillesse et le taux d’intérêt minimum légal chaque année. Quelle que soit la conjoncture boursière, les prestations obligatoires sont assurées et aucun découvert n’est possible : l’entreprise et les employés ne risquent pas d’être sollicités pour combler un déficit. En contrepartie, cette garantie a un coût. Les assureurs doivent immobiliser beaucoup de capital et adopter une gestion très conservatrice des placements (souvent moins de 5% d’actions dans le portefeuille). Par conséquent, les rendements sont limités : même durant de bonnes années boursières, les avoirs LPP en assurance complète ne reçoivent qu’une rémunération modeste, dépassant à peine le minimum légal. Plusieurs assureurs ont d’ailleurs durci leurs conditions ces dernières années (critères d’admission plus stricts, primes de risque élevées) ou ont cessé de proposer de nouvelles solutions en assurance complète, face aux difficultés à générer assez de rendement pour financer ces garanties coûteuses.

  • Fondation collective semi-autonome : Dans ce modèle, l’entreprise et les assurés supportent une part du risque en cas de mauvaise performance des marchés, mais bénéficient directement des bonnes performances. La caisse de pension, n’ayant pas de garantie d’un assureur à financer, peut adopter une stratégie de placement plus audacieuse (avec une part d’actions plus importante, par exemple 30–50%). Lorsque les marchés sont favorables, les rendements se traduisent par une rémunération bien plus élevée des avoirs de vieillesse pour les assurés qu’en assurance complète. Sur le long terme, une solution semi-autonome performante peut ainsi offrir des prestations nettement supérieures. En revanche, le risque de sous-couverture existe : en cas de très mauvais résultats (crise financière majeure), la fondation pourrait se retrouver déficitaire et demander un plan d’assainissement (cotisations supplémentaires temporaires, réduction du taux d’intérêt voire adaptation du taux de conversion). Ce scénario reste rare et encadré, mais il doit être pris en compte dans le choix. Il existe par ailleurs plusieurs types de fondations semi-autonomes : certaines mutualisent tous les affiliés dans un même pool de placement (avec réserves collectives), d’autres – plus innovantes – segmentent par entreprise ou proposent même des placements individualisés par employeur. Dans ces modèles individualisés (par exemple la fondation collective VZ ou certaines fondations « 1e » pour cadres), chaque entreprise profite pleinement de son excédent de couverture et n’est pas pénalisée par les résultats des autres.

    En résumé, le semi-autonome augmente le potentiel de rendement au prix d’un léger partage des risques.

Quelle option privilégier ?

Cela dépend du profil de risque de votre entreprise et de vos priorités.

Une PME très averse au risque, souhaitant une stabilité totale, penchera peut-être pour l’assurance complète. À l’inverse, une entreprise qui veut optimiser au maximum les prestations de retraite de ses employés et est prête à accepter la volatilité des marchés en contrepartie, s’orientera vers une bonne fondation semi-autonome.

Notons que de nombreuses PME ont ces derniers temps quitté les solutions 100% assurées (devenues coûteuses) pour rejoindre des fondations collectives semi-autonomes plus avantageuses. Dans tous les cas, il n’y a pas de solution universelle ; l’équilibre entre sécurité et performance doit être analysé au cas par cas.

Un conseiller LPP expérimenté pourra vous aider à évaluer ce rapport sécurité/rendement afin de déterminer le modèle le mieux adapté à vos besoins spécifiques.

Démarches pour optimiser la LPP de votre entreprise

Vous vous demandez concrètement comment procéder pour comparer et améliorer votre caisse de pension ? Voici quelques conseils pratiques d’expert :

  1. Faites le point sur votre caisse actuelle – Rassemblez les informations clés de votre institution de prévoyance actuelle : taux d’intérêt crédités ces dernières années, taux de conversion appliqué, niveau des frais facturés à l’entreprise et aux assurés, degré de couverture, part d’actifs/actions dans la stratégie de placement, etc. Demandez les rapports annuels ou fiches techniques de la caisse : ils contiennent ces indicateurs. Informez-vous également sur les prestations offertes (possibilités de choix de plan, flexibilités, services numériques…). Cette première étape permet d’établir un diagnostic de la compétitivité de votre solution actuelle.

  2. Comparez avec d’autres caisses du marché – Sur la base de ces critères, sollicitez des offres ou renseignez-vous sur d’autres caisses de pension, surtout si certains voyants sont au rouge (faible intérêt crédité, frais élevés, etc.). Vous pouvez utiliser les classements et études existants comme point de repère objectif. Par exemple, le Classement des caisses de pension 2025 de VZ fournit des benchmarks utiles sur les taux d’intérêt, frais et taux de conversion de plus de 30 grandes fondations collectives. De même, les distinctions annuelles (SonntagsZeitung/Weibel Hess) signalent des caisses exemplaires : Profond est fréquemment citée pour son rendement élevé (elle a remporté 16 fois le prix de la meilleure rémunération sur 10 ans, avec une moyenne de 3,2%/an sur 2014–2023, bien au-dessus de la moyenne du marché), tandis que d’autres comme Patrimonia sont reconnues pour leur gestion parcimonieuse des coûts.

    N’hésitez pas à faire jouer la concurrence en demandant des comparatifs personnalisés – de nombreux courtiers ou conseillers proposent des simulations gratuites pour vous montrer les économies potentielles. Par exemple, VZ indique qu’une analyse de caisse de pension peut révéler combien votre entreprise pourrait économiser en changeant de solution.

  3. Tenez compte de la structure et des besoins de votre entreprise – Le choix doit être cohérent avec votre masse salariale (âge moyen, niveau des salaires, mobilité, etc.) et vos valeurs. Une entreprise comptant beaucoup de jeunes employés profitera davantage d’une caisse offensive (hauts rendements, actions) qu’une entreprise dont le personnel est proche de la retraite. De même, pour attirer et fidéliser des talents, des prestations surcomplémentaires pour les cadres (plans 1e, options de rachat, etc.) peuvent constituer un plus. La propension au risque des dirigeants entre aussi en ligne de compte : êtes-vous prêt à accepter de possibles fluctuations et mesures d’assainissement exceptionnelles en échange de meilleures performances en moyenne ? Ou privilégiez-vous la stabilité absolue quitte à verser un peu plus et à obtenir un rendement minimal ? Il s’agit d’un arbitrage stratégique propre à chaque entreprise.

    Faites-vous conseiller si nécessaire pour bien évaluer ces paramètres.

  4. Impliquer la commission de prévoyance / les employés – Si votre entreprise dispose d’une commission de prévoyance (représentants de l’employeur et des salariés pour le 2ᵉ pilier), impliquez-la dans le processus. Les employés, bien que souvent peu au fait des subtilités de la LPP, sont directement concernés par les prestations futures. Expliquez-leur les enjeux et éventuels changements : par exemple, un changement de caisse de pension peut améliorer leur épargne retraite ou leur offrir plus de choix (p. ex. options de placement individuelles). En les associant aux réflexions, vous assurez de la transparence et favorisez l’acceptation d’une éventuelle transition.

  5. Planifier la transition avec soin – Si vous décidez de changer de caisse de pension, sachez que le processus doit respecter certains préavis et procédures. Généralement, les contrats LPP se renouvellent d’année en année ; une dénonciation doit être faite quelques mois à l’avance (souvent avant le 30 septembre pour une sortie en fin d’année, par exemple). Coordonnez-vous avec la nouvelle institution pour organiser le transfert des avoirs des employés et l’adhésion sans discontinuité de couverture. Veillez aussi à informer chaque collaborateur du changement, et à clôturer proprement les comptes de l’ancienne caisse (certificats de prestation de sortie, etc.). Avec une bonne planification, la transition se fait de manière fluide et sécurisée.

  6. Suivi régulier et ajustements – Optimiser sa caisse de pension n’est pas un exercice ponctuel à faire une fois pour toutes. Le monde de la prévoyance évolue (réformes législatives, variations des taux techniques, nouvelles offres plus performantes, etc.). Il est judicieux de réévaluer tous les quelques années si votre solution reste compétitive. Par exemple, si votre caisse actuelle verse des intérêts nettement en dessous de la moyenne du marché plusieurs années de suite, ou augmente ses frais, c’est un signal pour reconsidérer la question. Restez également informé des réformes LPP en cours (comme la réforme prévue en 2024–2025) qui pourraient modifier les paramètres (taux de conversion légal, seuils d’adhésion, etc.), afin d’anticiper leur impact sur votre plan de prévoyance.

Conclusion

Optimiser la caisse de pension de son entreprise est un levier important tant pour la santé financière de l’entreprise que pour la qualité des retraites de vos collaborateurs. Nous avons vu qu’entre deux caisses de pension, les différences peuvent être énormes : un employé peut percevoir jusqu’à deux fois plus de rendement dans une caisse performante par rapport à une autre, et un employeur peut économiser des dizaines de milliers de francs par an en frais en choisissant une institution plus efficiente. Dès lors, ne pas se contenter de la solution en place « par défaut » mais adopter une démarche proactive de comparaison est le comportement d’une entreprise avisée.

Naturellement, le choix d’une caisse de pension doit se faire de manière documentée et en tenant compte des obligations légales. Les exemples et chiffres cités montrent qu’il existe des caisses de pension de premier plan en Suisse, primées pour leur rendement élevé (par ex. Profond) ou leurs faibles coûts (par ex. Patrimonia). S’inspirer de ces meilleures pratiques et solliciter des conseils indépendants peut vous guider vers une solution optimale, parfaitement adaptée au profil de votre entreprise.

En fin de compte, optimiser sa LPP n’est pas qu’une question de chiffres : c’est aussi un engagement envers ses collaborateurs. Une meilleure caisse de pension signifie plus de sécurité et de confort pour vos employés à la retraite, ce qui peut renforcer leur motivation et leur loyauté dès aujourd’hui.

C’est un investissement gagnant-gagnant sur le long terme. En tant que conseiller LPP, mon conseil est clair : prenez le temps de comparer, de vérifier les sources et chiffres, et de faire les choix qui garantiront le meilleur avenir pension pour votre entreprise et vos salariés. Les bénéfices en valent largement l’effort !

Sources : Les informations et données chiffrées de cet article proviennent de sources spécialisées et récentes, notamment l’étude Swisscanto 2025 sur les caisses de pension, le classement 2025 des caisses de pension VZ (vermoegenszentrum.ch vermoegenszentrum.ch), ainsi que des publications d’institutions de prévoyance suisses (Profond, Patrimonia, etc.) et de conseillers en prévoyance professionnelle. Chaque donnée citée est référencée afin de garantir l’exactitude et la transparence de ce comparatif de la prévoyance professionnelle en Suisse.

Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Expert en prévoyance LPP et Libre Passage

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Comment retrouver ses avoirs LPP ? (Guide complet 2026)

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COMMENT RETROUVER AVOIRS LPP DEMARCHES

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Retrouver vos avoirs LPP oubliés : l’essentiel

  • Où sont-ils ? Dans une caisse de pension, un compte de libre passage ou par défaut à la Fondation institution supplétive.
  • Pourquoi oubliés ? Changements d’employeurs, départ à l’étranger, périodes de chômage ou données de contact non mises à jour.
  • Qui contacter ? La Centrale du 2e pilier (officiel, gratuit), vos anciens employeurs, ou utilisez un service en ligne rapide comme suisselibrepassage.ch.
  • Délai moyen : Centrale ≈ 3 mois par courrier, services spécialisés ≈ 2 à 48h par email.
  • Coût : la recherche est 100% gratuite. Méfiez-vous des offres payantes inutiles.
  • Et après ? Regroupez vos comptes, transférez vos avoirs vers un libre passage plus performant, ou planifiez un retrait si vous êtes éligible.

Ne laissez pas vos économies dormir à faible taux. Retrouvez vos avoirs LPP gratuitement et optimisez-les dès aujourd’hui avec nos experts.

Chaque année en Suisse, des milliards de francs d’avoirs LPP (2ème pilier) restent non réclamés par leurs bénéficiaires. Ces fonds « oubliés » dorment le plus souvent sur des comptes de libre passage, faute pour leurs titulaires d’en avoir demandé le transfert ou le versement. La bonne nouvelle, c’est que vos avoirs LPP ne sont jamais perdus définitivement : il existe des démarches simples et gratuites pour les localiser et les récupérer, même après de longues années.

Envie de retrouver vos avoirs LPP rapidement ? Suivez ce guide ultime qui répond à toutes vos questions : qui contacter, comment procéder, combien de temps cela prend, est-ce payant, combien pouvez-vous récupérer, et que faire une fois vos avoirs identifiés. Nous vous indiquons également une méthode en ligne, gratuite et sécurisée pour effectuer la recherche sans effort, via le service suisselibrepassage.ch .

Ne laissez pas votre 2ème pilier dormir inutilement : ce guide vous aide à récupérer votre argent et à optimiser votre prévoyance professionnelle !

À retenir (points clés)

  1. Vos avoirs LPP ne sont pas perdus pour toujours : en cas d’inactivité, ils sont transférés sur un compte de libre passage à votre nom (souvent à la Fondation Institution supplétive LPP). Ils y restent jusqu’à ce que vous les réclamiez.

  2. Plus de 13 milliards de CHF d’avoirs du 2ème pilier seraient aujourd’hui non réclamés, répartis sur environ 1,3 million de comptes oubliés, vous n’êtes donc pas seul dans ce cas !

  3. Retrouver ses avoirs LPP est gratuit : la Centrale du 2ème pilier (organe officiel) effectue les recherches sans frais pour les assurés. Des services en ligne gratuits peuvent aussi vous assister dans ces démarches.

  4. Plusieurs interlocuteurs peuvent vous aider : anciens employeurs, Centrale du 2e pilier, Fondation supplétive LPP… (voir détails plus bas). La solution la plus simple et rapide est souvent de passer par un service en ligne spécialisé comme suisselibrepassage.ch, qui s’occupe de tout pour vous.

  5. Pourquoi récupérer vos avoirs ? Même de petits montants accumulés peuvent représenter plusieurs milliers de francs qui vous appartiennent de droit. Cet argent peut financer vos projets ou être mieux placé pour fructifier. Ne laissez pas dormir ces fonds !

Passons maintenant en revue chaque aspect de la recherche de vos avoirs du 2ème pilier, étape par étape.

Que sont les avoirs LPP et où se trouvent-ils ?

Les avoirs LPP représentent le capital de prévoyance professionnelle (2ème pilier) que vous avez accumulé tout au long de votre vie active. Dès que vous travaillez plus de 3 mois en Suisse pour un employeur, vous et votre entreprise cotisez chaque mois à une caisse de pension au titre du 2ème pilier. Ces cotisations lpp (bonifiées d’intérêts) constituent votre avoir LPP, destiné à vous assurer un revenu complémentaire à la retraite.

Vos avoirs LPP sont normalement conservés dans la caisse de pension de votre employeur tant que vous travaillez pour celui-cihellosafe.ch. En cas de changement d’emploi, votre avoir LPP est transféré à la caisse de pension de votre nouvel employeur. Jusqu’ici, rien ne se “perd” : vos fonds suivent votre parcours professionnel.

En revanche, si vous quittez votre employeur sans en rejoindre un autre en Suisse (par exemple si vous partez à l’étranger, devenez indépendant, ou prenez une pause prolongée), alors c’est à vous de transférer vos avoirs LPP sur un compte de libre passage de votre choix. Un compte de libre passage (ou une police de libre passage) est un compte spécial bloqué à votre nom, hébergé par une banque ou une fondation de libre passage, où votre capital LPP reste en dépôt jusqu’à la retraite ou jusqu’à un retrait anticipé autorisé.

Bon à savoir : Si vous ne faites aucune démarche dans les 2 ans après avoir quitté votre emploi, votre caisse de pension transférera automatiquement vos avoirs LPP sur un compte de libre passage par défaut à la Fondation Institution supplétive LPP. Cette fondation, mandatée par la Confédération, accepte toutes les entreprises et particuliers sans affiliation ailleurs et gère les avoirs de libre passage non réclamés. En pratique, cela signifie que vos avoirs “orphelins” seront centralisés là-bas au bout de 6 à 24 mois d’inactivité sur votre 2e pilier.

👉 En résumé, vos avoirs LPP peuvent se trouver:

  • Dans la caisse de pension de votre employeur actuel (si vous êtes salarié).

  • Dans la caisse de pension de votre nouvel employeur (si vous avez changé d’entreprise).

  • Sur un compte de libre passage (si vous n’êtes plus affilié à une caisse de pension active).

Dans le dernier cas, le compte de libre passage peut être auprès d’une banque, d’une institution de prévoyance, ou à défaut à la Fondation supplétive LPP (compte “parking” automatique). C’est souvent sur ce type de compte que l’argent est “oublié”, surtout si vous avez eu plusieurs changements de situation. Rassurez-vous toutefois : même si vous n’avez pas suivi vos avoirs LPP à la trace, votre argent vous attend patiemment sur l’un de ces comptes, avec intérêts (certes, le taux de base est faible : par ex. 0,40% en 2025 sur le compte supplétif.

Pourquoi peut-on perdre la trace de ses avoirs LPP ?

Il est rare de “perdre” définitivement son 2ème pilier, mais il est très courant d’en oublier l’existence ou l’emplacement exact. Vous pourriez ne plus savoir où se trouvent une partie de vos avoirs LPP dans plusieurs situations :

  • Changements d’employeur multiples : À chaque nouvel emploi, vos avoirs sont censés être transférés. Si, par négligence ou manque d’information, un transfert n’a pas été fait ou suivi, vos anciens avoirs peuvent être restés sur un compte de libre passage sans que vous en ayez conscience. Après plusieurs jobs, on peut perdre le fil des différentes caisses de pension.

  • Départs à l’étranger : Si vous avez travaillé en Suisse puis êtes parti vivre à l’étranger, vous avez dû sortir du système LPP actif. Vos avoirs ont pu rester bloqués en Suisse sur un compte de libre passage (surtout si vous n’avez pas demandé un paiement en espèces lors d’un départ hors UE/AELE). Avec le temps et la distance, il est facile d’égarer ces avoirs.

  • Périodes d’indépendance ou de chômage : En devenant travailleur indépendant, vous n’êtes plus obligé de cotiser au 2e pilier. Vos fonds accumulés précédemment ont dû être transférés sur un compte de libre passage. Idem en cas de chômage prolongé ou de congé sabbatique. Occuper divers statuts peut conduire à plusieurs comptes LPP dispersés qu’on n’a pas toujours regroupés.

  • Méconnaissance du système suisse : Pour certains (notamment les frontaliers ou expatriés de passage), le fonctionnement de la prévoyance suisse n’est pas clair. On ignore qu’il faut transférer son avoir LPP, ou on oublie de le faire dans les délais. Résultat : l’argent finit sur un compte par défaut (fondation supplétive) et on n’en suit plus l’existence.

  • Données de contact obsolètes : Vous avez pu changer de nom, d’adresse ou d’état civil sans le signaler à vos caisses de pension. Elles n’ont alors plus pu vous contacter et ont classé vos avoirs en “perdus de vue”. Par exemple, un courrier de la caisse de pension peut ne jamais vous être parvenu après votre départ.

Les avoirs LPP oubliés peuvent-ils être définitivement perdus ?
Rassurez-vous : non. Même si vous avez laissé des fonds “dormir” pendant des décennies, votre 2ème pilier vous appartient toujours. L’argent reste la propriété de l’assuré ou de ses ayants droit. La Fondation supplétive LPP conserve les avoirs non réclamés sans limite de temps et vous les restitue sur demande. Il n’y a donc pas de date d’expiration de vos droits ! Toutefois, plus vous attendez, plus votre argent stagne à un faible taux d’intérêt. Il est donc conseillé de rechercher vos avoirs dès que possible, pour éventuellement les placer sur un compte plus rémunérateur.

En résumé, on “perd la trace” de ses avoirs LPP par oubli, négligence ou manque d’information, mais pas par disparition de l’argent. Ce dernier attend simplement que vous le retrouviez. Voyons justement qui contacter et comment procéder pour localiser ces avoirs oubliés.

À qui s’adresser pour retrouver ses avoirs LPP ?

Plusieurs interlocuteurs peuvent vous aider à retrouver vos avoirs LPP dispersés :

  • Vos anciens employeurs et leurs caisses de pension : C’est un point de départ logique. Vous pouvez contacter directement les ressources humaines de vos anciens employeurs pour demander à quelle institution de prévoyance (caisse LPP) vos cotisations étaient versées à l’époque. En fournissant vos dates d’emploi, ils devraient pouvoir vous renseigner sur la caisse de pension concernée. Vous pourrez alors contacter cette caisse pour savoir si un compte de libre passage existe à votre nom. Avantage : vous obtenez l’information “à la source” pour chaque emploi. Inconvénient : démarche potentiellement longue et fastidieuse si vous avez eu de nombreux employeurs, ou si certaines entreprises ont fermé/disparu.

  • La Caisse AVS de vos anciens employeurs : Variante de la méthode ci-dessus, vous pouvez aussi interroger les caisses AVS compétentes (celles où cotisaient vos employeurs). Elles connaissent généralement l’organisme de prévoyance auquel chaque employeur était affilié. Cela peut vous orienter vers la caisse LPP à contacter pour vos avoirs.

  • La Centrale du 2ème pilier : Il s’agit de l’organe officiel de liaison chargé d’aider les assurés à localiser leurs avoirs de prévoyance professionnelle oubliés. Créée en 1999 et gérée par le Fonds de garantie LPP, la Centrale du 2e pilier dispose d’une base de données alimentée par les caisses de pension elles-mêmes. En effet, les institutions de prévoyance doivent déclarer régulièrement à la Centrale les avoirs dont elles ont perdu le contact avec l’assuré. La Centrale peut ainsi vous dire dans quelle caisse se trouvent vos avoirs non réclamés. C’est généralement l’interlocuteur principal à contacter. Nous détaillons plus bas les démarches auprès de cette Centrale.

  • La Fondation Institution supplétive LPP : Cette fondation publique gère les comptes de libre passage non réclamés transférés par les caisses de pension faute d’instructions. Vous pouvez vous adresser à elle directement pour savoir si un compte existe à votre nom chez eux (par exemple si vous suspectez que de l’argent y a été versé par défaut après 2 ans sans nouvelles). Un simple appel ou formulaire auprès de la fondation peut permettre de vérifier votre présence dans leurs fichiers. Limite : la fondation supplétive ne couvre évidemment que les avoirs déjà arrivés chez elle. Si vos fonds sont encore dans une autre caisse en attente, elle ne pourra pas le savoir.

  • Un service de recherche en ligne (gratuit) : Depuis quelques années, des plateformes spécialisées aident les particuliers à retrouver leurs avoirs LPP, en simplifiant les démarches. Par exemple, suisselibrepassage.ch offre un service en ligne gratuit et rapide pour rechercher vos 2e piliers oubliés sur tout le territoire. Concrètement, ces services se chargent de centraliser vos informations (ancien employeur, numéros AVS, etc.) et d’envoyer pour vous une demande officielle à la Centrale du 2e pilier et aux organismes concernés. Avantage : gain de temps et expertise (la demande est faite correctement, vous évitant les allers-retours administratifs), réponse rapide souvent par email. Coût : généralement gratuit (le modèle économique étant souvent de vous proposer ensuite des conseils de placement, sans obligation).

    Exemple : en passant par suisselibrepassage.ch, vous pouvez obtenir en 1 à 3 mois une réponse indiquant où sont vos avoirs. Nous vous expliquons dans la suite comment fonctionnent ces services.


    RETROUVER SES AVOIRS LPP

En résumé, deux grandes approches s’offrent à vous : soit faire les recherches vous-même (contacter employeurs, fondation supplétive, puis faire une demande à la Centrale du 2e pilier), soit confier cette recherche à un service dédié (qui utilisera de toute façon la Centrale, mais vous épargnera les démarches). Dans les deux cas, la recherche d’avoirs LPP est gratuite, seule la rapidité et la simplicité diffèrent.

Pour vous aider à choisir, voici un tableau comparatif des options :

Comparatif des méthodes de recherche des avoirs LPP

MéthodeDélai moyenCoûtAvantagesInconvénients
Contacter ses anciens employeursVariable (jours à semaines selon réactivité)GratuitInformation à la source pour chaque emploi passé.Démarches multiples, surtout si plusieurs employeurs. Chaque contact doit être répété.
Contacter chaque caisse de pension connueVariable (jours à semaines)GratuitPermet de faire le lien direct avec la caisse détenant potentiellement l’avoir.Nécessite d’avoir conservé les coordonnées de chaque caisse ou de les retrouver via l’employeur. Fastidieux.
Demander à la Caisse AVS de l’ancien employeurVariable (quelques jours)GratuitPeut indiquer l’institution de prévoyance associée à l’employeur, utile si vous ne la connaissez pas.Ne fournit qu’une orientation (nom de la caisse LPP), pas le détail de vos comptes. Il faudra ensuite contacter la caisse.
Centrale du 2e pilier (recherche officielle)~3 mois (environ 90 jours)GratuitDémarche centralisée : une seule demande pour interroger 1’500+ institutions.Délai long (réponse par courrier). Formulaire à imprimer, signer et envoyer (démarche un peu administrative).
Fondation supplétive LPP (demande ciblée)Quelques semaines (variable)GratuitPermet de savoir si vous avez un compte par défaut ouvert à votre nom (après 6-24 mois sans transfert).Ne couvre qu’une partie des avoirs (ceux déjà transférés à la fondation). Risque d’attente si la fondation est très sollicitée.
Service en ligne spécialisé (ex: suisselibrepassage.ch)Quelques heures (2 à 48h)GratuitSimplissime : un formulaire web unique. Rapide : retour souvent sous 24h. Accompagnement personnalisé (conseils).RAS – Service gratuit et sécurisé, le seul « effort » est de fournir vos informations de base. (Attention à choisir un service sérieux et agréé.)

(Tableau : comparaison des options pour rechercher des avoirs LPP oubliés.)

Comme on le voit, la voie officielle via la Centrale du 2e pilier est incontournable pour interroger l’ensemble des caisses de pension suisses. Mais passer par un intermédiaire en ligne permet de réduire considérablement les délais et de simplifier la procédure, sans frais supplémentaires. À vous de voir si vous préférez tout faire vous-même pas à pas, ou déléguer cette tâche administrative.

Dans la section suivante, nous détaillons précisément les démarches à effectuer pour retrouver vos avoirs LPP, notamment la procédure standard via la Centrale du 2e pilier.

Quelles démarches pour rechercher ses avoirs LPP ?

Démarche officielle auprès de la Centrale du 2ème pilier (étapes)

Si vous optez pour la voie « classique », voici comment se déroule la recherche d’avoirs LPP via la Centrale du 2e pilier :

  1. Rassembler les informations nécessaires – Avant tout, préparez les renseignements d’identité qui seront demandés : vos nom, prénom, date de naissance, votre adresse actuelle, et surtout votre numéro AVS (format à 13 chiffres commençant par 756…). Le formulaire pourra aussi vous demander d’indiquer vos anciens employeurs et périodes d’activité en Suisse. Munissez-vous également de votre certificat d’assurance LPP ou d’anciennes fiches de salaire si vous les avez, cela peut aider en cas de recherche approfondie.

  2. Remplir le formulaire officiel de recherche – Rendez-vous sur le site de la Centrale du 2e pilier (gérée par le Fonds de garantie LPP) et téléchargez le formulaire de recherche d’avoirs LPP. Vous pouvez le remplir en ligne ou à la main. Important : une fois rempli, imprimez-le et signez-le. La Centrale n’accepte pas encore l’envoi électronique direct : vous devrez envoyer le formulaire signé par courrier postal ou e-mail (scanné) à l’adresse indiquée.

    Astuce : certains services en ligne comme suisselibrepassage.ch  proposent de pré-remplir ce formulaire en ligne pour vous et de le transmettre électroniquement – un gain de temps appréciable si vous n’êtes pas à l’aise avec les formalités.

  3. Attendre la recherche (patience…) – Une fois votre demande reçue, la Centrale du 2e pilier va comparer vos données avec les déclarations d’avoirs oubliés fournies par plus de 1 500 institutions de prévoyance suisse. C’est un processus qui prend du temps : en général, comptez environ 2 à 3 mois pour recevoir une réponse. La réponse vous sera envoyée par courrier postal (à l’adresse que vous avez fournie dans le formulaire). Durant ce délai, la Centrale peut éventuellement vous contacter pour demander des documents complémentaires si nécessaire (par ex. une copie de pièce d’identité, un extrait de compte individuel AVS, etc., afin de confirmer certaines informations).

  4. Recevoir les résultats de la recherche – La lettre de réponse de la Centrale vous indiquera le nom de la (ou des) caisse(s) de pension où des avoirs à votre nom ont été retrouvés. Par exemple, elle pourrait mentionner que vous possédez un compte de libre passage auprès de Banque X, Fondation Y ou Institution supplétive LPP, avec éventuellement les coordonnées de contact. Félicitations, vous avez localisé vos fonds !

  5. Contacter l’institution détentrice de vos avoirs – Cette étape vous incombe de nouveau : une fois que vous savez où se trouve votre argent, vous devez prendre contact avec la caisse de pension ou la fondation concernée pour faire valoir vos droits. En les contactant, vous pourrez demander soit le transfert de vos fonds sur un compte de votre choix (par ex. ouvrir un nouveau compte de libre passage plus avantageux), soit – si vous remplissez les conditions – un paiement en espèces (par ex. si vous avez définitivement quitté la Suisse ou si vous avez atteint l’âge de la retraite, etc.). L’institution vous guidera sur les démarches (formulaire de paiement, justificatifs, etc.).

Attention : Retrouver l’institution où se trouvent vos avoirs LPP ne signifie pas que vous pourrez forcément les retirer immédiatement en cash. La caisse de pension appliquera les règles légales en vigueur pour tout versement. En dehors des cas prévus (retraite, départ définitif de Suisse, achat de résidence principale, lancement d’une activité indépendante, etc.), vos avoirs restent en principe bloqués jusqu’à la retraite. Cependant, vous avez toujours le droit de transférer ces avoirs sur le compte de libre passage de votre choix, ou vers la caisse de pension de votre nouvel employeur. En clair : vous récupérerez bien la maîtrise de votre argent, mais son décaissement dépendra de votre situation et de la loi.

Exemple concret :

Imaginons que vous ayez travaillé en Suisse il y a 10 ans pour l’Entreprise ABC SA puis que vous soyez parti à l’étranger sans vous occuper de votre LPP. Inquiet, vous remplissez une demande à la Centrale du 2e pilier. Après quelques semaines, on vous informe que 5’000 CHF d’avoirs vous attendant sur un compte de libre passage à la Fondation Institution supplétive LPP. Vous contactez alors la Fondation supplétive, qui confirme et vous envoie les documents pour prouver votre identité et soit transférer ces 5’000 CHF sur un compte bancaire de libre passage de votre choix, soit entamer une procédure de retrait (par exemple si vous remplissez les conditions pour un paiement anticipé). Vous décidez d’ouvrir via suisselibrepassage.ch un nouveau compte de libre passage mieux rémunéré afin d’y rapatrier vos 5’000 CHF. Mission accomplie : vos avoirs ne sont plus “perdus” et travaillent de nouveau pour vous.

Démarches via un service en ligne (alternative simplifiée)

Si la procédure ci-dessus vous semble fastidieuse (imprimer, poster un formulaire et attendre 3 mois une lettre), sachez que des services en ligne gratuits peuvent réaliser ces démarches à votre place, de façon accélérée.

Par exemple, en utilisant suisselibrepassage.ch, il vous suffit de remplir un formulaire web sécurisé en 3 minutes avec vos informations de base. L’équipe transmet aussitôt une demande officielle à la Centrale du 2e pilier en votre nom. Vous n’avez pas besoin de vous charger de l’envoi ni des relances. Sous 2 à 48 heures, suisselibrepassage vous recontacte (par email ou téléphone) en vous communiquant précisément la liste des institutions où se trouvent vos avoirs LPP. Ce service inclut en plus une analyse personnalisée : ils vous conseillent sur la meilleure façon de récupérer ou d’optimiser ce capital (par exemple ouvrir un compte de libre passage plus performant). Tout cela est gratuit, sans engagement.

👉 Concrètement, passer par un service comme suisselibrepassage.ch revient au même que la démarche officielle (puisque la recherche se fait toujours via la Centrale du 2e pilier), mais vous déléguez la paperasse et profitez d’un retour beaucoup plus rapide. C’est donc une excellente solution si vous manquez de temps ou souhaitez être accompagné. Bien entendu, libre à vous d’effectuer la recherche par vous-même ; l’important est de ne pas renoncer à vos avoirs sous prétexte de complexité administrative.

Combien de temps pour retrouver ses avoirs LPP ?

Le délai pour localiser vos avoirs LPP dépend de la méthode utilisée :

  • Via la Centrale du 2e pilier (démarche directe) : Préparez-vous à patienter environ 3 mois en moyenne pour recevoir le résultat. Officiellement, le Fonds de garantie LPP indique un délai de réponse pouvant aller jusqu’à 90 jours (parfois 4 mois si la demande est complexe). Cela s’explique par le nombre d’institutions à interroger et le traitement manuel des demandes. En 2024, les délais se situent entre 90 et 120 jours.

  • Via vos propres recherches (employeurs, caisses) : Cela peut être très variable. Si vous n’avez eu qu’un ou deux employeurs, quelques coups de téléphone ou emails pourraient suffire en quelques jours. En revanche, avec un parcours plus long, vous pourriez y passer plusieurs semaines, le temps que chaque interlocuteur vous réponde. C’est moins “garanti” en termes de délai.

  • Via un service en ligne (ex: suisselibrepassage) : Dans la plupart des cas, ces services annoncent un retour rapide, souvent rapidement. Par exemple, suisselibrepassage.ch indique un temps moyen de réponse de 3 mois  seulement ! Comment est-ce possible ? Tout simplement parce qu’ils traitent votre demande immédiatement et possèdent des relais auprès des organismes concernés, là où votre formulaire papier pourrait mettre du temps à être traité. De plus, ils vous informent dès qu’une correspondance est trouvée, sans attendre le courrier officiel complet.

Quoi qu’il en soit, prenez les devants le plus tôt possible. Plus vous lancez la recherche tôt, plus vite vous récupérerez la maîtrise de vos avoirs. N’attendez pas la veille de la retraite pour vous préoccuper de vos anciens 2e piliers !

La recherche d’avoirs LPP est-elle payante ?

Non, la recherche de vos avoirs LPP est entièrement gratuite. Que vous passiez par la Centrale du 2e pilier directement ou par un intermédiaire sérieux, vous n’aurez aucun frais à payer. Le service public de la Centrale est financé par le Fonds de garantie LPP, et il ne vous coûte rien du tout.

Faites toutefois attention : il existe sur le marché quelques sociétés privées qui proposent de retrouver vos avoirs LPP moyennant des honoraires ou une commission. Bien que rien n’interdise à une entreprise de vous facturer un tel service d’accompagnement, ce n’est pas une nécessité de payer puisque, encore une fois, la démarche en elle-même est gratuite. Ces sociétés mettent généralement en avant l’argument du gain de temps et de la simplicité. Si vous décidez d’en engager une, lisez bien les conditions (certaines pourraient prélever un % de vos avoirs retrouvés, ce qui est rarement justifié vu la relative simplicité de la procédure).

Notre conseil 🎗️: privilégiez les solutions gratuites. Par exemple, suisselibrepassage.ch est gratuit, rapide et sans engagement. De même, la plupart des fondations de libre passage ou courtiers en prévoyance offrent ce service sans frais, espérant en retour vous conseiller sur la gestion future de vos avoirs (ouverture d’un compte, etc.). Profitez-en !

En résumé, n’ouvrez jamais votre porte-monnaie juste pour “chercher” vos avoirs LPP. Gardez vos sous pour vous : la recherche ne doit rien vous coûter.

Après avoir retrouvé vos avoirs LPP : que faire ?

Félicitations, vous avez identifié où se cachent vos avoirs du 2ème pilier oubliés. Il s’agit maintenant de décider quoi en faire afin d’optimiser votre prévoyance et, éventuellement, d’en disposer. Voici les principales actions à envisager une fois vos avoirs localisés :

  • Regroupement et consolidation : Si vous découvrez que vous avez plusieurs comptes de libre passage ouverts (par exemple un chez une banque, un à la Fondation supplétive, etc.), il peut être judicieux de regrouper tous ces avoirs sur un seul compte. Cela vous simplifiera le suivi, et vous évitera des frais multiples. Vous pouvez choisir la fondation ou la banque de libre passage de votre choix et demander le transfert de tous vos avoirs vers cette institution. Centraliser vos fonds pourrait aussi vous donner accès à de meilleures conditions (taux d’intérêt plus intéressant sur un compte de plus grande taille, offres de placement, etc.).

  • Choisir un compte de libre passage performant : Par défaut, l’argent transféré d’office (par ex. à la Fondation supplétive LPP) est souvent placé à un taux minimal (0,01 à 0,25%) et sur un compte très basique. Or, de nombreuses banques et fondations offrent des comptes de libre passage mieux rémunérés – certaines proposent même des solutions de placement en fonds, pouvant générer 2 à 5% de rendement par an sur le long terme. Il peut donc être profitable de transférer vos avoirs vers un compte plus avantageux une fois que vous les avez retrouvés. Suisselibrepassage.ch peut d’ailleurs vous conseiller à ce sujet et vous aider à ouvrir  un compte de libre passage optimisé pour vos fonds. N’hésitez pas à comparer les taux et prestations (frais, assurance des dépôts, options d’investissement) avant de choisir où placer votre 2e pilier en attente de la retraite.

  • Tenir compte de votre situation personnelle : Que vous fassiez ensuite de vos avoirs dépendra de votre contexte : êtes-vous proche de la retraite ? Avez-vous un nouvel employeur (auquel cas il faudra peut-être transférer ces avoirs dans sa caisse de pension) ? Ou bien avez-vous un projet comme l’achat d’un logement ou le lancement d’une entreprise (situations qui permettent parfois un retrait anticipé du 2e pilier) ? Analysez vos options. Par exemple :

    • Si vous allez bientôt prendre votre retraite, vous devrez décider si vous préférez laisser les fonds en compte jusqu’à la pension (ils seront alors versés sous forme de rente ou capital au moment venu), ou si vous souhaitez effectuer un rachat volontaire dans une nouvelle caisse si vous retravaillez.

    • Si vous avez quitté définitivement la Suisse, vous pouvez généralement retirer vos avoirs LPP en capital (une fois la recherche aboutie, faites la demande de versement en fournissant les justificatifs de sortie du territoire). Attention, cela peut entraîner une imposition à la source sur le capital prestation de sortie.

    • Si vous reprenez une activité salariée en Suisse, transférez sans tarder vos avoirs retrouvés vers la caisse de pension de votre nouvel employeur (c’est obligatoire afin de réunir votre prévoyance).

    • Si vous souhaitez acheter votre résidence principale ou créer votre entreprise, sachez que la loi autorise dans certains cas l’utilisation de l’avoir LPP (on parle d’encouragement à la propriété et d’encouragement à l’indépendance). Vous pourriez donc débloquer vos fonds à cette fin, si c’est pertinent pour vous. Dans tous les cas, rapprochez-vous de la caisse/fondation qui détient l’avoir pour connaître les formalités.

  • Informer vos proches et mettre de l’ordre : Maintenant que vous avez récupéré la maîtrise de vos avoirs LPP, pensez à mettre à jour vos documents. Informez par exemple votre banque ou gestionnaire de fortune de l’existence de ce compte de libre passage, incluez-le dans votre planification financière globale, et conservez bien les relevés. Si par malheur quelque chose devait vous arriver, vos proches sauront ainsi plus facilement que cet argent existe (par ailleurs, en cas de décès, l’avoir LPP est transmis à vos bénéficiaires selon des règles précises, donc mieux vaut qu’ils sachent le réclamer).

En bref, retrouver ses avoirs LPP n’est que la première étape. La suivante est de les mettre à profit intelligemment : ne les laissez pas de nouveau dormir oubliés ! Profitez de l’occasion pour optimiser votre prévoyance : un placement plus judicieux, un regroupement de comptes, ou une utilisation conforme à vos projets de vie.

Si vous ne savez pas quoi faire de ce capital fraîchement retrouvé, demandez conseil. Suisselibrepassage.ch, par exemple, propose un accompagnement pour analyser vos avoirs et vous suggérer les meilleures options (compte de libre passage à meilleur taux, rachat de 3e pilier, etc.). L’objectif est que chaque franc de votre 2e pilier travaille au mieux pour votre avenir.

Foire aux questions (FAQ)

Qui peut m’aider à retrouver mes avoirs LPP ?

Plusieurs organismes peuvent vous aider. En premier lieu, la Centrale du 2ème pilier (Fonds de garantie LPP) est l’organisme officiel qui centralise les déclarations d’avoirs oubliés et effectue gratuitement les recherches pour les assurés. Vous pouvez lui adresser une demande écrite (formulaire) et elle vous indiquera la caisse de pension où se trouvent vos fonds. D’autres acteurs peuvent être sollicités : vos anciens employeurs (et leurs caisses de pension) peuvent vous renseigner, de même que la Fondation supplétive LPP (qui gère les comptes non réclamés). Enfin, vous pouvez recourir à un service en ligne gratuit comme suisselibrepassage.ch, qui se charge des démarches auprès de la Centrale et accélère le processus. Ces services spécialisés sont souvent le moyen le plus simple et rapide d’obtenir de l’aide.

Combien de temps prend la recherche des avoirs du 2e pilier ?

Le délai dépend de la méthode utilisée. Directement via la Centrale du 2e pilier, il faut compter environ 3 mois pour recevoir la réponse officielle. Ce délai peut varier (parfois un peu moins, parfois jusqu’à 4 mois) en fonction du nombre de caisses à interroger et de la charge de travail de la Centrale. Si vous passez par vos propres recherches (employeurs, caisses), cela peut prendre de quelques jours à plusieurs semaines selon la réactivité des interlocuteurs.  Quoi qu’il en soit, armez-vous d’un peu de patience avec la procédure officielle, et n’attendez pas la dernière minute pour lancer les recherches.

La recherche d’avoirs LPP oubliés est-elle gratuite ?

Oui, totalement. Il n’y a aucun frais imposé pour faire rechercher vos avoirs de prévoyance. La Centrale du 2e pilier offre ce service gratuitement aux assurés. De même, la Fondation supplétive LPP ne facture rien pour vous dire si un compte existe à votre nom. Certains courtiers ou plateformes en ligne proposent ce service sans frais, car ils se rémunèrent autrement (par exemple en vous conseillant ensuite sur le transfert de vos fonds). Méfiez-vous simplement des entreprises qui voudraient vous facturer des montants élevés ou un pourcentage sur l’avoir retrouvé : ce n’est pas justifié puisque la procédure est gratuite. En choisissant un service en ligne gratuit et reconnu (tel que suisselibrepassage.ch), vous n’aurez rien à payer tout en simplifiant vos démarches.

Combien d’argent puis-je récupérer sur mon 2e pilier oublié ?

Vous pourrez récupérer l’intégralité de vos avoirs LPP oubliés, c’est-à-dire le capital accumulé + les intérêts courus pendant la période où l’argent est resté investi. Par exemple, si 10’000 CHF étaient sur un compte de libre passage depuis quelques années, vous récupérerez ces 10’000 CHF plus les intérêts annuels (même s’ils sont faibles, ils s’ajoutent). Il n’y a pas de « perte » de montant liée à l’oubli en lui-même – votre argent continue d’exister en votre faveur. En revanche, vous ne pourrez pas forcément le retirer immédiatement en cash. Tant que vous n’avez pas atteint l’âge de la retraite (ou un cas spécial de retrait anticipé), vos avoirs restent en principe bloqués dans le 2e pilier. Vous pouvez toutefois les transférer sur un compte à votre nom ou dans la caisse d’un nouvel employeur. Ce n’est qu’au moment admissible (retraite, départ définitif de Suisse, achat immobilier autorisé, etc.) que vous pourrez encaisser le montant en capital ou en rente. En somme, le montant à récupérer équivaut à 100% de vos avoirs personnels du 2e pilier, mais le timing du versement dépend des dispositions légales.

Que faire des avoirs LPP une fois retrouvés ?

Une fois que vous avez localisé vos avoirs LPP, il est recommandé de les consolider et les optimiser. Concrètement, vous devriez envisager d’ouvrir un compte de libre passage auprès d’une institution offrant de bonnes conditions (taux d’intérêt élevé, possibilités de placement) et d’y transférer vos avoirs retrouvés. Cela permettra à votre argent de mieux fructifier en attendant votre retraite. Si vous avez plusieurs comptes LPP, regroupez-les pour faciliter le suivi et éviter les oublis futurs. Ensuite, selon votre situation : si vous reprenez un travail en Suisse, transférez vos avoirs dans la nouvelle caisse de pension; si vous partez à la retraite, vous déciderez entre rente et capital; si vous êtes éligible à un retrait anticipé (départ à l’étranger, achat logement, etc.), vous pourriez utiliser les fonds selon vos besoins. L’important est de ne pas laisser l’argent dormir sur un compte par défaut à faible taux. Prenez le temps de planifier son utilisation optimale. N’hésitez pas à demander conseil à un expert en prévoyance pour choisir la meilleure option. Par exemple, suisselibrepassage.ch peut vous aider à ouvrir gratuitement un compte de libre passage mieux rémunéré et vous guider sur la suite (investissement, etc.). Autrement dit, donnez une seconde vie à vos avoirs LPP retrouvés en les intégrant pleinement dans votre stratégie financière.

J’ai travaillé en Suisse il y a longtemps : y a-t-il un délai limite pour réclamer mes avoirs ?

Non, il n’y a pas de délai de prescription pour réclamer vos avoirs LPP. Que vous les ayez oubliés depuis 5, 10 ou 30 ans, vous pouvez en tout temps entreprendre les démarches pour les retrouver et les récupérer. Les fonds non réclamés restent conservés (souvent à la Fondation supplétive LPP) jusqu’à manifestation du bénéficiaire, sans limite temporelle. La seule échéance à connaître est celle du transfert initial : vous aviez 2 ans pour indiquer une destination à vos avoirs après avoir quitté un emploi, sans quoi ils ont été transférés à la fondation supplétive. Mais une fois là-bas, ils vous attendent indéfiniment. Bien sûr, il est préférable de ne pas tarder des décennies, car pendant ce temps votre argent pourrait être mieux investi.

Mais légalement, vous ne “perdez” pas vos droits avec le temps. Donc, même si votre emploi en Suisse date de loin, il n’est pas trop tard pour récupérer votre 2e pilier !

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Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Expert en prévoyance LPP et Libre Passage

8 ans d’expérience dans le conseil financier en Suisse, spécialisé dans le 2e pilier et le libre passage. J’aide chaque client à faire les bons choix (fiscalité, investissement, retrait) pour sa retraite LPP, avec clarté, stratégie et impact.

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Comment choisir un compte de libre passage : Le guide complet de l’expert (2026)

Comment choisir un compte de libre passage : le guide complet de l’expert (2026)

COMMENT CHOISIR UN COMPTE DE LIBRE PASSAGE

SOMMAIRE :

TROUVEZ LE MEILLEUR LIBRE PASSAGE

Transférer votre 2e pilier après un changement d’emploi : l’essentiel

  • Délai légal : transférez votre avoir LPP sous 6 mois pour éviter l’envoi par défaut à l’institution supplétive.
  • Bonne solution, bon profil : compte bancaire (souple, peu rémunéré) ou assurance (garanties, règles plus strictes) — choisissez en fonction de votre horizon et tolérance au risque.
  • Fiscalité à anticiper : l’impôt au retrait varie selon le canton et le timing (fractionnement possible via 2 comptes pour lisser l’imposition).
  • Cas particuliers : chômage, passage à l’indépendance ou départ de Suisse impliquent des démarches et options différentes.
  • Checklist rapide : ouvrir le compte de destination, demander le transfert à l’ancienne caisse, vérifier frais/conditions et conserver les justificatifs.

Évitez le “parking” par défaut et l’impôt mal optimisé. Contactez nos experts pour un transfert clair, rapide et fiscalement avantageux.

Lorsqu’il s’agit de votre 2ème pilier en Suisse, mal choisir son compte de libre passage peut coûter très cher, que ce soit en termes de rendement manqué, de charges fiscales supplémentaires ou de flexibilité réduite sur vos options de sortie. Trop de personnes laissent par défaut leurs avoirs de prévoyance sur le premier compte venu et subissent un taux d’intérêt quasi nul. Par exemple, la Fondation institution supplétive LPP (où vos fonds vont si vous ne faites rien) ne versait que 0,01% d’intérêt en 2021, et près de 13 milliards de francs y dormaient ainsi à rendement quasi nul. Les conséquences à long terme peuvent être lourdes : un capital qui stagne au lieu de fructifier, une facture fiscale plus élevée au moment du retrait, ou des possibilités limitées pour utiliser ces fonds (par exemple pour un achat immobilier ou un départ à l’étranger). Il est donc stratégique de se pencher sérieusement sur le choix de son compte de libre passage dès que la situation l’impose.

Un choix avisé de compte de libre passage assure sérénité et rendement pour vos avoirs du 2e pilier. Un mauvais choix peut, au contraire, entraîner des pertes financières et des complications évitables.

 

Pourquoi choisir son compte de libre passage est une décision stratégique

Choisir son compte de libre passage ne devrait pas être fait à la légère, car il en va de la pérennité et de la croissance de votre épargne retraite du 2ème pilier. Rappelons que lors d’un départ de l’entreprise (démission, licenciement, pause de carrière, etc.), la loi suisse impose le transfert de votre avoir de caisse de pension vers une solution de libre passage. Si vous n’indiquez pas vous-même un compte de libre passage, votre ancienne caisse de pension transférera automatiquement votre avoir à l’Institution supplétive par défaut. Or, cette fondation nationale n’a pas pour vocation d’optimiser votre capital, ses taux sont extrêmement bas (aux alentours de 0,4%) et aucune stratégie de placement n’est proposée. En d’autres termes, laisser vos fonds sur la solution par défaut revient à laisser de l’argent sur la table en termes de rendement.

De plus, prendre les devants vous permet de garder la main sur des aspects cruciaux comme la fiscalité future et la souplesse d’utilisation des fonds. Par exemple, le choix de la fondation de libre passage (et donc de son canton de domiciliation) peut influencer les impôts prélevés lors du retrait de votre 2ème pilier. Le canton de Schwyz, par exemple, applique l’un des impôts à la source les plus bas de Suisse pour les retraits de capital de prévoyance. Transférer votre avoir LPP sur un compte de libre passage basé dans un canton à fiscalité avantageuse comme Schwyz peut vous faire économiser un montant non négligeable d’impôts lors de la sortie. Ce paramètre géographique est souvent ignoré, alors qu’il fait partie intégrante d’une stratégie optimale.

Enfin, choisir soigneusement son compte de libre passage est stratégique parce que chaque situation personnelle est différente. Un choix adapté à un collègue ne le sera pas forcément pour vous. Selon que vous prévoyez de retrouver un emploi rapidement ou non, de partir vous établir à l’étranger, ou d’approcher de la retraite, les critères à privilégier ne seront pas les mêmes. D’où l’importance de bien comprendre les critères essentiels de choix et, au besoin, de solliciter un conseil personnalisé. Vous sécuriserez ainsi votre épargne tout en lui donnant les meilleures chances de croître et d’être optimisée fiscalement.

Les critères essentiels pour bien choisir (rendement, fiscalité, sécurité, frais, accessibilité, support)

Afin de choisir le meilleur compte de libre passage en Suisse selon votre profil, il convient d’évaluer plusieurs critères essentiels. Chacun de ces aspects – rendement, fiscalité, sécurité, frais, accessibilité et support – joue un rôle clé dans la performance et la convenance de la solution choisie. Passons en revue ces critères un par un.

Rendement et options de placement

Le rendement est sans doute le critère le plus déterminant sur le long terme. Il s’agit de la capacité de votre compte de libre passage à faire fructifier votre avoir du 2ème pilier. Tous les comptes ne se valent pas : les taux d’intérêt “fonds en dépôt” varient de 0,01% à 0,05% (2025) à peine dans les banques traditionnelles ces dernières années. Autant dire que laissée en compte bancaire classique, votre épargne LPP ne croîtra quasiment pas (et pourra même s’éroder avec l’inflation). En revanche, certaines fondations de libre passage offrent des placements en titres (actions, obligations, fonds, etc.) plutôt qu’un simple dépôt. On parle parfois de dépôt de libre passage ou de compte de libre passage “investi”. Ces solutions permettent de viser un rendement annuel moyen de l’ordre de 3 à 5% sur le long terme selon le portefeuille choisi. La contrepartie est l’exposition aux fluctuations de marché : la valeur du compte peut monter ou baisser à court terme.

À retenir : plus votre horizon de placement jusqu’à la retraite est long, plus il peut être judicieux d’opter pour une stratégie de placement dynamique afin d’optimiser le rendement du 2ème pilier. Au contraire, pour un horizon très court (quelques mois à un an avant de réintégrer une caisse de pension, par exemple), la sécurité d’un compte à intérêt fixe (même faible) peut primer sur la performance.

Fiscalité et avantages cantonaux

Le volet fiscalité du 2ème pilier est un critère souvent sous-estimé. Pourtant, une bonne planification permet de minimiser l’impôt lors du retrait et d’exploiter les avantages légaux. D’abord, rappelons que durant la phase de libre passage, vos avoirs LPP sont exonérés d’impôt. Ni impôt sur la fortune ni impôt sur les revenus des intérêts ne sont dus tant que l’argent reste sur le compte de libre passage, l’imposition n’interviendra qu’au moment du retrait effectif du capital. Ensuite, l’impôt prélevé lors du retrait dépend de plusieurs facteurs : votre canton de domicile (ou de domiciliation de la fondation si vous êtes non-résident), le montant retiré et le timing du retrait. C’est ici qu’une optimisation fiscale est possible. Comme évoqué plus haut, choisir une fondation de libre passage située dans un canton à faible imposition peut réduire l’impôt à la source si vous retirez votre capital en étant à l’étranger. Par ailleurs, il est utile de savoir que vous avez le droit d’ouvrir jusqu’à deux comptes de libre passage auprès de fondations différentes.

Beaucoup de futurs retraités tirent parti de cette possibilité pour fractionner leur capital en deux retraits échelonnés sur deux années fiscales, ce qui permet d’éviter de tomber dans une tranche d’imposition trop élevée en retirant tout en une seule fois.

En somme, bien choisir son compte, c’est aussi bien choisir où et quand on sortira les fonds, afin d’optimiser la fiscalité dans le respect des règles (on parle de withdrawal planning du 2ème pilier).

Sécurité du capital

La sécurité offerte par l’institution de libre passage est un autre critère important, surtout pour les personnes peu enclines à prendre des risques. Ici, il faut distinguer deux notions de sécurité : la garantie du capital et la stabilité de la valeur.

  • Un compte de libre passage de type dépôt (fonds placés en espèces à taux fixe) garantit en principe le capital nominal : vous ne pouvez pas perdre d’argent en dehors d’une faillite extrême de l’institution, et encore, les comptes bénéficient généralement de la garantie des dépôts jusqu’à 100’000 CHF. En contrepartie, le taux étant très bas, votre capital est protégé mais ne “travaille” presque pas pour vous.
  • À l’inverse, un compte de libre passage investi en titres connaîtra des fluctuations à la hausse et à la baisse, mais peut générer un rendement supérieur à long terme. Il s’agit donc d’évaluer votre tolérance au risque : si votre horizon est long et que vous pouvez absorber des variations de marché, une part d’investissement en actions/obligations peut être envisagée. En revanche, si vous êtes allergique à toute perte en capital ou que vous aurez besoin de ces fonds très prochainement, privilégiez la sécurité d’un compte à intérêt garanti. Assurez-vous également de la solidité et de la réputation de la fondation ou de la banque choisie. Vérifiez qu’elle est bien réglementée en Suisse et qu’elle a fait ses preuves dans la gestion des avoirs de prévoyance (certains labels ou ratings peuvent vous guider). La sécurité, c’est enfin la conformité aux usages du 2e pilier : veillez à choisir une institution de libre passage reconnue, afin que vos droits (par exemple la possibilité de retrait pour achat de logement ou départ à l’étranger) soient bien préservés selon la loi.

Frais et coûts cachés

Les frais peuvent grignoter significativement le rendement de votre compte de libre passage sur la durée. Soyez donc attentif aux coûts, qu’ils soient explicites ou cachés. Plusieurs types de frais peuvent s’appliquer : frais d’ouverture ou de transfert, frais de gestion annuels, frais de tenue de compte, commissions sur les fonds investis, etc.

Par exemple, certaines fondations bancaires facturent des frais de tenue de compte autour de 3 CHF par mois, ce qui peut aboutir à une perte nette si le taux d’intérêt versé n’est que de 0,01%.

De même, une solution investie impliquera des frais de gestion de portefeuille (souvent un pourcentage de l’actif, ou des frais inclus dans les fonds de placement) – il faut s’assurer que ces frais sont justifiés par une performance espérée supérieure.

Comparez les grilles tarifaires des différentes options qui s’offrent à vous. Parfois un compte en apparence gratuit peut cacher des frais sur certaines opérations (par exemple des frais de sortie si vous changez de fondation, ou des pénalités en cas de retrait anticipé). L’idéal est de demander une transparence totale sur les coûts avant de s’engager. Un conseiller peut vous y aider en décryptant les brochures tarifaires pour éviter les mauvaises surprises.

Accessibilité du compte et gestion au quotidien

Par accessibilité, on entend la facilité avec laquelle vous pouvez ouvrir et gérer votre compte de libre passage, en fonction de votre situation géographique et de vos besoins. Ce point est particulièrement important pour les frontaliers et les expatriés. Si vous êtes frontalier (résident hors de Suisse), assurez-vous que l’institution choisie accepte les clients non-résidents et offre éventuellement un service bilingue ou des communications adaptées. De même, si vous déménagez à l’étranger, il convient de vérifier que vous pourrez continuer de gérer votre compte à distance sans contrainte. Privilégiez les fondations qui proposent un accès en ligne à vos comptes, un support téléphonique réactif et des communications claires. L’accessibilité concerne aussi l’aisance des démarches : par exemple, pouvoir ouvrir le compte rapidement et simplement (idéalement en ligne), recevoir des relevés réguliers, et effectuer des opérations (comme un retrait anticipé pour achat immobilier) sans parcours administratif kafkaïen. Certaines banques/fondations offrent une interface web moderne pour suivre l’évolution de vos placements, ce qui est un vrai plus pour garder le contrôle. Enfin, n’oubliez pas l’accessibilité humaine : y a-t-il un conseiller attitré ou au moins une hotline compétente pour répondre à vos questions sur votre compte de libre passage ? Ce point rejoint le critère du support que nous voyons juste après.

Support et accompagnement client

Le niveau de support offert par le prestataire de votre compte de libre passage peut faire une grande différence dans votre expérience. Ici on parle à la fois du service client au sens large, et de l’accompagnement en conseil. Certaines fondations se contentent de gérer votre argent sans conseil personnalisé, tandis que d’autres vont vous proposer des entretiens de conseil pour définir la stratégie de placement appropriée et vous aider à faire les bons choix. Posez-vous les questions suivantes : aurez-vous un interlocuteur expert disponible pour vous expliquer les options de placement, les implications fiscales ou les démarches de retrait le moment venu ? Le prestataire dispose-t-il d’experts en prévoyance capables de vous accompagner dans la durée ? Un bon support comprend aussi la transparence de l’information (par exemple, vous informer proactivement des évolutions de la loi LPP ou des performances de vos investissements).

Étant donné la complexité du 2ème pilier, un accompagnement expert, mais accessible et pédagogue, est un atout précieux. Cela rejoint l’idée qu’au-delà du choix du compte en lui-même, bénéficier d’un conseil personnalisé indépendant peut vous éviter bien des écueils, nous y reviendrons dans la suite du guide.

Profils types et exemples concrets

Chaque épargnant a une situation unique. Voici quelques profils types et situations concrètes qui illustrent comment adapter le choix du compte de libre passage selon les cas. Que vous soyez un résident suisse momentanément sans emploi, un travailleur frontalier qui quitte la Suisse, ou un futur retraité en quête d’optimisation, les priorités ne seront pas les mêmes.

Profil 1 – Salarié résident licencié ou en pause de carrière

Considérons Jean, salarié en Suisse romande d’une quarantaine d’années qui vient d’être licencié. Il n’a pas encore de nouvel employeur et doit transférer son avoir LPP sur un compte de libre passage. Pour Jean, la situation est incertaine quant à la durée de sa période de chômage, cela pourrait durer quelques mois comme plus d’un an. Sa priorité initiale doit être de mettre ses fonds à l’abri sur un compte de libre passage choisi par lui, plutôt que de laisser faire le transfert automatique vers la fondation supplétive. S’il ne fait rien, ses fonds seront placés par défaut à l’institution supplétive, qui ne cherche pas à optimiser son avoir. Jean ouvre donc son propre compte de libre passage auprès d’une fondation de son choix, idéalement avec l’aide d’un conseiller pour comparer les offres.

Quel type de compte devrait-il prendre ? Si Jean est confiant de retrouver un emploi sous peu (par exemple dans 3 à 6 mois), il sait que ses avoirs seront alors à nouveau transférés dans la caisse de pension de son nouvel employeur, et son compte de libre passage sera fermé. Dans ce cas, il peut privilégier un compte sécurisé à intérêt garanti, car l’horizon est très court, l’objectif est simplement de ne pas perdre d’argent en frais durant la transition. En revanche, si Jean envisage une pause prolongée (formation continue, reconversion, ou difficulté à retrouver un poste pendant un an ou deux), il aurait tout intérêt à opter pour un compte de libre passage investi ou à minima un compte offrant un rendement supérieur à zéro. Ainsi, son 2ème pilier pourrait générer quelques % de rendement pendant l’intervalle. Il doit juste rester conscient qu’en cas de retour rapide sur le marché du travail, la valeur de son compte investi peut fluctuer d’ici le transfert à la nouvelle caisse de pension.

Enfin, Jean doit connaître ses droits spéciaux en situation de chômage : s’il décide de se lancer comme indépendant, il pourra alors retirer son avoir LPP pour l’investir dans sa nouvelle activité (retrait anticipé pour cause d’indépendance). S’il a cotisé de petites sommes, il pourrait aussi retirer en espèces un faible montant de libre passage selon les conditions légales. Un bon conseil lui permettra d’éviter les erreurs, comme oublier d’indiquer un compte de destination (piège courant entraînant le transfert d’office à la caisse supplétive), ou négliger la fiscalité cantonale s’il envisage un retrait anticipé.

Profil 2 – Travailleur frontalier qui quitte la Suisse

Imaginons maintenant Sophie, résidente en France voisine travaillant en Suisse (statut de frontalière). Elle décide de quitter son emploi en Suisse pour retourner travailler (ou prendre une pause) dans son pays. Cette situation implique que son 2ème pilier accumulé en Suisse doit être transféré sur un compte de libre passage, au même titre que pour un résident. Sophie, en tant que frontalière qui cesse de cotiser en Suisse, doit faire des choix stratégiques. Deux cas de figure se présentent en fonction de sa destination : si elle reste dans l’UE/AELE (ce qui est le cas en France), elle n’a pas le droit de retirer la part obligatoire LPP avant l’âge de la retraite (cette part reste bloquée en Suisse sur le compte de libre passage). En revanche, la part surobligatoire (les avoirs au-delà du minimum LPP) peut, elle, être retirée immédiatement si Sophie le souhaite. Si Sophie prévoit de rester en France jusqu’à sa retraite, il peut être judicieux de laisser l’intégralité de ses avoirs sur le compte de libre passage pour qu’ils continuent de fructifier plutôt que de retirer la partie surobligatoire tout de suite (retrait qui déclencherait une imposition immédiate en Suisse et en France). À l’inverse, si elle avait déménagé hors UE/AELE (par exemple au Canada ou ailleurs), la loi lui aurait permis de retirer la totalité de son avoir LPP (part obligatoire comprise) lors de son départ.

Dans un tel cas, il faut évaluer l’opportunité de ce retrait : en a-t-elle besoin pour un projet urgent ? Sinon, elle peut aussi choisir de maintenir son capital en Suisse sur un compte de libre passage volontairement, afin de continuer à le faire croître à l’abri de l’impôt jusqu’à la retraite.

Pour Sophie la frontalière, les critères de choix du compte de libre passage tourneront autour de la performance à long terme et de la fiscalité. Comme elle n’aura pas de nouvelle caisse de pension suisse, son compte de libre passage pourrait rester ouvert pendant de nombreuses années, potentiellement jusqu’à sa retraite dans 10, 20 ou 30 ans. Il est donc crucial qu’elle sélectionne une fondation offrant un bon rendement (typiquement via des placements en titres), sinon son épargne restera en friche très longtemps. Sophie gagnera à se faire conseiller par un expert connaissant bien les comptes de libre passage pour frontaliers, afin d’éviter les pièges comme la double imposition. En France par exemple, les retraits du 2ème pilier sont soumis aux prélèvements sociaux et à l’impôt sur le revenu dans certains cas ; un spécialiste pourra l’aider à planifier ce retrait pour minimiser la ponction fiscale totale. En résumé pour ce profil, le maître-mot est l’optimisation sur le long terme, car le capital LPP de Sophie ne sera pas réintroduit dans une nouvelle prévoyance suisse. Chaque point de rendement gagné et chaque impôt économisé d’ici sa retraite sont bons à prendre.

Profil 3 – Futur retraité (départ en retraite anticipée ou planification de retraite)

Dernier scénario : Marc, 60 ans, résident suisse approchant de la retraite, qui a quitté son dernier employeur un peu en avance (early retirement). À son âge, Marc a accumulé un capital de 2ème pilier conséquent qu’il place sur un ou deux comptes de libre passage en attendant de pouvoir le percevoir. En effet, la loi l’autorise à retirer son avoir de libre passage au plus tôt 5 ans avant l’âge ordinaire de la retraite. S’il a 60 ans et que l’âge légal est 65, il peut donc d’ores et déjà effectuer le retrait. Cependant, Marc choisit d’attendre encore un peu et de planifier soigneusement la sortie de son capital pour optimiser sa fiscalité.

Pour Marc, le choix du compte de libre passage revêt deux enjeux principaux : la protection/valorisation de son capital pendant quelques années, et la préparation du retrait en minimisant l’impôt. Sur le premier point, Marc peut opter pour une stratégie relativement prudente, mais pas nécessairement 100% en espèces. Même à l’approche de la retraite, l’espérance de vie financière peut être de plusieurs décennies ; Marc peut donc décider d’investir une partie de son compte de libre passage sur des supports dynamiques afin de continuer à générer du rendement pendant 3, 4, 5 ans ou plus (tout en gardant une part plus sécurisée pour couvrir ses besoins à court terme). Sur le deuxième point, Marc a tout intérêt à exploiter la possibilité légale de détenir deux comptes de libre passage. En répartissant son avoir LPP sur deux comptes distincts, il pourra choisir de retirer, par exemple, la moitié de son capital en fin d’année X, puis l’autre moitié au début de l’année Y suivante. Cette astuce permet de réduire l’imposition globale puisque chaque retrait est taxé séparément et bénéficie des tranches d’imposition plus basses. Marc doit donc sélectionner deux fondations de libre passage fiables, de préférence dans un canton fiscalement attractif, et planifier le calendrier de retrait avec elles. Attention, certaines fondations demandent un préavis pour sortir les fonds (par exemple prévenir 3 mois avant). Marc devra s’assurer d’avoir cette flexibilité de retrait au moment voulu.

Là encore, un accompagnement professionnel peut l’aider à orchestrer cette étape délicate, en plus de lui avoir conseillé les meilleurs comptes de libre passage en termes de rendement et de frais pendant la période transitoire.

Notons qu’en Suisse, passé l’âge de la retraite, vous ne pouvez en principe plus laisser les fonds indéfiniment en libre passage : il faudra choisir entre une sortie en capital ou la conversion en rente (via l’achat d’une rente auprès d’une assurance par exemple). Marc anticipe donc déjà ce choix avec son conseiller (rente ou capital)  et le compte de libre passage qu’il aura choisi pourra éventuellement faciliter l’une ou l’autre option (certaines fondations collaborent avec des assurances pour proposer une rente viagère, d’autres non).

En résumé, chaque profil nécessite de pondérer différemment les critères vus précédemment. La personne en transition courte privilégiera la sécurité et la simplicité, le frontalier misera sur le rendement et la fiscalité, le futur retraité cherchera flexibilité et optimisation fiscale, etc. Si vous ne vous reconnaissez pas exactement dans ces trois profils, rapprochez-vous du cas qui s’en approche le plus ou mieux, demandez l’avis d’un expert qui saura dresser votre profil personnalisé.

Les pièges fréquents à éviter

Même en connaissant les critères de choix, certaines erreurs classiques guettent les assurés du 2ème pilier au moment de choisir un compte de libre passage. Voici les principaux pièges à éviter :

  • Laisser son avoir sur la fondation par défaut (Institution supplétive) : Comme expliqué, c’est le choix par défaut… à éviter absolument si l’on vise un tant soit peu de rendement. La fondation supplétive ne verse quasiment pas d’intérêts (0,01% récemment) et n’offre pas de conseil. C’est une solution de parking minimale, pas une solution d’optimisation.

  • Se focaliser uniquement sur le taux d’intérêt nominal : Beaucoup comparent les comptes de libre passage en ne regardant que le taux d’intérêt affiché. Or, un taux de base élevé peut cacher soit des frais élevés, soit une stratégie d’investissement plus risquée. Il faut comparer le rendement net de frais et analyser la performance réelle sur plusieurs années, pas seulement le taux crédité une année donnée.

  • Ignorer la fiscalité du retrait : Un piège courant est de choisir un compte sans penser à l’étape finale du retrait. Par exemple, ouvrir un compte dans son canton de résidence sans réaliser qu’en déménageant plus tard (ou en restant frontalier), un autre canton aurait offert une imposition moindre. De même, ne pas connaître l’astuce des deux comptes de libre passage peut vous faire payer beaucoup plus d’impôts en retirant tout en une fois. Optimiser la fiscalité du 2ème pilier nécessite d’anticiper ces aspects dès le choix de la fondation.

  • Mal évaluer son horizon de placement : Investir de façon trop risquée alors qu’on aura besoin des fonds dans un an est aussi problématique que de laisser tout en cash pendant 20 ans. Un mauvais alignement entre votre horizon temporel et la stratégie du compte peut entraîner soit des pertes évitables, soit un manque à gagner important. Soyez réaliste sur la durée pendant laquelle votre argent restera en libre passage et choisissez un profil de placement cohérent.

  • Négliger les frais et conditions : Comme mentionné, des frais mensuels ou de transfert peuvent entamer votre avoir sans que vous vous en rendiez compte. Lisez les petits caractères : par exemple, certains comptes prélèvent des frais si vous changez de prestataire ou si vous faites plus d’un retrait partiel. Évitez aussi de multiplier inutilement les comptes (max. 2 autorisés) ou les transferts, car chaque mouvement peut générer des coûts.

  • Ne pas se faire accompagner : Enfin, le manque de conseil est un écueil majeur. Le domaine de la prévoyance est complexe, et « on ne sait pas ce qu’on ne sait pas ». Beaucoup d’épargnants font des choix sous-optimaux par méconnaissance (par ex. choisir la première offre venue ou celle de leur banque sans comparer). Il est souvent risqué de gérer seul sans l’avis d’un expert  d’où notre dernier point sur l’accompagnement personnalisé.

Pourquoi un accompagnement personnalisé fait toute la différence

Face à la multitude de critères et à la complexité des règles (légales et fiscales) entourant le 2ème pilier, bénéficier d’un accompagnement personnalisé peut s’avérer précieux, voire indispensable. Un conseiller expert en prévoyance professionnelle pourra vous aider à faire le tri parmi les nombreuses offres de comptes de libre passage sur le marché. Plutôt que de vous laisser seul comparer des taux et des frais, il adoptera une approche globale en tenant compte de votre situation personnelle, de vos objectifs et de vos contraintes.

L’un des grands avantages d’un accompagnement professionnel est de bénéficier d’une vision d’ensemble et neutre. Un spécialiste saura par exemple quels prestataires sont les plus sérieux, quels comptes offrent historiquement les meilleurs rendements, ou encore quelles fondations sont adaptées aux frontaliers ou aux personnes vivant à l’étranger. Il pourra aussi vous alerter sur les variables moins connues – nous avons parlé de la fiscalité cantonale, mais il y a aussi des différences dans les conditions de retrait, les possibilités de sortie en rente, etc.

Un expert qui connaît bien ce domaine vous évitera de tomber dans les pièges évoqués précédemment en vous aiguillant vers des solutions éprouvées. Par exemple, il pourra vous recommander de transférer votre avoir vers un compte de libre passage situé dans un canton précis pour économiser de l’impôt, ce qu’un néophyte découvrira difficilement par lui-même.

Un accompagnement personnalisé, c’est aussi un gain de temps et de sérénité. Au lieu de passer des heures à éplucher les brochures des banques et des assurances, vous pouvez exposer votre situation à un conseiller qui fera le travail de comparaison pour vous et vous expliquera clairement les avantages et inconvénients de chaque option. Le tout dans un langage accessible, sans jargon inutile, afin que vous puissiez prendre une décision en toute confiance.

Enfin, qui dit accompagnement dit généralement suivi dans le temps. Vos besoins peuvent évoluer (nouveau projet, changement de pays, évolution de la législation LPP…) et un bon conseiller restera à vos côtés pour ajuster la stratégie le cas échéant. C’est exactement l’approche « premium » et experte qu’il vous faut pour optimiser votre 2ème pilier : un conseil sur mesure, proactif et indépendant de tout produit unique.

En somme, faire appel à un expert du libre passage transforme une décision complexe en une démarche encadrée et optimisée. Vous mettez ainsi toutes les chances de votre côté pour choisir le compte de libre passage le mieux adapté à votre situation et maximiser vos avantages (rendement, fiscalité, options de retraite) sur le long terme.

FAQ – Questions fréquentes sur le choix d’un compte de libre passage

Qu’est-ce qu’un compte de libre passage ?

C’est un compte de prévoyance du 2ème pilier destiné à accueillir vos avoirs LPP lorsque vous n’êtes plus affilié à une caisse de pension d’entreprise. Concrètement, lorsque vous quittez un employeur et que vous n’en rejoignez pas immédiatement un autre, vos cotisations LPP accumulées doivent être transférées sur un compte de libre passage. On peut voir ce compte comme un “parking” temporaire pour votre épargne retraite : votre capital y reste à l’abri (et éventuellement fructifie) jusqu’à ce que vous retrouviez un emploi en Suisse ou jusqu’à votre retraite. Le compte de libre passage fait partie intégrante du 2ème pilier suisse et est géré par une fondation de libre passage (banque, assurance ou institution spécialisée).

Combien de comptes de libre passage puis-je avoir ?

La loi autorise chaque personne à détenir au maximum deux comptes de libre passage en parallèle. Il n’est pas possible d’en avoir davantage simultanément. Cette possibilité de deux comptes est souvent utilisée dans le cadre de la planification de la retraite : en répartissant votre avoir LPP sur deux fondations distinctes, vous pourrez effectuer vos retraits en deux fois (et ainsi réduire la progressivité de l’impôt). Notez que si vous avez plusieurs comptes suite à différentes périodes de travail, il est également possible de regrouper vos avoirs sur un seul compte de libre passage pour simplifier votre gestion – un conseiller pourra vous y aider. Mais gardez en tête la limite de deux comptes au total. Au-delà, si vous avez cotisé dans de nombreuses caisses de pension au fil de votre carrière, il faudra consolider certains avoirs ensemble.

Quand et comment peut-on retirer l’argent d’un compte de libre passage ?

En règle générale, l’avoir d’un compte de libre passage est bloqué jusqu’à l’âge de la retraite légale (64 ans pour une femme, 65 ans pour un homme à l’heure actuelle). Toutefois, il existe plusieurs situations où un retrait anticipé est autorisé par la loi (LFLP). Les principales exceptions sont :

  • Retraite anticipée : vous pouvez retirer votre 2ème pilier jusqu’à 5 ans avant l’âge ordinaire de la retraite (par ex. dès 60 ans si la retraite est à 65 ans).

  • Départ définitif de la Suisse : si vous quittez la Suisse de manière permanente, vous pouvez en général retirer vos avoirs. Attention : en cas de départ dans un pays hors UE/AELE, vous pouvez retirer l’ensemble de votre avoir (LPP obligatoire + surobligatoire), tandis que pour un départ dans l’UE/AELE, seule la part surobligatoire peut être versée en cash, la part obligatoire restant bloquée en Suisse (sur un compte de libre passage jusqu’à la retraite).

  • Activité indépendante : si vous devenez travailleur indépendant à titre principal en Suisse et que vous n’êtes plus soumis au 2ème pilier, vous avez le droit de retirer votre avoir de libre passage pour l’affecter à votre entreprise.

  • Faible montant : si le solde de votre compte est très bas (inférieur à une somme d’environ une année de cotisations), la loi permet un retrait en espèces, car la gestion d’un tout petit avoir de prévoyance n’est pas jugée pertinente.

  • Financement d’un logement ou remboursement d’hypothèque : comme pour la caisse de pension, vous pouvez utiliser votre avoir de libre passage pour acheter votre résidence principale ou amortir votre prêt hypothécaire (dans le cadre de l’encouragement à la propriété du logement).

  • Invalidité totale : en cas d’invalidité complète avec rente AI, vous pouvez également débloquer votre avoir LPP anticipativement.

Le retrait s’effectue en principe sous forme de capital versé en une fois (ou deux fois si vous avez deux comptes). Il faut en faire la demande écrite à la fondation, justificatifs à l’appui (par ex. attestation de départ définitif, extrait du registre du commerce pour une indépendance, etc.). À l’âge de la retraite, si vous n’avez pas encore réintégré une caisse de pension, il vous sera demandé de décider : soit retrait du capital (imposé à taux préférentiel séparément des autres revenus), soit éventuellement conversion en rente viagère via une assurance. Le versement de la prestation de libre passage met alors fin au compte, qui est clôturé.

Où peut-on ouvrir un compte de libre passage ?

Vous pouvez ouvrir un compte de libre passage auprès de différents types d’institutions en Suisse : principalement les banques, les compagnies d’assurances et les fondations de libre passage spécialisées (parfois liées à des courtiers ou des gestionnaires de fortune). Il est tout à fait possible de choisir librement le prestataire qui vous convient le mieux. Chaque prestataire peut proposer ses propres conditions et solutions de placement : certaines banques offrent juste un compte épargne à taux fixe, d’autres institutions proposent des portefeuilles d’investissement variés. Nous vous recommandons de comparer attentivement les offres ou de passer par un conseiller expert qui effectuera ce comparatif pour vous. Lorsque vous quittez votre employeur, vous recevrez un formulaire de votre caisse de pension vous demandant où transférer les fonds – c’est le moment d’indiquer les coordonnées de la fondation de libre passage que vous aurez choisie. Pour ouvrir le compte, la démarche est généralement simple : formulaire d’ouverture (souvent en ligne ou par courrier), copie de pièce d’identité, et parfois des documents spécifiques selon votre situation (attestation de départ, etc.).

En résumé : ouvrez un compte auprès de l’institution de votre choix avant la fin du délai (généralement 6 mois après la sortie de la caisse) pour éviter le transfert automatique à la fondation supplétive. Et choisissez de préférence un prestataire solide, transparent et aligné avec vos objectifs (performance, sécurité, services…), ce guide et nos experts sont là pour vous y aider.

Conclusion : passez à l’action avec un expert à vos côtés

En conclusion, choisir un compte de libre passage est une étape cruciale pour optimiser votre 2ème pilier lors d’une transition professionnelle, d’un départ à l’étranger ou d’une préparation à la retraite. Un mauvais choix peut entraîner un manque à gagner important et des impôts évitables, tandis qu’un bon choix vous permettra de maximiser le rendement de votre avoir LPP, réduire la fiscalité et conserver la maîtrise de vos fonds en toutes circonstances. Nous avons vu l’importance de considérer le rendement (et éventuellement d’investir votre compte de libre passage pour obtenir le meilleur rendement possible selon votre horizon), la fiscalité (anticiper l’impôt lors du retrait et choisir le canton judicieusement), la sécurité du capital, les frais, l’accessibilité pratique et le support offert.

Ce guide complet vous a donné les clés pour évaluer les offres et éviter les erreurs fréquentes. Toutefois, rien ne remplace un accompagnement personnalisé pour affiner la solution à votre situation. Chaque parcours est unique, résident suisse licencié, frontalier en partance, futur retraité ou autre, et mérite une stratégie sur mesure. N’hésitez pas à solliciter un expert de la prévoyance pour vous faire accompagner dans le choix de votre compte de libre passage. Un conseiller saura analyser votre profil, vous faire une comparaison objective des meilleures options du marché et vous proposer un plan d’action optimisé (ou même une simulation gratuite de vos projections de rendement et d’impôts).

Prêt à faire le bon choix ? Contactez-nous dès aujourd’hui pour un audit personnalisé de votre 2ème pilier.

Ensemble, nous sécuriserons vos avoirs de libre passage et les feront travailler au mieux de vos intérêts, afin que vous puissiez envisager l’avenir en toute sérénité.

Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Expert en prévoyance LPP et Libre Passage

8 ans d’expérience dans le conseil financier en Suisse, spécialisé dans le 2e pilier et le libre passage. J’aide chaque client à faire les bons choix (fiscalité, investissement, retrait) pour sa retraite LPP, avec clarté, stratégie et impact.

CONTACTEZ UN EXPERT DU 2EME PILIER !

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Transférer son 2e pilier après un changement d’emploi : Tout ce qu’il faut savoir (2026)

Transférer son 2e pilier après un changement d’emploi : tout ce qu’il faut savoir

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SOMMAIRE :

TROUVEZ LE MEILLEUR LIBRE PASSAGE

Transférer son 2e pilier après un changement d’emploi : les points clés

  • Respectez les délais : votre ancien avoir LPP doit être transféré sous 6 mois maximum
  • Choisissez la bonne solution : compte de libre passage bancaire (flexible) ou assurance (garantie et protection)
  • Attention à la fiscalité : l’impôt au retrait dépend fortement du canton et du moment choisi
  • Cas spécifiques : chômage, indépendance ou départ de Suisse nécessitent des démarches adaptées

Ne laissez pas votre 2e pilier “dormir” par défaut à l’institution supplétive. Contactez nos experts pour optimiser transfert et fiscalité.

Vous venez de quitter votre emploi ou de changer d’employeur en Suisse ? Savez-vous ce qu’il advient de votre 2ème pilier (prévoyance professionnelle LPP) dans cette transition ? En cas de pause professionnelle ou de nouveau poste, votre avoir LPP doit impérativement être transféré sur un compte de libre passage pour préserver vos droits. Dans cet article, nous expliquons pourquoi et comment transférer son 2èmepilier lors d’un changement d’emploi, les délais légaux à respecter, le choix banque ou assurance pour loger vos fonds, l’impact fiscalité du 2ème pilier, ainsi que les cas spécifiques (frontaliers, expatriation, retour en France). Suivez le guide pour sécuriser et optimiser votre capital LPP !

Pourquoi faut-il transférer son 2ème pilier en cas de changement d’emploi ?

Lorsque vous quittez un employeur, votre affiliation à la caisse de pension de celui-ci prend fin. Vous ne pouvez pas laisser votre avoir du 2ème pilier (“prestation de sortie”) indéfiniment dans l’ancienne caisse : la loi impose de le transférer soit dans la caisse de votre nouvel employeur, soit dans une institution ou fondation de libre passage (si vous n’avez pas de nouvel employeur immédiatement). Cela permet de préserver vos droits de prévoyance et d’éviter que votre argent ne reste sans rendement. En effet, sans instruction de votre part, votre ancien avoir LPP sera placé par défaut sur un compte de libre passage d’une fondation supplétive (Fondation Institution Supplétive LPP). Cette solution automatique, appliquée après quelques mois, est souvent peu avantageuse en termes de suivi et de rendement. Vous avez donc tout intérêt à agir activement pour choisir où placer votre 2ème pilier, afin d’obtenir de meilleures conditions (taux d’intérêt, options d’investissement) et garder le contrôle sur votre épargne de retraite.

Par ailleurs, transférer votre 2ème pilier vous assure de maintenir votre couverture de prévoyance. Tant que vos fonds restent sur un compte de libre passage, ils conservent leur statut d’épargne retraite (bloqués jusqu’à la retraite ou un cas de sortie autorisé). À noter toutefois qu’un compte de libre passage n’inclut pas d’assurance risque (décès, invalidité) contrairement à une caisse de pension d’entreprise. En cas d’interruption d’activité, il est possible de souscrire une couverture risque volontaire via l’institution supplétive LPP pour continuer à se protéger. En somme, transférer son capital LPP sur une institution de libre passage est obligatoire et prudent : cela garantit la continuité de votre prévoyance professionnelle et évite la perte de droits ou un placement par défaut peu rentable.

Délais et obligations légales pour le transfert du 2ème pilier

Quel timing respecter ? Dès votre départ de l’entreprise, informez votre ancienne caisse de pension de la destination de votre prestation de libre passage. Si vous avez un nouvel employeur, le transfert vers la caisse de pension de ce dernier est obligatoire et doit se faire sans délai. En pratique, votre ancienne caisse vous enverra un certificat de sortie mentionnant le montant de votre avoir LPP et, souvent, un formulaire pour indiquer où transférer les fonds. Vous devrez fournir les coordonnées de la nouvelle caisse (ou de la fondation de libre passage choisie) et autoriser le virement. Le transfert est généralement effectué dans les 30 jours qui suivent une fois les informations complètes reçues. Il est recommandé d’être réactif pour éviter tout retard.

Si vous n’avez pas de nouvel employeur immédiatement (pause carrière, chômage, expatriation, etc.), vous devez ouvrir un compte de libre passage et communiquer ses coordonnées à votre ancienne caisse. En l’absence d’instruction, la caisse peut garder votre avoir quelques mois puis le transférer d’office à la fondation supplétive LPP. La réglementation prévoit qu’à défaut de nouvelles indications, après 6 mois (ou au plus tard 2 ans), le capital LPP sera envoyé automatiquement à l’institution supplétive. Certaines caisses appliquent même ce transfert par défaut plus tôt (par exemple dès 6 mois d’inactivité) pour se conformer à la loi. 

Agissez donc idéalement dans les 3 à 6 mois suivant votre départ afin de choisir vous-même une solution de libre passage. Cela vous permettra de bénéficier rapidement d’un rendement (même faible) plutôt que de laisser dormir votre argent, et d’éviter la gestion standardisée de la fondation supplétive.

Vos obligations légales : En Suisse, tout assuré quittant une caisse de pension doit assurer la continuité de sa prévoyance. Il est de votre responsabilité de fournir à l’ancienne institution les informations nécessaires (coordonnées du nouvel organisme de prévoyance ou du compte de libre passage choisi). Si vous rejoignez un nouvel employeur, la prestation de libre passage doit être transférée intégralement à la nouvelle caisse de pension. Notez que si la nouvelle caisse offre des prestations inférieures (par exemple un salaire assuré maximal plus bas), une partie de votre capital peut dépasser le montant maximal transférable ; l’excédent sera alors placé sur un compte de libre passage à part. En cas de chômage, vous n’êtes plus affilié à une caisse LPP active : votre capital doit être transféré sur une institution de libre passage pendant la période sans emploi. De même, si vous devenez indépendant sans affiliation volontaire à une caisse de pension, votre avoir sera versé sur un compte de libre passage.

Dans tous les cas, ne tardez pas : plus vite votre 2ème pilier sera transféré, plus vite il recommencera à produire des intérêts et à être géré selon vos choix.

Banque ou assurance : où loger son avoir LPP sur un compte de libre passage ?

Ouvrir un compte de libre passage est l’étape incontournable si vous ne transférez pas immédiatement votre 2ème pilier vers une nouvelle caisse de pension. Ce compte de libre passage peut être ouvert soit auprès d’une banque (fondation bancaire), soit auprès d’une assurance (fondation d’assurance), chaque option ayant ses particularités. Quelle est la différence entre ces deux types de solutions, et comment choisir ?

Solution bancaire : 

Un compte de libre passage bancaire s’apparente à un compte épargne bloqué pour la prévoyance. Il offre en général un taux d’intérêt fixe relativement bas (typiquement autour de 0,5% par an en 2025), mais présente l’avantage de garantir intégralement le capital déposé. Votre argent est en sécurité (garanti jusqu’à 100’000 CHF par la protection des dépôts bancaires en Suisse) et disponible pour un transfert dès que vous retrouverez une caisse de pension. Les banques proposent souvent deux formules : un compte à intérêt garanti (faible rendement mais sûr), ou un compte de libre passage investi (dépôt en titres) où les fonds sont placés sur des fonds de placement (actions, obligations, immobilier) pour viser un rendement supérieur. Cette seconde option comporte plus de risques (fluctuations boursières) mais peut faire fructifier l’épargne sur du moyen-long terme – c’est notamment la stratégie prônée par certains conseillers pour de longues pauses, afin d’éviter que l’épargne LPP ne « dorme » à 0,5%. L’option bancaire est généralement flexible et transparente : frais modérés, possibilité de changer de fondation libre passage librement (par exemple pour profiter d’un meilleur taux ailleurs), et aucun engagement long terme.

En résumé, la banque convient si vous privilégiez la simplicité, la flexibilité et des frais réduits, avec soit une approche sécuritaire (intérêt fixe) soit une approche dynamique (investissements) selon votre profil.

Solution assurance : 

Le compte de libre passage peut également prendre la forme d’une police d’assurance vie. Dans ce cas, votre avoir LPP est géré par une compagnie d’assurance, qui souvent inclut des prestations de couverture risque en plus de la fonction d’épargne. Concrètement, les assurances offrent généralement un taux d’intérêt minimal garanti sur l’épargne (rendement technique) assorti d’une garantie du capital. Elles proposent aussi des options d’investissement en fonds, mais avec une gestion interne : vous pouvez choisir des profils plus ou moins risqués, l’assureur assurant une diversification du portefeuille. La grande différence vient des prestations en cas de décès ou d’invalidité : une police de libre passage inclut une assurance vie liée qui garantit un capital aux bénéficiaires en cas de décès de l’assuré. Par exemple, si vous veniez à décéder, l’assurance peut verser à vos proches au minimum le solde de votre avoir (voire un montant complémentaire selon les conditions). Certaines polices offrent aussi une rente d’invalidité ou de survivant en cas de coup dur. De plus, à l’âge de la retraite, l’assureur peut vous proposer le choix entre un versement en capital ou une rente viagère, avec un taux de conversion potentiellement avantageux – ce qu’un compte bancaire classique ne fait pas directement. En contrepartie, les solutions assurance sont souvent moins transparentes et plus coûteuses (frais administratifs, pénalités en cas de sortie anticipée, etc.), avec un rendement global parfois inférieur en raison de la sécurité apportée. Il est souvent mentionné que les polices de libre passage liées à une assurance vie peuvent manquer de clarté sur les frais et offrir une performance limitée une fois les garanties payées.

Que choisir ? 

Si votre priorité est la sécurité maximale du capital et que vous souhaitez éventuellement bénéficier d’une couverture supplémentaire (par exemple, vous n’avez pas d’autres assurances décès et souhaitez protéger votre famille pendant votre pause), la solution assurance peut être envisagée. Vous aurez ainsi un filet de sécurité en cas de pépin, et un intérêt minimal garanti sur vos avoirs. En revanche, si vous visez la performance financière et la souplesse, les fondations de libre passage bancaires (y compris les plateformes en ligne permettant d’investir en bourse) sont souvent plus indiquées. Rien n’empêche d’ailleurs de commencer par une banque puis de transférer vers une assurance plus tard (ou vice versa) si votre stratégie change – sachez simplement que chaque transfert peut entraîner des formalités et éventuellement des frais.

Prenez en compte vos objectifs, votre horizon de placement et votre appétence au risque : pour une pause courte et un retour rapide dans une caisse de pension, un compte bancaire classique suffit généralement. Pour une période longue (plusieurs années) et si vous voulez faire travailler votre capital LPP, envisagez un compte de libre passage investi. Et si la tranquillité d’esprit prime (capital garanti, risque couvert), renseignez-vous sur les offres d’assurance libre passage.

N’hésitez pas à comparer les taux et frais des différentes fondations avant de décider.

Fiscalité du 2ème pilier : imposition du capital et optimisations possibles

Le transfert de votre 2ème pilier vers un compte de libre passage en lui-même n’entraîne aucune imposition immédiate. Tant que l’argent reste dans le circuit de la prévoyance (caisse de pension ou compte bloqué), il est exonéré d’impôt sur le revenu et la fortune. En revanche, dès lors que vous retirez votre capital LPP (par exemple lors d’un départ définitif de Suisse ou au moment de la retraite si vous choisissez le capital au lieu d’une rente), une imposition spécifique s’applique. Le 2ème pilier retiré est taxé à un taux d’impôt forfaitaire (avantageux par rapport aux barèmes ordinaires) calculé séparément du revenu, mais ce taux dépend de plusieurs facteurs dont le montant retiré et le canton.

  • Rôle du canton de domiciliation de la fondation : En Suisse, l’impôt à la source prélevé sur un versement en capital LPP varie selon le canton où se trouve la fondation de libre passage qui effectue le paiement. Chaque canton a ses propres barèmes d’imposition sur les prestations de libre passage. Concrètement, pour un capital donné, la différence peut être très significative entre un canton « généreux » et un canton à fiscalité élevée. 

    Exemple: Pour un capital de 100’000 CHF, un retrait via une fondation domiciliée dans le canton de Schwyz engendrerait environ 4% d’impôt (≈4’000 CHF), alors qu’à Genève ce serait autour de 9% (≈9’000 CHF). 
  • Choisir judicieusement le canton où ouvrir votre compte de libre passage peut donc vous faire économiser des milliers de francs le jour du retrait. Les cantons comme Schwyz, Zoug, Obwald figurent parmi les plus avantageux fiscalement pour les retraits LPP, tandis que les cantons comme Genève, Vaud, etc., ont des taux plus élevés. Il est tout à fait légal pour un assuré de choisir une fondation de libre passage dans le canton de son choix, indépendamment de son lieu de domicile. Profitez-en pour optimiser l’impôt futur : si votre objectif est de retirer le capital, opter pour une fondation en canton à faible taux est recommandé.
  • Imposition en cas de départ à l’étranger : Si vous quittez définitivement la Suisse et que vous retirez votre 2ème pilier, l’impôt à la source suisse sera prélevé (selon le canton choisi, comme expliqué ci-dessus). Toutefois, le pays de votre nouvelle résidence pourra également imposer ce capital. Par exemple, un frontalier français qui récupère son 2ème pilier devra le déclarer en France, où il sera soumis soit à un prélèvement forfaitaire de 7,5% (après abattement de 10%, ce qui revient à ~6,75% effectif) s’il opte pour cette méthode, soit au barème de l’impôt sur le revenu via le système du quotient. Dans ce cadre franco-suisse, la Suisse applique l’impôt à la source mais la France est en droit d’imposer également – pour éviter la double imposition, une convention fiscale permet normalement de récupérer tout ou partie de l’impôt suisse en crédit d’impôt une fois que vous avez déclaré le retrait en France Attention, les règles évoluent (une nouvelle convention pourrait limiter ce remboursement automatique). Il est donc crucial de bien se faire conseiller lors du retrait pour minimiser la charge fiscale totale. Pour les pays hors UE, tout dépend de la convention fiscale entre la Suisse et le pays en question : parfois l’impôt suisse est libératoire, parfois le pays de destination impose aussi le capital (sans possibilité de récupérer l’impôt suisse).
  • Optimiser la fiscalité du 2ème pilier : Plusieurs stratégies peuvent être envisagées pour réduire l’impôt sur votre capital de prévoyance. Outre le choix du canton de votre compte de libre passage (mentionné ci-dessus) qui impacte directement le taux à la source en Suisse, vous pouvez aussi fractionner vos avoirs. En Suisse, il est permis de détenir deux comptes de libre passage dans deux fondations différentes. Beaucoup de préretraités utilisent cette possibilité pour répartir le capital et effectuer deux retraits à des années différentes, profitant ainsi de tranches d’imposition plus basses pour chaque part.
    En effet, l’impôt sur un capital retiré de 100’000 CHF est proportionnellement plus faible que sur 200’000 CHF retirés d’un coup (le taux augmente avec le montant). Diviser 200’000 CHF en deux retraits de 100’000 CHF étalés permet généralement d’alléger la facture fiscale totale. Attention : pour les frontaliers résidents dans l’UE (ex. France), le fractionnement du retrait peut au contraire déclencher un mode d’imposition moins favorable (en France, plusieurs retraits pourraient être traités au quotient sur le revenu, avec CSG/CRDS applicables, ce qui peut augmenter la taxation globale)

    Il faut donc analyser au cas par cas : en Suisse pure, fractionner est intéressant; pour un expatrié en UE, un retrait unique peut être plus avantageux (par exemple, en France, un retrait unique bénéficie du prélèvement libératoire à 7.5% alors que des retraits multiples risquent l’imposition progressive + 9.1% CSG). En résumé, pour optimiser fiscalement votre 2ème pilier : choisissez bien la localisation de votre compte, envisagez d’ouvrir deux comptes si vous restez imposable en Suisse au moment du retrait, et planifiez le timing des retraits avec un conseiller. Quelques milliers de francs sont en jeu et une mauvaise planification peut coûter cher en impôts inutiles. Enfin, n’oubliez pas que si vous intégrez votre 2ème pilier dans la caisse de votre nouvel employeur, vous avez la possibilité d’effectuer des rachats LPP (versements volontaires) par la suite pour combler d’éventuelles lacunes – ces rachats sont déductibles du revenu imposable en Suisse. C’est un autre aspect fiscal à garder à l’esprit pour optimiser votre prévoyance lors d’un changement d’emploi.

Cas particuliers : frontaliers, expatriation hors UE, retour en France

Chaque situation professionnelle ou personnelle peut influencer le devenir de votre 2ème pilier. Voici comment gérer votre avoir LPP dans des cas spécifiques courants.

Frontaliers suisses qui arrêtent de travailler en Suisse : 

Si vous étiez frontalier (résident de France ou d’un pays voisin travaillant en Suisse) et que vous quittez votre emploi suisse, vous devez transférer votre 2ème pilier sur une fondation de libre passage en Suisse tout comme un résident. La différence notable concerne le retrait anticipé éventuel. En restant résident de l’UE (par ex. en France) sans emploi en Suisse, vous n’avez pas le droit de retirer la partie obligatoire de votre 2ème pilier (conformément aux accords Suisse-UE sur la coordination des systèmes de sécurité sociale).

Seule la partie surobligatoire (les avoirs au-delà du minimum LPP) est retirable librement si vous le souhaitez. Vous pourriez donc, en tant que frontalier cessant toute activité en Suisse, retirer la part surobligatoire pour la rapatrier dans votre pays (ou l’investir ailleurs) et laisser la part obligatoire sur un compte de libre passage en Suisse jusqu’à la retraite.

Cette décision dépend de vos besoins et de la fiscalité : retirer la part surobligatoire signifie payer l’impôt suisse (et français le cas échéant) maintenant, mais vous procure de la liquidité. Si vous n’en avez pas besoin, la laisser en Suisse permet de la récupérer à la retraite (ou de la mobiliser pour un achat immobilier principal, etc.) dans des conditions fiscales potentiellement optimisées. Notez que même sans emploi en Suisse, vos fonds LPP restent en Suisse jusqu’à la retraite, à moins d’une condition de sortie anticipée remplie.

En résumé, un frontalier qui “retourne” travailler ou vivre uniquement dans son pays devra ouvrir un compte de libre passage pour son capital LPP. Il pourra choisir plus tard entre le laisser fructifier en Suisse jusqu’à la retraite, ou retirer la part sur-obligatoire immédiatement. Il est conseillé de se faire accompagner, car la situation fiscale des frontaliers retraités a connu des évolutions (imposition à la source non récupérable en discussion). Gardez aussi à l’esprit que si vous êtes frontalier proche de la retraite et que vous cessez de travailler en Suisse, vous avez la possibilité de toucher votre 2ème pilier à l’âge de la retraite (65 ans) même en étant en France, soit en capital soit en rente (après 58 ans depuis peu), selon ce qui est le plus avantageux.

Expatriation hors UE (départ définitif en dehors de l’Europe) : 

Si vous quittez définitivement la Suisse pour vous installer dans un pays hors Union européenne / AELE, la loi vous permet en principe de retirer la totalité de votre 2ème pilier (part obligatoire + surobligatoire) dès votre départ. Cela peut être tentant pour disposer de fonds, créer un business, etc., mais il faut bien considérer les conséquences. D’une part, si vous encaissez ce capital en sortant de Suisse, vous devrez payer l’impôt suisse sur la prestation en capital (d’où l’importance de choisir un canton favorable, comme vu précédemment). D’autre part, votre pays de destination pourrait imposer ce montant (sauf si traité qui l’exonère). Par exemple, un départ vers les États-Unis impliquerait probablement une imposition aux USA en plus de l’impôt prélevé en Suisse. Il peut parfois être judicieux de ne pas retirer immédiatement le 2ème pilier lors d’une expatriation hors UE, mais de le laisser sur un compte de libre passage suisse, surtout si vous comptez possiblement revenir plus tard ou si les conditions fiscales de retrait ultérieur sont plus favorables (par exemple, attendre l’âge de la retraite pour bénéficier de taux réduits). 

Bon à savoir : tant que vous avez la nationalité ou un permis valable, vous pouvez aussi décider de rester affilié à la Fondation supplétive LPP de manière facultative pour continuer à cotiser, même à l’étranger, mais c’est rare et soumis à conditions. En général, la plupart des expatriés hors UE retirent leur avoir LPP pour l’utiliser ou le réinvestir ailleurs, après avoir optimisé l’impôt. Avant toute décision, faites une analyse fiscale avec un expert en fonction du pays de destination : il pourra déterminer s’il vaut mieux retirer tout de suite (et comment limiter l’impôt) ou laisser le capital en Suisse.

Retour en France (ou installation dans l’UE après avoir travaillé en Suisse) : Ce cas s’adresse souvent aux citoyens suisses ou expatriés qui, après une période de travail en Suisse, décident de s’établir en France ou dans un autre pays de l’UE. La situation est analogue à celle du frontalier : en s’installant dans un pays de l’UE sans être soumis à la prévoyance suisse, vous ne pourrez pas toucher la part obligatoire du 2ème pilier jusqu’à la retraite. Vous devez donc ouvrir un compte de libre passage en Suisse pour y laisser cette part obligatoire bloquée. La part surobligatoire, elle, peut être retirée une fois que vous avez définitivement quitté la Suisse (sur présentation de l’attestation de départ de la commune, etc.). Beaucoup de personnes de retour en France choisissent de laisser l’intégralité de leur avoir (y compris la part surobligatoire) en Suisse sur un compte de libre passage, notamment si elles sont jeunes et préfèrent éviter une imposition immédiate en France sur ce capital. D’autres retirent la part surobligatoire pour, par exemple, l’investir dans l’immobilier en France ou rembourser des dettes, tout en laissant le reste en Suisse. Sur le plan fiscal, la France imposera tout retrait de 2ème pilier que vous effectuez, comme expliqué plus haut (PFL 7.5% ou impôt sur le revenu + CSG, selon l’option du fractionnement ou pas). Notez qu’en revenant vivre en France, vous n’avez pas la possibilité de transférer votre 2ème pilier dans un dispositif français équivalent (il n’existe pas de mécanisme de « rachat » dans le système français de retraite de base, et le transférer sur un PER individuel français par exemple impliquerait d’abord un retrait imposable du côté suisse). Il reste donc en Suisse jusqu’à sa sortie. À l’âge de la retraite suisse, vous pourrez alors retirer la totalité de votre compte de libre passage (y compris la part obligatoire) même si vous résidez en France, car l’atteinte de l’âge de la retraite est un cas de prestation de vieillesse qui libère les fonds. Vous déciderez à ce moment-là entre une rente (versée par la fondation, imposable en France comme pension) ou un capital (imposable selon les modalités vues).

En résumé, que vous soyez frontalier, expatrié hors UE ou rentrant vous installer en France, vos avoirs du 2ème pilier doivent transiter par un compte de libre passage. Les différences résident dans ce que vous pouvez retirer ou non et dans la fiscalité transfrontalière. Prenez le temps de vous informer sur vos droits (par exemple, seuls les non-EU peuvent tout retirer immédiatement) et sur l’impact fiscal, afin de prendre la meilleure décision pour vos épargnes de retraite.

FAQ – Questions fréquentes sur le transfert du 2ème pilier

Que faire de mon 2ème pilier en cas de changement d’emploi ou de période de chômage prolongée ?

Si vous changez d’emploi, la priorité est de transférer votre 2ème pilier vers la caisse de pension de votre nouvel employeur. C’est une obligation et votre ancienne caisse vous guidera dans cette démarche (envoi d’un certificat de sortie et formulaire de transfert). En cas de chômage ou de pause professionnelle, vous devez ouvrir un compte de libre passage auprès d’une banque ou d’une assurance, puis informer votre ancienne caisse de pension de ces coordonnées. Votre avoir LPP y sera conservé jusqu’à ce que vous retrouviez un emploi ou atteigniez la retraite. N’oubliez pas que sans indication de votre part, les fonds seront placés par défaut à l’Institution supplétive LPP après quelques mois – mieux vaut donc choisir vous-même une solution plus avantageuse.

Compte de libre passage en banque ou en assurance : lequel choisir pour mon capital LPP ?

Un compte de libre passage bancaire fonctionne comme un compte épargne bloqué : il offre un taux d’intérêt modeste mais garantit votre capital et peut être transformé en portefeuille d’investissement (actions, obligations) si vous le souhaitez pour obtenir un meilleur rendement. Un compte de libre passage en assurance est une police d’assurance-vie qui inclut souvent une couverture en cas de décès ou d’invalidité en plus de l’épargne. L’assureur offre un taux d’intérêt minimal garanti sur vos avoirs et peut vous verser une rente à la retraite, alors qu’une banque ne verse que le capital accumulé. Le choix dépend de votre profil : la banque convient si vous privilégiez la simplicité, la flexibilité et un potentiel de rendement supérieur (avec possibilité d’investir en bourse), tandis que l’assurance convient si vous voulez une garantie totale, une protection supplémentaire pour vos proches et la perspective d’une rente. Gardez à l’esprit que les solutions assurance comportent souvent des frais et des conditions (moins de transparence), alors que les banques offrent généralement plus de liberté (vous pouvez changer de fondation facilement en cas de meilleur taux ailleurs, sans pénalité).

Combien de temps peut-on laisser son 2ème pilier sur un compte de libre passage et y a-t-il une échéance pour le transfert ?

Vous pouvez conserver votre 2ème pilier sur un compte de libre passage jusqu’à l’âge de la retraite (voire au-delà, max 5 ans après l’âge légal en Suisse si vous différez le retrait). Il n’y a pas de durée limite stricte durant laquelle l’argent doit rester sur le compte de libre passage : il peut y demeurer de votre départ jusqu’à votre retraite sans problème. En revanche, du côté de l’ancienne caisse de pension, il existe des délais pour effectuer le transfert initial : idéalement dans les semaines suivant votre départ, et au plus tard dans l’année qui suit. De nombreuses caisses transfèrent automatiquement les fonds sous 6 mois à la fondation supplétive si l’assuré n’a pas donné d’instructions. Il est donc important de prendre les devants rapidement après votre changement d’emploi pour choisir où ira votre prestation de libre passage. Une fois les fonds sur le compte de libre passage, ils pourront y rester jusqu’à survenue d’un événement de prévoyance (retraite, achat immobilier, départ à l’étranger, etc.) ou transfert vers une nouvelle caisse en cas de ré-emploi. Pensez simplement à suivre l’évolution de votre compte (taux d’intérêt, performance des placements) et à le faire éventuellement évoluer (vous pouvez changer de fondation librement si une autre offre de meilleures conditions à l’avenir).

Conclusion : Ne négligez pas votre 2ème pilier, faites-vous accompagner 

Changer d’emploi ou quitter la Suisse est un moment charnière pour votre prévoyance professionnelle. En transférant correctement votre 2ème pilier sur un compte de libre passage adapté, vous sécurisez le fruit de vos cotisations et pouvez même en tirer parti pour optimiser votre retraite (choix du bon placement, rachats LPP, etc.). À l’inverse, une inaction ou un mauvais choix pourrait vous faire perdre du rendement, des garanties précieuses ou payer trop d’impôts. Adoptez donc les bons réflexes : respectez les délais, comparez les options banque vs assurance, anticipez la fiscalité et informez-vous selon votre situation (frontalier, expatrié…). Besoin d’aide pour y voir plus clair ou choisir la meilleure solution de libre passage ? N’hésitez pas à prendre contact avec nos experts – nous vous conseillerons de manière personnalisée pour gérer au mieux votre avoir LPP et assurer la continuité de votre prévoyance. Votre retraite de demain se prépare aujourd’hui, profitez-en pour poser les bases d’une épargne optimisée et en toute sécurité !

Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Expert en prévoyance LPP et Libre Passage

8 ans d’expérience dans le conseil financier en Suisse, spécialisé dans le 2e pilier et le libre passage. J’aide chaque client à faire les bons choix (fiscalité, investissement, retrait) pour sa retraite LPP, avec clarté, stratégie et impact.

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