Compte de libre passage en Suisse : le guide ultime 2026

COMPTRE LIBRE PASSAGE 2026

SOMMAIRE :

TROUVEZ LE MEILLEUR LIBRE PASSAGE

Compte de libre passage 2026 : que retenir et comment agir ?

  • Ouvrez vite : créez un compte de libre passage dans les 6 mois après avoir quitté votre emploi pour éviter l’envoi automatique à la fondation supplétive.
  • Comparez : en 2025, les taux varient de 0 % à 0,5 % selon les banques/fondations — choisissez celles sans frais cachés et avec options d’investissement.
  • Optimisez : investissez une partie de votre avoir pour viser 3–5 % de rendement annuel au lieu de laisser dormir votre capital à 0 %.
  • Anticipez la fiscalité : répartissez vos avoirs sur 2 comptes maximum pour lisser l’impôt et sécuriser vos retraits.
  • Sécurisez vos avoirs : mettez à jour vos coordonnées et utilisez le service officiel du Fonds de garantie LPP pour retrouver d’éventuels comptes oubliés.

Ne laissez pas vos avoirs LPP perdre de la valeur. Demandez un audit gratuit et trouvez le compte de libre passage le plus performant avec nos experts.

En Suisse, des milliards de francs de 2ème pilier « oubliés » dorment sur des comptes de libre passage inactifs. Faute d’action, ces avoirs de prévoyance professionnelle stagnent avec un rendement quasi nul, pénalisant vos économies retraite. Que vous soyez résident suisse, frontalier ou expatrié, il est crucial de prendre en main votre compte de libre passage afin d’éviter la dispersion de vos avoirs LPP, optimiser leur croissance et bénéficier des meilleures conditions.

Ce guide ultime 2026 vous explique en détail le fonctionnement du compte de libre passage, quand et comment l’ouvrir, quelles sont les options (banque vs assurance), les meilleurs comptes en 2026 et comment les comparer, ainsi que toutes les questions fréquentes (retraits anticipés, comptes multiples, cas particuliers, etc.). Adoptez une approche proactive de votre 2ème  pilier pour maximiser votre rendement tout en sécurisant vos droits – et découvrez nos conseils pour mettre la puissance de ce compte au service de votre avenir financier.

Résumé :

  • Le compte de libre passage est un compte bloqué qui accueille votre avoir du 2ème pilier (LPP) lorsque vous quittez un emploi sans adhérer immédiatement à une nouvelle caisse de pension. Il préserve vos droits à la retraite en attendant votre prochain emploi ou votre retraite.

  • Ouvrez un compte de libre passage dans les 6 mois après la fin d’un emploi si vous n’avez pas de nouvel employeur. Passé ce délai, votre capital LPP sera automatiquement transféré à la Fondation institution supplétive LPP, le fonds de sécurité national, où il restera en attente (souvent sans rendement) jusqu’à vos instructions.

  • Taux d’intérêt 2025 très bas : la rémunération moyenne des comptes de libre passage en 2025 tourne autour de 0,1 % par an. Seules quelques fondations offrent ~0,5 % au maximum. Attention aux comptes à 0 % et aux frais de gestion qui peuvent rogner le capital. Pour un meilleur rendement, envisagez des solutions investies en bourse (portefeuilles en actions) pouvant générer 3 à 5 % par an en moyenne en acceptant la volatilité.

  • Deux comptes maximum : il est légalement permis de répartir sa prestation de sortie sur deux comptes de libre passage (chez deux prestataires différents) lors d’un départ d’une caisse de pension. Cette stratégie de « splitting » permet d’échelonner les retraits sur deux années fiscales pour réduire l’impôt progressif, et de sécuriser chaque compte jusqu’à 100’000 CHF en cas de faillite bancaire (couverture de l’assurance-dépôts).

  • Retraits et utilisations limités : hors retraite, les avoirs LPP sont bloqués sur le compte de libre passage. Un retrait anticipé n’est autorisé que dans des cas précis : départ définitif de la Suisse, acquisition de votre logement principal, passage à une activité indépendante, petit montant LPP, invalidité ou décès. Toute sortie en capital est alors soumise à taxation et requiert le consentement du conjoint le cas échéant.

Qu’est-ce qu’un compte de libre passage ?

Un compte de libre passage est un compte de prévoyance où sont placés vos avoirs du 2ème pilier (prévoyance professionnelle LPP) lorsque vous n’êtes plus affilié à une caisse de pension active. Concrètement, lors d’une interruption de votre activité (entre deux emplois, chômage, congé sabbatique, expatriation temporaire, etc.), vous quittez la caisse de pension de votre ancien employeur et recevez une prestation de sortie LPP – c’est-à-dire l’épargne retraite accumulée chez cet employeur.

Plutôt que de transférer immédiatement cette somme à une nouvelle caisse de pension (ce qui n’est pas possible sans nouvel emploi), elle doit être stationnée sur un compte de libre passage afin de conserver vos droits jusqu’à ce que vous retrouviez une caisse de pension ou atteigniez l’âge de la retraite.

Un compte de libre passage fonctionne un peu comme un compte épargne bloqué : votre capital y demeure à l’abri de l’impôt et des créanciers jusqu’à son retrait, tout en continuant (idéalement) de produire des intérêts ou des rendements. Il fait juridiquement partie de la prévoyance professionnelle (sous le régime de la LPP), et n’offre donc pas une disponibilité libre : l’argent reste destiné à votre retraite ou à des objectifs précis autorisés par la loi. Attention : contrairement à une caisse de pension, un compte de libre passage ne couvre pas les risques d’invalidité ou de décès pendant la période où l’avoir y est déposé. Il s’agit uniquement d’une mesure de conservation de votre épargne du 2ème pilier, sans cotisations nouvelles ni assurances, d’où l’importance de réagir dès que vous êtes en situation de libre passage pour optimiser ce compte.

Qui doit en ouvrir un et quand ?

Toute personne quittant un emploi en Suisse sans rejoindre immédiatement une nouvelle caisse de pension doit envisager d’ouvrir un compte de libre passage. Les situations typiques incluent :

  • Chômage ou pause de carrière : si vous perdez votre emploi ou prenez un congé sabbatique, parental, une formation continue, etc., et restez plus de quelques semaines sans nouvel employeur, vos avoirs LPP doivent être transférés sur un compte de libre passage pour éviter qu’ils ne restent dans l’ancienne caisse ou ne soient versés à la fondation supplétive.

  • Départ temporaire à l’étranger : en cas d’expatriation ou de travail à l’étranger, vous pouvez laisser votre 2ème pilier en Suisse sur un compte de libre passage plutôt que de le retirer en espèces (solution souvent préférable fiscalement si vous comptez revenir ou si vous déménagez dans l’UE).

  • Passage à l’indépendance : si vous vous mettez à votre compte (statut d’indépendant) sans adhérer volontairement à une caisse de pension, vous devrez transférer l’avoir accumulé sur un compte de libre passage (plutôt que le retirer, option d’ailleurs possible mais non obligatoire).

  • Revenu devenu trop faible pour la LPP : si vous réduisez votre taux d’activité ou acceptez un emploi à temps partiel en dessous du seuil d’entrée LPP (en 2025, environ 22’680 CHF de salaire annuel), vous n’êtes plus couvert par une caisse de pension obligatoire. Votre avoir LPP existant doit alors être placé en libre passage pour le maintenir jusqu’à ce que vous retrouviez un emploi suffisamment rémunéré.

  • Situation de divorce ou séparation du 2ème pilier : lors d’un divorce, les prestations de prévoyance accumulées pendant le mariage sont partagées. Si vous recevez une partie de l’avoir LPP de votre ex-conjoint(e) et que vous n’êtes pas affilié à une caisse de pension au moment du divorce, cette somme sera déposée sur un compte de libre passage à votre nom afin de préserver vos droits sur cet avoir jusqu’à la retraite.

En règle générale, si vous restez moins de 6 mois sans affiliation LPP, la loi vous laisse le temps de transférer votre avoir à la nouvelle caisse de pension dès que vous en aurez une. Il n’est pas indispensable d’ouvrir un compte de libre passage si l’intervalle entre deux emplois est inférieur à six mois. Cependant, au-delà de 6 mois sans caisse de pension, vous devez ouvrir un compte de libre passage et y verser votre capital LPP. Sinon, que se passe-t-il ? Après six mois sans nouvelle de votre part, votre ancienne institution de prévoyance transférera automatiquement votre avoir LPP à la Fondation institution supplétive LPP, l’institution nationale de collecte du 2ème pilier. Ce fonds supplétif agira comme gardien de vos avoirs, mais souvent sans vous offrir un bon rendement. Il est donc préférable de choisir vous-même une banque ou assurance de libre passage dès le départ, plutôt que de laisser vos fonds « se perdre » dans la fondation supplétive par inaction.

Quand exactement ouvrir le compte ? Idéalement, avant même de quitter votre emploi ou très peu de temps après. Vous pouvez entamer les démarches dès que vous savez que vous allez avoir une interruption (démission, licenciement, départ à l’étranger, etc.). Informez votre caisse de pension actuelle du prestataire de libre passage que vous avez choisi, afin qu’elle y transfère directement la prestation de sortie à la fin de votre emploi. Si vous avez quitté l’emploi sans encore choisir de compte, ne tardez pas : la procédure peut prendre quelques jours à quelques semaines, et vous ne voulez pas dépasser le fameux délai de 6 mois.

Enfin, notez que dès que vous retrouvez un emploi soumis à la LPP, vous devrez transférer l’intégralité de votre capital de libre passage à la caisse de pension de votre nouvel employeur et clôturer le compte de libre passage. Un compte de libre passage n’est pas destiné à être conservé si vous avez une caisse de pension active ; il sert de solution temporaire. Toutefois, en pratique, certaines personnes peuvent choisir de n’en transférer qu’une partie si elles avaient deux comptes (voir section sur comptes multiples) – mais légalement, toute somme non transférée à la nouvelle caisse deviendra de fait un nouvel avoir de libre passage indépendant.

Quelle est la différence entre une banque et une assurance pour un compte de libre passage ?

Les comptes de libre passage sont proposés par trois types de prestataires : les banques, les compagnies d’assurance ou des fondations de libre passage (souvent liées à des banques ou des fintech). La distinction la plus marquante se fait entre les solutions bancaires et les solutions assurancielles, chacune ayant ses spécificités en termes de rendement, de risque et de flexibilité.

  • Compte de libre passage bancaire : Vous ouvrez le compte auprès d’une fondation de libre passage généralement adossée à une banque (par ex. une banque cantonale, PostFinance, etc.). Votre avoir y est conservé sous forme de dépôt en espèces qui génère un intérêt fixe annuel (souvent très faible, voir section suivante sur les taux). L’avantage principal est la souplesse : vous pouvez à tout moment changer de fondation bancaire ou transférer vos fonds ailleurs, les frais de transfert ou de clôture étant en général modérés (voire nuls). De plus, ces fondations bancaires offrent des options d’investissement : au lieu de laisser l’argent à taux fixe, vous pouvez investir tout ou partie de l’avoir en fonds de placement (portefeuille en titres) afin de chercher un meilleur rendement sur le long terme. L’inconvénient d’un compte bancaire pur est l’absence de garantie sur le capital en cas de chute des marchés si vous investissez (le capital n’est pas couvert, sauf éventuellement par l’assurance-dépôts jusqu’à 100’000 CHF pour la partie en espèces) et l’absence de couverture décès/invalidité. En outre, le rendement d’un compte bancaire sans investissement est généralement très bas, ce qui peut éroder la valeur réelle de votre épargne (d’autant que certains établissements prélèvent des frais de gestion ou de clôture qui peuvent entamer le capital si les intérêts sont quasi nuls).

  • Compte de libre passage auprès d’une assurance (police de libre passage) : Ici, votre avoir est transféré dans un contrat d’assurance vie de libre passage. L’assureur vous propose souvent un taux d’intérêt technique (minimum garanti) qui peut varier chaque année, et garantit le capital à l’échéance. La police peut également inclure des couvertures contre les risques de décès ou d’invalidité durant la période de libre passage, ce qu’une banque ne fait pas. L’avantage est donc la sécurité : vous ne risquez pas de perdre votre épargne – même en cas de krach boursier, l’assureur garantit généralement au moins le capital nominal – et vos proches seraient protégés en cas de décès (versement aux bénéficiaires) ou vous-même en cas d’invalidité. En contrepartie, la solution d’assurance est moins flexible : une police de libre passage est en principe conclue jusqu’à la retraite, et vous ne pouvez pas la résilier avant terme sans pénalités ou pertes sur le rendement accumulé. Les rendements offerts par les assurances sont aussi généralement inférieurs aux performances qu’on pourrait obtenir en investissant en bourse sur le long terme. Le taux crédité par l’assureur dépend de ses résultats et des taux d’intérêt du marché, et tourne souvent autour de 0–1 % actuellement. Enfin, les frais dans une solution assurance peuvent être opaques (frais d’administration, primes de risque), ce qui fait que l’on privilégie souvent ces polices surtout pour leur aspect sécuritaire, pas pour faire fructifier l’avoir.

En résumé, choisir banque vs assurance dépend de votre profil : si vous privilégiez la liberté de gestion et le rendement potentiel, les fondations bancaires (avec ou sans investissement en titres) sont indiquées. Elles comportent plus de volatilité (si investissement) et pas de garantie absolue, mais sur le long terme elles peuvent offrir un meilleur rendement. Si au contraire votre priorité est la sécurité totale du capital et éventuellement combler une absence de couverture risques, une police d’assurance peut convenir – en acceptant un rendement plus faible et un engagement plus figé jusqu’à la retraite. Notons qu’il existe aussi des prestataires hybrides : par exemple, des fondations bancaires qui offrent un compromis avec un portefeuille sécurisé (obligations) ou une garantie partielle du capital. L’important est de comparer attentivement les offres et de lire les conditions (taux garantis, frais de sortie, conditions de transfert, etc.) avant de s’engager.

Quels sont les meilleurs comptes en 2025 ? (Comparatif des taux et frais)

En 2025, les taux d’intérêt des comptes de libre passage en Suisse restent très faibles, malgré une légère hausse en 2023. En moyenne on observe autour de 0,1–0,2 % d’intérêt annuel seulement. Cela signifie que la plupart des avoirs en libre passage non investis ne rapportent presque rien, et peuvent même perdre de la valeur réelle en raison de l’inflation. Un comparatif récent montre que le taux d’intérêt moyen est passé de 0,01 % en 2021 à environ 0,18 % en 2025 pour les comptes sans investissement. Cette légère hausse reste modeste, d’autant que certaines grandes banques continuent d’afficher 0 % d’intérêt sur ces comptes (UBS, Credit Suisse, PostFinance notamment proposent 0% en 2025).

Quels prestataires offrent les meilleurs taux en 2025 ?

Selon les données actualisées au 1er septembre 2025, les quelques offres les plus généreuses en taux d’intérêt sont : la Caisse d’Épargne d’Aubonne et la Caisse d’Épargne de Cossonay (environ 0,50 % d’intérêt annuel), suivies de la Caisse d’Épargne de Nyon (~0,40 %). Viennent ensuite quelques banques cantonales comme Fribourg (0,20 %) ou des banques régionales (CIC, WIR, etc. autour de 0,15 %). En revanche, la majorité des banques traditionnelles affichent des taux entre 0 % et 0,05 % (par ex. 0,05 % à Raiffeisen, Banque Cantonale Vaudoise 0,01 %, UBS 0 %). Il est donc crucial de comparer les compte libre passage, car un meilleur taux de 0,5 % versus 0 % peut faire une différence notable sur plusieurs années, surtout pour des montants importants.

Cependant, le taux d’intérêt seul ne fait pas tout : vérifiez les frais associés. Certains prestataires facturent des frais de tenue de compte annuels ou des frais de sortie (par exemple, lors d’un retrait pour achat immobilier ou départ à l’étranger, des frais de 200–400 CHF peuvent s’appliquer). D’autres offrent la tenue de compte gratuite. Un taux d’intérêt un peu plus élevé peut être annulé par des frais élevés. Préférez donc un compte sans frais de gestion ou négociez-les à la baisse. D’après Moneyland, il n’existe pas de taux négatifs sur les comptes de libre passage en Suisse (on ne vous prélèvera pas d’intérêt), mais des frais élevés peuvent conduire à une performance nette négative si le taux est quasi nul. Par exemple, un compte à 0,05 % avec 100 CHF de frais annuels engendre une perte si votre avoir est modeste.

Pour optimiser la croissance de votre avoir, de plus en plus de titulaires se tournent vers des solutions de libre passage investies. En 2025, plusieurs fondations libres passage permettent d’investir tout ou partie de l’avoir en fonds de placement diversifiés, y compris jusqu’à 80–100 % en actions. Des prestataires numériques comme VIAC, finpension, Frankly se sont imposés sur ce marché avec des offres 100 % en ligne. Ces solutions prélèvent une commission de gestion annuelle modérée (~0,4–0,5 % du capital), mais en contrepartie l’avoir peut générer 3–5 % de rendement annuel moyen sur le long terme (si investi en actions internationales). Bien sûr, le rendement n’est pas garanti et subit les fluctuations boursières, mais l’horizon de placement étant souvent de plusieurs années, les performances historiques montrent un net avantage à l’investissement sur du cash en compte. À titre d’illustration, un comparatif  a estimé qu’un capital de 120’000 CHF laissé 15 ans sur un compte à 1 % atteindrait ~139’000 CHF, alors qu’investi en bourse à 7 % il pourrait atteindre ~331’000 CHF sur la même période – soit 192’000 CHF de gain supplémentaire grâce à l’investissement. Cet écart souligne l’importance de ne pas laisser dormir un gros avoir LPP sur un compte faiblement rémunéré, surtout sur du long terme.

En résumé, les meilleurs comptes libre passage en 2025 sont ceux qui combinent : taux attractif + frais minimes + options d’investissement. Si vous privilégiez la sécurité totale, optez pour la meilleure taux fixe possible (0,5 % environ) sans frais. Si vous voulez de la performance et que votre horizon est suffisamment long (>5 ans), envisagez un compte de libre passage investit via une fondation reconnue (en veillant à choisir un profil de risque adapté).

Comparez en ligne grâce aux comparateur Suisselibrepassage pour trouver l’offre correspondant à votre stratégie. N’hésitez pas à diversifier (deux comptes, voir section suivante) pour profiter à la fois d’un taux fixe élevé sur une partie et d’un investissement dynamique sur l’autre.

Peut-on en avoir plusieurs (ouvrir plusieurs comptes de libre passage) ?

Oui, la loi autorise de détenir jusqu’à deux comptes de libre passage en parallèle – sous certaines conditions. Lorsqu’un « cas de libre passage » survient (par exemple, vous quittez un employeur et avez une prestation de sortie à transférer), vous pouvez demander à l’ancienne caisse de pension de répartir les avoirs sur deux institutions de libre passage distinctes. En pratique, cela signifie ouvrir deux comptes (ou une combinaison compte + police) auprès de deux fondations différentes et y diviser le capital. Cette pratique s’appelle le « splitting » (fractionnement).

Pourquoi ouvrir deux comptes ? Il y a deux avantages principaux :

  • Optimisation fiscale à la retraite : En ayant deux comptes, vous pourrez choisir de retirer votre capital en deux fois, sur deux années fiscales différentes. Or, en Suisse, les retraits de 2ème pilier sont taxés séparément des autres revenus, mais selon un barème progressif. Retirer, par exemple, 100’000 CHF d’un coup coûte plus d’impôts que deux retraits de 50’000 CHF sur deux ans. Le splitting permet donc de réduire l’impôt global en évitant une tranche trop élevée, à condition d’étaler les retraits. C’est une stratégie répandue pour économiser potentiellement plusieurs milliers de francs d’impôts sur la prévoyance.

  • Réduction du risque bancaire : En cas de faillite de la fondation ou de la banque dépositaire, la loi protège les dépôts du 2ème pilier jusqu’à 100’000 CHF par institution (classe privilégiée en faillite). Si vous avez, par exemple, 180’000 CHF de libre passage, les avoirs au-delà de 100’000 CHF risquent de ne pas être intégralement couverts dans une même institution. En ouvrant deux comptes dans deux établissements différents (par ex. 90’000 CHF sur chacun), vous doublez cette protection et chaque compte est couvert jusqu’à 100’000 CHF. En outre, si vous investissez en titres, ceux-ci sont légalement séparés du bilan de la banque et vous appartiennent, ce qui les met à l’abri en cas de faillite.

Modalités et limites : Vous ne pouvez ouvrir au maximum que deux comptes par événement de sortie. Et il n’est autorisé qu’un seul compte par institution de libre passagefr.comparis.ch. Cela signifie que lors d’un départ d’une caisse de pension, vous choisissez au plus deux fondations différentes (par ex. la fondation X et la fondation Y) pour y placer vos avoirs.

Une fois l’argent versé sur un compte unique, vous ne pourrez plus le fractionner ensuite (pas de « split » rétroactif si vous avez tout mis sur un seul compte initialement). Il faut donc décider du fractionnement au moment du transfert de la prestation de sortie.

Notez que si vous vivez plusieurs cas de libre passage distincts (par exemple, vous travaillez en parallèle pour deux employeurs ayant chacun une caisse de pension, et vous quittez les deux emplois), la limitation de deux comptes s’applique à chaque cas séparément. Dans un cas extrême, une personne ayant quitté deux employeurs en même temps pourrait ainsi se retrouver avec jusqu’à quatre comptes (deux par prestation de sortie). Toutefois, dès que cette personne rejoint un nouvel employeur unique plus tard, il lui faudra en principe rapatrier tous ses avoirs vers la nouvelle caisse de pension, ce qui mettra fin à ses comptes multiples (ou n’en laissera subsister qu’un en libre passage s’il y avait un excédent non transférable).

Enfin, choisir deux comptes peut aussi permettre de diversifier la stratégie : par exemple, conserver un compte en fonds sécuritaires (taux fixe) et un compte investi en actions. Ou encore, choisir deux fondations dans deux cantons différents pour optimiser l’impôt à la source si vous prévoyez de retirer votre 2ème pilier en étant à l’étranger (certains cantons ayant des taux d’imposition plus bas que d’autres sur le capital retraite). Veillez simplement à bien gérer le suivi de plusieurs comptes (garder les coordonnées à jour, etc.) pour éviter d’en « oublier » un en route.

Comment optimiser son compte de libre passage ? (Rendement, fiscalité, 2e pilier)

Optimiser son compte de libre passage, c’est maximiser le rendement de vos avoirs LPP tout en minimisant les coûts et les impôts, sans compromettre la sécurité nécessaire à votre situation. Voici les principaux axes d’optimisation :

1. Améliorer le rendement (investir au lieu de stagner) :

Étant donné la faiblesse des taux d’intérêt (0–0,5 %), la stratégie numéro un consiste à investir votre avoir de libre passage plutôt que de le laisser sur un compte en espèces non rémunérateur. De nombreuses fondations de libre passage proposent des portefeuilles d’investissement calibrés pour la prévoyance : vous pouvez choisir un profil prudent (faible part d’actions) jusqu’à très dynamique (jusqu’à 100 % actions). Sur le long terme, un portefeuille équilibré ou dynamique a statistiquement de fortes chances de surpasser largement le rendement d’un compte au taux fixe. Par exemple, un rendement moyen de 5 % double votre capital en ~14 ans, quand un compte à 0,1 % mettrait des siècles… Conseil : si votre horizon de placement est d’au moins 3 à 5 ans, investir tout ou partie de l’avoir en titres peut valoir la peine. En revanche, pour une très courte durée (moins de 2–3 ans avant de réutiliser l’argent), rester en cash évite de subir un éventuel krach sur la période. Vous pouvez aussi opter pour une solution mixte (ex. 50 % en compte, 50 % en fonds) selon votre tolérance au risque. N’oubliez pas de regarder les frais de gestion : privilégiez les fondations à frais réduits (~0,4–0,5 % par an tout compris) pour maximiser le rendement net. Des fintech comme finpension, VIAC ou Frankly excellent sur ce point avec des plateformes en ligne efficaces et peu chères. À l’opposé, évitez les solutions de libre passage intégralement en assurance-vie (peu rentables) et méfiez-vous des comptes bancaires avec frais cachés.

2. Réduire l’impôt sur le retrait :

L’autre levier d’optimisation est fiscal. Comme évoqué, fractionner son avoir sur deux comptes pour faire des retraits échelonnés est un excellent moyen de diminuer la progressivité de l’impôt lors de la retraite. Assurez-vous simplement d’ouvrir deux comptes lors de la sortie de la caisse de pension (voir section précédente). De plus, choisissez judicieusement la localisation cantonale de la fondation de libre passage qui versera le capital. En Suisse, l’impôt sur les prestations en capital du 2ème pilier varie selon les cantons. Si vous prévoyez de partir à l’étranger et de vous faire verser le capital depuis la Suisse, vous paierez un impôt à la source au canton où se trouve la fondation. Certains cantons (Schwyz, Uri, etc.) taxent beaucoup moins ces retraits que d’autres. Il peut donc être intéressant de transférer votre compte dans un canton à fiscalité allégée avant retrait. De même, si vous restez en Suisse, rien ne vous empêche d’ouvrir votre compte de libre passage dans un canton voisin avec une imposition plus douce au moment du versement final. Cette optimisation géographique peut vous faire gagner quelques points de pourcentage d’impôts en moins.

3. Profiter de l’abri fiscal en attendant :

Tant que votre avoir est sur un compte de libre passage, il bénéficie d’une croissance à l’abri de l’impôt : pas d’impôt sur la fortune sur ce capital, pas d’impôt sur les intérêts ou rendements générés chaque année, tant que vous ne retirez rien. C’est un avantage à exploiter : si vous n’avez pas un besoin pressant de cet argent, il peut être judicieux de le laisser le plus longtemps possible dans le compte de libre passage, idéalement jusqu’à la retraite ou jusqu’à un projet justifié (achat immobilier par exemple). Chaque année de report est une année de gains à l’abri du fisc. Toutefois, notez qu’à partir de l’âge de la retraite, vous ne pourrez pas laisser traîner le compte indéfiniment : au plus tard à 65 ans (femmes) – 65 ans (hommes), ou 5 ans plus tard si vous continuez à travailler, le compte devra être liquidé. Une réforme prévoit qu’après 2030, on ne pourra prolonger le libre passage au-delà de l’âge légal que si l’on poursuit effectivement une activité lucrative. En attendant, jusqu’en 2029, on peut encore différer le retrait jusqu’à 70 ans même sans emploi. C’est un choix à caler en fonction de vos besoins : fiscalement, plus vous retardez le retrait, plus vous différez l’impôt et conservez l’abri (tout en continuant de faire travailler l’argent).

En résumé, pour optimiser votre compte : investissez intelligemment selon votre horizon, fractionnez et planifiez vos retraits pour limiter l’impôt, et choisissez des prestataires transparents aux meilleurs taux/frais. N’hésitez pas à demander conseil à un expert en prévoyance ou à utiliser des outils en ligne pour simuler l’impact de vos décisions (par ex. simulateurs d’impôt sur le capital LPP). Vous trouverez sur notre site des guides dédiés, notamment sur la recherche des avoirs LPP oubliés, le transfert de 2e pilier, l’optimisation du 3e pilier ou la fiscalité de la prévoyance, pour aller plus loin dans chaque domaine.

Peut-on retirer ou utiliser les fonds du libre passage avant la retraite ?

Un compte de libre passage est conçu pour conserver vos avoirs jusqu’à la retraite. En principe, vous ne pouvez pas disposer librement de cet argent avant l’âge de la retraite ordinaire (64–65 ans). Il existe toutefois plusieurs cas exceptionnels où la loi vous permet de retirer tout ou partie des fonds de manière anticipée :

  • Départ définitif de la Suisse : Si vous quittez la Suisse de manière permanente (émigration), vous pouvez demander le versement en espèces de votre prestation de libre passage. Attention, si vous partez dans un pays de l’UE/AELE, vous ne pourrez retirer que la part surobligatoire (la part obligatoire LPP doit rester bloquée jusqu’à la retraite sauf si vous n’êtes plus soumis du tout à une assurance vieillesse équivalente dans le pays de destination). Une attestation de départ de votre commune suisse sera exigée.

  • Acquisition d’un logement principal (EPL) : Vous pouvez utiliser vos avoirs du 2ème pilier pour financer l’achat de votre résidence principale (ou amortir votre hypothèque). C’est l’option EPL – Encouragement à la propriété du logement. Le retrait peut être partiel ou total selon le prix du bien. Notez qu’au-delà de 50 ans, le montant maximal retirable est limité (on ne peut plus forcément sortir 100 % de l’avoir, la loi impose un plafond)bsv.admin.ch. Un tel retrait anticipé nécessite la signature de votre conjoint(e) et entraîne une annotation au registre foncier (le bien ne pourra pas être revendu sans rembourser le 2ème pilier).

  • Création d’une entreprise / Indépendance : Si vous devenez indépendant(e) en Suisse (et quittez donc le régime LPP obligatoire), vous pouvez sortir la totalité de vos avoirs de libre passage en espèces pour les injecter dans votre nouvelle activité. Il faudra fournir une preuve de votre nouvelle qualité d’indépendant (extrait du registre du commerce, affiliation AVS en tant qu’indépendant, etc.). Beaucoup d’indépendants choisissent cependant de laisser le capital en libre passage pour la retraite plutôt que de le consommer.

  • Montant LPP insignifiant : Si le montant de votre compte de libre passage est inférieur à l’équivalent de votre cotisation annuelle de salarié (petit avoir, par exemple quelques centaines de francs), la loi vous permet de le retirer en espèces même avant la retraite. Cette clause évite de conserver de toutes petites sommes coûteuses à gérer.

  • Invalidité totale : Si vous devenez invalide et percevez une rente AI complète, vous avez le droit de retirer votre avoir de libre passage (car vous ne cotisez plus pour la retraite). En pratique, souvent la fondation vous versera le capital ou le mettra en paiement de rente selon les dispositions.

  • Décès : En cas de décès du titulaire, le compte de libre passage est versé aux bénéficiaires légaux (conjoint, enfants, etc.) conformément à l’ordre prévu par la loi (voir cas particuliers ci-dessous). Le décès n’est pas un retrait anticipé à proprement parler pour l’assuré, mais c’est une des issues possibles du compte avant la retraite.

En dehors de ces situations, vous ne pouvez pas « casser » votre compte de libre passage à votre guise. Par exemple, il n’est pas possible de retirer de l’argent pour un voyage, pour rembourser des dettes ou pour tout autre motif non prévu légalement. Le but est de préserver l’avoir vieillesse. Si aucun de ces cas ne s’applique, vous devrez attendre d’atteindre l’âge de la retraite (ou 5 ans avant maximum) pour toucher le capital. Actuellement, vous pouvez demander le versement dès 60 ans (hommes et femmes) même sans être à la retraite effective. Une fois l’âge ordinaire atteint (64/65 selon la transition en cours), la caisse ou fondation vous contactera pour clôturer le compte en choisissant entre un retrait en capital ou un transfert pour service de rente. Note : si vous travaillez au-delà de l’âge légal, vous pouvez prolonger le compte de libre passage jusqu’à cessation d’activité, mais au plus tard jusqu’à vos 70 ans (voir plus haut sur les nouvelles règles post-2030).

Enfin, chaque retrait anticipé est imposable (impôt unique sur le capital LPP retiré, distinct de l’impôt sur le revenu). Il faudra déclarer ce retrait et s’acquitter de l’impôt sur le revenu du capital de prévoyance, ou de l’impôt à la source si vous êtes à l’étranger. Pensez à ce coût fiscal avant de décider un retrait. Et en cas de retrait pour achat immobilier ou sortie de Suisse, la plupart des fondations demandent un formulaire signé par le conjoint (pour éviter qu’une personne mariée ne dilapide le 2ème pilier sans consentement de l’autre). Renseignez-vous bien auprès de votre fondation sur les documents requis et frais de traitement éventuels (certaines facturent par exemple 300–400 CHF pour traiter un paiement anticipé EPL).

Cas particuliers

Certaines situations spécifiques méritent une attention particulière quant à la gestion du compte de libre passage :

Compte de libre passage oublié ou inactif

Il arrive qu’un assuré change plusieurs fois d’emploi, déménage, ou quitte la Suisse, et qu’il perde la trace d’un ancien avoir de prévoyance. On estime que la Fondation institution supplétive LPP gère environ 950’000 comptes dits « sans contact » appartenant à des personnes difficiles à localiser. Si vous pensez avoir un compte de libre passage oublié, par exemple suite à un ancien emploi, il existe un service officiel pour le retrouver. Vous pouvez effectuer une recherche des avoirs lpp via le Fonds de garantie LPP (institution de garantie du 2e pilier) en remplissant un simple formulaire. Ce service centralisé interroge toutes les caisses de pension et fondations de libre passage pour localiser d’éventuels avoirs à votre nom. C’est gratuit et indispensable pour récupérer vos fonds oubliés. En pratique, beaucoup de gens récupèrent ainsi des avoirs qu’ils pensaient perdus, parfois de plusieurs dizaines de milliers de francs, placés par défaut à la fondation supplétive.

Conseil : gardez toujours à jour votre adresse auprès de vos anciennes caisses de pension ou fondations, surtout en cas de déménagement à l’étranger, afin qu’on puisse vous contacter. Et conservez précieusement les attestations de sortie et relevés de prestations de libre passage qui vous sont remis lors de vos changements d’emploi.

Que se passe-t-il en cas de décès du titulaire ?

Si vous décédez avant la retraite alors que votre capital LPP est sur un compte de libre passage, ce montant ne disparaît pas : il sera versé aux bénéficiaires légaux selon un ordre bien défini par la loi (art. 15 LFLP notamment). En premier lieu, le bénéficiaire est le conjoint survivant ou partenaire enregistré, ainsi que les enfants à charge (enfants mineurs ou jusqu’à 25 ans en formation). Si vous n’avez pas de conjoint/partenaire ni d’enfants donnant droit à des rentes, viennent ensuite les personnes qui étaient à votre charge financière ou la personne avec qui vous viviez en communauté de vie depuis au moins 5 ans, ou avec qui vous avez des enfants communs (ceci permet de protéger un concubin survivant sous conditions). Puis viennent les enfants majeurs non à charge, puis les parents, puis les frères et sœurs, et enfin à défaut les autres héritiers légaux. Cet ordre est automatique, mais vous avez la possibilité de modifier la clause bénéficiaire dans certaines limites (par exemple, mettre votre concubin au même rang que vos enfants, etc.) en faisant une déclaration écrite auprès de la fondation. Il est donc recommandé de vérifier auprès de votre fondation de libre passage comment sont réglés les capitaux en cas de décès et si vous pouvez désigner nommément des bénéficiaires. À noter que les avoirs de libre passage ne font pas partie de la succession ordinaire – ils sont versés directement aux bénéficiaires mentionnés et sont insaisissables pour les créanciers tant qu’ils restent sur le compte. Fiscalement, le capital décès LPP est généralement imposé de manière similaire à un retrait en capital (souvent avec des allégements). Vos proches devront contacter la fondation à votre décès pour engager le versement. Il peut être utile de les informer de l’existence de ce compte (par exemple dans vos papiers importants) pour qu’il ne devienne pas lui-même un compte « oublié ».

Divorce et partage du 2ème pilier

Lors d’un divorce, la loi suisse veut que les avoirs de prévoyance accumulés par chacun pendant les années de mariage soient partagés équitablement. Concrètement, si vous étiez marié(e) et que vous avez divorcé, il est probable qu’une partie de votre caisse de pension ait été transférée à votre ex-conjoint(e) ou vice-versa. Si vous, ou votre ex-, ne disposez pas au moment du divorce d’une nouvelle caisse de pension pour accueillir ces fonds transférés, un compte de libre passage doit être ouvert pour y verser la somme due. Ainsi, après un divorce, il est courant que l’un ou l’autre des ex-époux se retrouve avec un nouveau compte de libre passage constitué uniquement de la part reçue lors du partage. Ce compte obéit aux mêmes règles que les autres (vous ne pouvez pas y toucher avant la retraite, sauf à remplir une condition de retrait anticipé). Il est important de bien gérer ce compte supplémentaire. Par exemple, si vous vous remariez plus tard, ce capital reste votre propriété à part. En cas de décès, la bénéficiaire prioritaire sera le nouveau conjoint (et non l’ex). Bref, traitez ce compte de divorce comme tout compte de libre passage : optimisez-le (investissement, choix de fondation) au lieu de le laisser à l’abandon.

Plusieurs employeurs ou caisses de pension en même temps

Si vous avez eu plusieurs emplois simultanément (par exemple deux emplois à temps partiel cumulés) et que chacun avait sa propre caisse de pension, vous pourriez vous retrouver avec plusieurs prestations de sortie en cas de cessation de ces activités. Chaque caisse de pension émettra un avoir de libre passage distinct. Dans ce cas, il est tout à fait possible d’ouvrir un compte de libre passage pour chaque avoir, ou de les combiner partiellement. Comme vu plus haut, la règle des deux comptes s’applique par caisse de pension. Donc avec deux caisses, vous pourriez théoriquement avoir jusqu’à quatre comptes, bien que gérer autant de comptes ne soit pas forcément judicieux sur le long terme. Souvent, on choisira de fusionner les avoirs provenant de différents employeurs sur un ou deux comptes maximum pour simplifier. Notez que si par la suite vous rejoignez un employeur unique et adhérez à sa caisse de pension, vous devrez transférer tous ces avoirs accumulés dans la nouvelle caisse (ou au moins leur part obligatoire) afin de centraliser votre 2ème pilier. Ainsi, les comptes multiples libres passage sont souvent temporaires : ils répondent à des situations de transition complexes, mais finissent par se regrouper. Néanmoins, tant qu’ils existent, veillez à appliquer les mêmes bonnes pratiques d’optimisation à chacun (taux, frais, investissement) et à tenir à jour vos coordonnées dans chaque institution.

(D’autres cas particuliers pourraient inclure la poursuite volontaire de la prévoyance auprès de l’ancienne caisse en cas de licenciement après 58 ans – option prévue par la loi depuis 2021 – mais cela sort du cadre du compte de libre passage strict. Dans la plupart des cas, le compte de libre passage est la solution par défaut dès que vous n’êtes plus affilié à une caisse de pension.)

FAQ – Questions fréquentes sur le libre passage

Qu’est-ce qu’un compte de libre passage ?


C’est un compte de prévoyance où l’on place l’épargne du 2ème pilier (LPP) d’une personne quand elle n’est plus affiliée à une caisse de pension (par exemple entre deux emplois). Ce compte bloqué conserve le capital retraite jusqu’à ce que la personne reprenne un emploi (transfert vers la nouvelle caisse) ou atteigne l’âge de la retraite. En somme, il sert de « parking » pour vos avoirs LPP pendant les interruptions de carrière, tout en préservant vos droits à la retraite.

Quand doit-on ouvrir un compte de libre passage ?


Il faut ouvrir un compte de libre passage dès que vous quittez un emploi sans enchaîner immédiatement avec un nouveau soumis à la LPP. Si la pause entre deux emplois dépasse 6 mois, c’est impératif – sinon votre ancienne caisse enverra vos avoirs à la Fondation supplétive par défaut. Concrètement, en cas de chômage, de congé sabbatique, de départ à l’étranger ou de passage à l’indépendance, pensez à ouvrir ce compte dans les meilleurs délais (idéalement juste après votre sortie de la caisse de pension).

Combien de comptes de libre passage peut-on avoir ?


En principe, vous pouvez avoir deux comptes de libre passage au maximum en parallèle pour une même prestation de sortie. La loi permet de répartir votre capital sur deux fondations différentes (on parle de splitting) afin d’étaler les retraits et réduire l’impôt. Vous ne pouvez pas ouvrir plus de deux comptes par caisse de pension quittée, ni plus d’un compte chez le même prestataire. Toutefois, si vous quittez plusieurs employeurs distincts, chaque sortie peut être répartie sur deux comptes – ce qui peut conduire à plus de deux comptes au total, cas relativement rare.

Comment retrouver un compte de libre passage oublié ?


Si vous pensez avoir un avoir LPP oublié quelque part, pas de panique. En Suisse, il existe un service centralisé via le Fonds de garantie LPP pour retrouver vos comptes de libre passage dormants. Il suffit de remplir un formulaire de recherche (disponible en ligne) et l’institution interrogera toutes les caisses de pension et fondations de libre passage. Vous serez informé si des fonds à votre nom sont localisés, par exemple à la Fondation supplétive LPP (qui centralise les avoirs non réclamés). Ce service est gratuit et très efficace pour récupérer votre argent oublié.

Un frontalier peut-il avoir un compte de libre passage ?


Oui. Si vous êtes travailleur frontalier en Suisse et que vous quittez votre emploi suisse (pour travailler hors de Suisse ou cesser d’être actif), vous aurez également droit à une prestation de libre passage. Vous pouvez tout à fait ouvrir un compte de libre passage en Suisse pour y conserver vos avoirs du 2ème pilier. Les conditions sont les mêmes que pour un résident : l’argent restera bloqué jusqu’à la retraite ou un cas de retrait anticipé. La plupart des fondations acceptent les frontaliers sans problème et appliquent les mêmes taux et frais. Si par la suite vous quittez définitivement la Suisse, vous pourrez retirer ces fonds en espèces (soumis à l’impôt à la source, récupérable selon accords fiscaux). Le compte de libre passage est donc une solution recommandée pour les frontaliers qui cessent leur activité en Suisse, afin de ne pas perdre leurs droits LPP.

Le compte de libre passage rapporte-t-il des intérêts ?


Oui, mais très peu. La plupart des comptes de libre passage en 2025 ont un taux d’intérêt annuel compris entre 0 % et 0,5 % selon le prestataire. Beaucoup de grandes banques offrent un taux quasi nul (0,0x %). Seules quelques fondations liées à des banques régionales atteignent ~0,5 %. En moyenne, on tourne autour de 0,1–0,2 %, soit un rendement très faible. C’est pourquoi il peut être judicieux de placer l’avoir sur un compte investissant en bourse pour viser un meilleur rendement sur le long terme. À noter aussi que certains prestataires facturent des frais qui peuvent réduire le rendement effectif : un compte à 0,1 % avec 100 CHF de frais annuels pourrait même vous faire perdre de l’argent net. Il faut donc bien comparer taux et frais.

Peut-on utiliser son 2e pilier pour acheter une maison ?


Oui. L’un des rares motifs autorisés de retrait anticipé du libre passage est l’acquisition de votre résidence principale. Vous pouvez soit retirer une partie/totalité de l’avoir pour augmenter vos fonds propres lors de l’achat, soit donner ce montant en gage à la banque (prêt hypothécaire). Cette opération relève de l’Encouragement à la propriété du logement (EPL). Elle est possible pour une résidence principale (pas pour une résidence secondaire). Des conditions s’appliquent : accord du conjoint, inscription du retrait au registre foncier, etc. De plus, si vous avez plus de 50 ans, le montant maximal retirable est restreint. Utiliser son 2ème pilier pour la maison peut aider à acheter, mais réduit votre épargne retraite – il faut en être conscient et, idéalement, rembourser ce montant plus tard si possible.

Quelle est la différence entre le 2e pilier et le compte de libre passage ?


Le 2èmepilier désigne l’ensemble de la prévoyance professionnelle suisse (régie par la LPP). C’est un système dans lequel les employeurs et employés cotisent à une caisse de pension pour constituer un capital ou des rentes de retraite. Le compte de libre passage, lui, est une composante du 2e pilier : c’est l’outil utilisé pour conserver les avoirs du 2e pilier lorsqu’une personne sort temporairement du système (plus d’employeur). En temps normal, votre 2e pilier est dans une caisse de pension; quand vous n’en avez plus, il « voyage » avec vous via le compte de libre passage. On peut dire que le compte de libre passage est au 2e pilier ce que le compte de dépôt est à une banque : une manière de stocker les fonds. Il ne crée pas de nouvelles prestations, il prolonge simplement vos droits acquis jusqu’à ce que vous les réintégriez dans une caisse ou les retiriez.

Comment choisir son compte de libre passage ?


Il faut comparer plusieurs critères : le taux d’intérêt offert, les frais (gestion, transfert, sortie), les possibilités d’investissement, et la solidité/garantie du prestataire. Commencez par déterminer si vous voulez laisser le capital en sécurité (compte bancaire à taux fixe) ou l’investir (dépôt en titres pour chercher du rendement). Si vous optez pour l’investissement, regardez les offres des prestataires numériques (finpension, VIAC…) qui ont des frais réduits et de bons historiques. Vérifiez que le prestataire est bien établi et fiable (les fondations adossées à de grandes banques ou assurances offrent une certaine sécurité, certaines banques cantonales bénéficient même d’une garantie de l’État pour les dépôts). Utilisez les comparatifs en ligne indépendants (Comparis, Moneyland) pour voir les taux actuels. Enfin, tenez compte de vos priorités : par exemple, si vous comptez retirer dans 2 ans pour acheter un logement, privilégiez une solution sans frais de sortie et stable, plutôt qu’un investissement risqué. Si vous êtes jeune et parti pour 10 ans sans cotiser, maximisez le rendement en actions. En résumé, le meilleur compte libre passage est celui qui correspond à votre horizon, votre tolérance au risque et qui minimise les coûts.

Comment le compte de libre passage est-il imposé ?


Pendant la phase de dépôt, votre compte de libre passage n’est pas imposé – ni en fortune ni sur les gains générés. Il n’y a donc aucune déclaration fiscale à faire tant que l’argent reste sur le compte. Par contre, lorsque vous retirez les fonds (que ce soit de manière anticipée ou à la retraite), ce capital est imposé. En Suisse, on applique un impôt spécifique sur les prestations en capital de la prévoyance, séparément du revenu, généralement à un taux réduit (mais progressif selon le montant). Si vous êtes en Suisse, ce sera un impôt cantonal/communal spécial. Si vous résidez à l’étranger, un impôt à la source sera prélevé par la Suisse. Selon les conventions fiscales, vous pourrez peut-être le récupérer en partie. À noter qu’en attendant le retrait, vos avoirs LPP en libre passage vous font économiser l’impôt sur la fortune et les impôts sur les revenus de placement, ce qui est un atout. En planifiant bien vos retraits (voir optimisation fiscale plus haut), vous pouvez minimiser l’imposition finale, par exemple en étalant les retraits sur deux ans pour éviter de cumuler les montants et en choisissant une fondation dans un canton à fiscalité douce.

Glossaire express des termes clés

2ème pilier (prévoyance professionnelle) : Partie obligatoire du système de retraite suisse (avec le 1er pilier AVS et le 3e pilier). Le 2ème pilier correspond à la caisse de pension alimentée par les cotisations de l’employeur et de l’employé. Son but est d’assurer, combiné à l’AVS, environ 60 % du dernier salaire sous forme de rente, ou un capital en sortie. Il est régi par la LPP (Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle).

LPP (Loi sur la prévoyance professionnelle) : Loi fédérale régissant le 2ème pilier en Suisse. Elle fixe notamment les seuils d’affiliation (seuil de salaire annuel, dès ~22’680 CHF), les prestations minimales des caisses de pension, le taux de conversion en rente, etc. Par extension, on parle souvent de « LPP » pour désigner le 2ème pilier lui-même.

Prestation de sortie / de libre passage : Somme d’argent provenant de la caisse de pension qu’un assuré accumule et qu’il a droit de recevoir lorsqu’il quitte la caisse (par changement d’emploi, etc.). Cette prestation de sortie correspond à votre avoir LPP acquis, et doit être transférée soit à une nouvelle caisse de pension, soit sur un compte/police de libre passage.

Compte de libre passage : Compte bancaire ou fondation de prévoyance où est déposée la prestation de sortie LPP d’une personne qui n’a plus de caisse de pension active. C’est un compte bloqué (pas de retrait libre) qui conserve les droits de l’assuré jusqu’à la retraite ou un autre événement (nouvel emploi, etc.). Le compte peut être rémunéré à taux fixe et/ou investi en fonds selon l’institution choisie.

Police de libre passage : Contrat d’assurance-vie de libre passage, équivalent d’un compte mais auprès d’une assurance. La police couvre les risques décès et invalidité et garantit le capital (voire un intérêt minimum). Elle est moins flexible (pas de résiliation anticipée sans pertes) et sert surtout à sécuriser l’avoir jusqu’à la retraite avec une couverture supplémentaire.

Fondation de libre passage : Institution financière (banque, assurance ou indépendante) autorisée à gérer les avoirs de libre passage. Techniquement, quand vous ouvrez un compte de libre passage dans une banque, c’est la fondation de libre passage de cette banque qui détient votre avoir (ex : la Fondation Libre Passage UBS, etc.). Les fondations de libre passage assurent la gestion administrative de ces comptes selon la loi. Elles peuvent proposer des comptes en espèces, des dépôts en titres, etc., en respectant les directives de la prévoyance. La Fondation institution supplétive LPP est un cas particulier : c’est la fondation nationale chargée d’accueillir les avoirs des personnes introuvables ou qui n’ont pas désigné de compte (c’est le filet de sécurité du 2e pilier).

Sources officielles :

  • Office fédéral des assurances sociales (OFAS)Prévoyance professionnelle (2e pilier) : mémentos et directives sur la LPP et le libre passage bsv.admin.chbsv.admin.ch.

  • Fonds de garantie LPP – Service de recherche des avoirs de libre passage oubliés (formulaire en ligne). Permet de localiser un compte dormant.

  • Fondation institution supplétive LPP – Institution de collecte du 2e pilier, gère les comptes sans contact (plus de 950’000 comptes) et assure provisoirement les chômeurs pour les risques invalidité/décès bsv.admin.ch. Site web : aeis.ch (informations sur le libre passage et formulaire de transfert).

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Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Expert en prévoyance LPP et Libre Passage

8 ans d’expérience dans le conseil financier en Suisse, spécialisé dans le 2e pilier et le libre passage. J’aide chaque client à faire les bons choix (fiscalité, investissement, retrait) pour sa retraite LPP, avec clarté, stratégie et impact.

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