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Le retrait en capital du 2e pilier (LPP) déclenche un impôt spécial, « réduit » par rapport à l’impôt ordinaire sur le revenu, mais qui reste progressif.
Cet article détaille comment ces retraits sont imposés en 2025, les écarts marqués entre cantons, les cas des expatriés/frontaliers, ainsi que les bonnes pratiques pour limiter l’imposition. Des exemples chiffrés (CHF 100k, 200k, 500k) et des tableaux comparatifs cantonaux éclairent chaque point.
Enfin, des liens internes vous renvoient à nos articles détaillés sur le libre passage, la fiscalité, les erreurs fréquentes, l’hypothèque et le comparatif des caisses de pension.
Si vous êtes domicilié en Suisse, l’impôt sur les retraits de votre 2e pilier est prélevé séparément des autres revenus. En pratique, le capital retiré est soumis à un taux spécial (distinct du barème ordinaire). La somme due comprend la part fédérale, cantonale et communale (et éventuellement ecclésiastique) calculée sur ce capital. Concrètement, on parle d’un impôt réduit car il applique généralement des taux inférieurs à l’impôt sur le revenu normal, mais il est progressif : plus le montant retiré est élevé, plus le taux augmente. Par exemple, selon Finpension, tous les cantons appliquent un barème spécifique (parfois proportionnel aux taux ordinaires, parfois un taux de rente fictif ou un taux fixe)finpension.chfinpension.ch.
Point-clé : en Suisse le retrait du 2e pilier est taxé à part, avec un taux d’imposition « préférentiel » plus bas que pour un revenu salarial ordinaire. Il ne bénéficie d’aucune déduction sociale (AVS, assurance, etc.) et, en cas de retrait combiné (2e pilier + 3a), les montants s’additionnent pour le calcul de l’impôt.
Pour les personnes quittant la Suisse ou les frontaliers, l’impôt est prélevé à la source par la caisse de libre passage dans le canton où elle est domiciliée. Ce taux varie fortement selon le canton. Par exemple, sur un capital de 100’000 CHF, la fondation domiciliée à Schwyz prélèvera environ 4 % (≈4’000 CHF) tandis qu’à Genève elle sera d’environ 9 % (≈9’000 CHF). Ce prélèvement à la source cantonal (et fédéral) doit ensuite être pris en compte dans votre déclaration étrangère. Dans les conventions fiscales (ex. Suisse-France), l’impôt suisse peut être remboursé partiellement si vous le déclarez correctement. En d’autres termes, un frontalier ou expatrié paie d’abord l’impôt en Suisse, mais peut souvent récupérer ce montant (ou le créditer) via l’accord bilatéral de double imposition.
Au plan légal, chaque canton dispose d’un barème spécial pour les prestations en capital LPP. Bien que ces barèmes restent progressifs, ils diffèrent des tables d’imposition ordinaires : certains cantons appliquent un pourcentage fixe du capital (par exemple GL, SG, TG, UR) ; d’autres prennent une fraction du taux d’imposition des revenus (AG, AI, GE, LU, NE, NW, OW, SH, SO, VD, ZG) ; et quelques-uns calculent un taux de rente fictif (GR, SZ, TI, VS, ZH) ou un taux spécifique au capital. Dans tous les cas, aucun abattement AVS/AI n’est appliqué et il n’y a pas d’« impôt forfaitaire » : plus le capital est élevé, plus le taux effectif monte.
À savoir : selon Finpension, ces barèmes réduits font que deux retraités voisins avec le même capital peuvent payer le même impôt sur le 2e pilier, même si l’un a un revenu ordinaire plus élevé que l’autre finpension.ch finpension.ch. Cela vient du calcul spécifique (fraction du taux normal, taux fixe, etc.) qui « coupe » l’effet des autres revenus lors du retrait en capital.
L’impôt sur les retraits en capital varie drastiquement d’un canton à l’autre. Un tableau comparatif (voir ci-dessous) résume quelques fourchettes représentatives pour un retrait de l’ordre de 200’000 CHF (impôts fédéraux + cantonaux + communaux) :
| Canton | Impôt (env. 200k CHF, 2025) |
|---|---|
| Schwyz (SZ) | ~3–4 % |
| Zoug (ZG) | ~3–5 % |
| Appenzell Int. (AI) | ~3–4 % |
| Lucerne (LU) | ~6–8 % |
| Vaud (VD) | ~7–9 % |
| Genève (GE) | ~8–10 % |
| Fribourg (FR) | ~5–9 % |
| Berne (BE) | ~6–8 % |
Ces chiffres sont indicatifs – ils dépendent du montant précis et de la commune – mais illustrent l’ordre de grandeur. Par exemple, Schwyz et Zoug affichent des taux très bas (3–5 % pour 200k), alors qu’à Genève ou Vaud on est plutôt autour de 8–10 %.
Dans la pratique, l’écart se chiffre en milliers de francs. À titre d’exemple, Swissinfo rapporte qu’en 2025 un retrait de 500’000 CHF est taxé à ~45’325 CHF à Berne contre ~22’825 CHF à Schwyz, soit une économie de ~22’500 CHF. Même à plus petite échelle, cet effet est significatif : sur 100’000 CHF, Schwyz taxe ≈4’000 CHF (4 %) alors que Genève ≈9’000 CHF (9 %) – une différence de 5’000 CHF pour un capital seulement 2,2× plus élevé. Pour 200’000 CHF, on dépasse facilement 10’000 CHF d’écart.
En pratique : avant de retirer votre capital, vous pouvez transférer votre avoir dans une caisse de libre passage domiciliée dans un canton fiscalement avantageux (par exemple Schwyz, Obwald, Zoug). Ceci justifie le « déplacement administratif » auprès d’une fondation à faible taux avant le versement.
La situation fiscale diffère selon que vous restez résident suisse ou que vous vous installez à l’étranger avant de retirer.
En Suisse (résident) : l’impôt sur le versement du capital est calculé sur votre domicile fiscal. Vous payez selon le barème du canton/résidence, comme vu ci-dessus. Rien ne change si vous retirez avant ou après votre retraite, c’est la même imposition spéciale LPP (sauf cas particuliers d’AVS/AI).
À l’étranger (expatriation) : le retrait est soumis à l’impôt à la source suisse. Concrètement, votre caisse ou votre fondation prélève automatiquement le montant dû selon le canton de domiciliation de l’institution. En général, ces taux à la source sont assez proches du barème cantonal, et souvent inférieurs à ce que vous paieriez en tant que résident. C’est pourquoi de nombreux expatriés transfèrent leurs avoirs dans une fondation de Schwyz ou Zoug avant de partir, pour « figer » l’imposition à un niveau minimal.
Conventions fiscales : dès lors que vous êtes résident étranger, c’est le droit fiscal du nouvel État qui s’applique au retrait. En pratique, la Suisse a passé des conventions avec la plupart des pays développés. Dans beaucoup de cas (États-Unis, pays d’Europe, etc.), ces conventions prévoient explicitement le remboursement du prélèvement suisse. Par exemple, si vous devenez résident français, l’impôt prélevé par la Suisse peut être remboursé en France (ou crédité lors de la déclaration), à condition de se conformer aux modalités (PFL ou quotient, voir FAQ).
Double imposition et solutions : de façon générale, la double imposition est évitée grâce à ces accords. Dans les conventions concernées, soit le droit d’imposer le capital est attribué à la Suisse (ce qui permet de récupérer le prélèvement, comme c’est le cas USA/EUR), soit à l’État d’accueil (ce qui signifie que la Suisse ne « fait qu’anticiper » l’impôt étranger). En revanche, hors de l’UE/AELE et en l’absence de convention, l’impôt suisse peut rester définitivement dû, d’où l’importance d’anticiper la planification fiscale.
La loi suisse limite vos avoirs de libre passage à deux comptes maximum. Cela ouvre une stratégie intéressante : le splitting des comptes pour lisser l’impôt. Concrètement, vous pouvez transférer la totalité de votre 2e pilier sur deux comptes de libre passage (dans deux fondations différentes), puis retirer chaque part sur deux exercices fiscaux distincts.
Cette approche réduit votre facture fiscale globale. Par exemple, diviser CHF 400’000 en 2×200’000 et retirer chaque tranche en deux années séparées vous fera payer moins d’impôt que si vous aviez encaissé les 400’000 en une fois. En effet, le barème LPP étant progressif, un versement unique à haut montant est plus lourdement taxé qu’un retrait fractionné. Le splitting permet ainsi de « casser » votre capital sur plusieurs années et de réduire votre taux moyen..
Règle pratique : ne dépassez pas 2 comptes de libre passage. Ouvrir deux comptes (p. ex. 200k et 200k) puis retirer une part chaque année vous fait économiser l’impôt dû. Cette solution, souvent appelée withdrawal échelonné, est répandue chez les futurs retraités ou expatriés souhaitant minimiser l’impact fiscal.
La LPP autorise l’utilisation anticipée du 2e pilier pour l’accès à la propriété (logement principal). Vous avez alors deux possibilités légales :
Versement anticipé (retrait) : vous retirez une somme ou la totalité de votre capital pour constituer des fonds propres (dès CHF 20’000, soumis à limites d’âge et de fréquence). Cet argent augmente vos fonds propres et réduit le montant de l’hypothèque nécessaire. En revanche, vous devez payer l’impôt sur le capital retiré (prélèvement à la source suisse) comme pour tout retrait en capital. De plus, cela diminue votre avoir vieillesse : votre future rente LPP sera plus faible, et le capital prévu en cas de décès ou d’invalidité diminue.
Mise en gage (prêt hypothécaire) : vous mettez en garantie votre droit aux prestations de prévoyance (ou une portion de votre libre passage) afin d’obtenir une hypothèque plus élevée. Votre capital reste dans la caisse de pension (il n’y a pas de retrait fiscal). En revanche, la banque vous accorde une hypothèque supplémentaire (jusqu’à 90 % du montant placé en gage), ce qui augmente les intérêts à payer. Avec la mise en gage, vous continuez à toucher vos prestations LPP complètes plus tard, puisqu’aucune somme n’a quitté la prévoyance.
Impacts fiscaux : le retrait anticipé est immédiatement soumis à l’impôt (taux réduit LPP) sur le capital retiré, ce qui alourdit votre imposition annuelle. En revanche, la mise en gage n’entraîne pas de taxation immédiate (seuls les intérêts hypothécaires sont à considérer). Toutefois, notez que la mise en gage se traduit par un montant d’hypothèque plus élevé et donc plus de frais financiers.
Risques sur la rente future : tout versement anticipé réduit votre future prévoyance. Vous percevrez une rente de retraite plus faible ou, en cas d’invalidité ou de décès avant la retraite, les prestations seront moins élevées. Dans la pratique, les institutions de prévoyance obligent souvent à prendre une assurance vie complémentaire pour compenser cette perte de couverture.
Astuces : en cas de retrait anticipé, il est crucial de sécuriser votre famille (par ex. via une assurance vie ou en cas de divorce). Si vous envisagez la mise en gage, comparez bien les coûts hypothécaires (voir notre article sur l’hypothèque) et vérifiez les conditions (âge, consentement du conjoint, etc.).
Laisser son avoir dans un canton fiscalement défavorable. Ne présumez pas que le canton de votre dernière activité est le plus avantageux. Comme vu, la différence peut atteindre plusieurs milliers de francs. Par exemple, ne pas transférer un compte à Berne ou Vaud vers Schwyz représente une perte potentielle de +10’000 CHF sur 200’000 CHF retirés. Des simulations montrent qu’un capital placé à Schwyz (taux très faible) permet d’économiser jusqu’à 20–30k CHF d’impôt sur les gros montants.
Retirer en une fois sans planification. Souvent, les gens encaissent la totalité de leur capital en une année, ignorant que l’impôt LPP est progressif. Au lieu de cela, il vaut mieux scinder le capital sur deux comptes et sur deux exercices fiscaux. Ne pas le faire, c’est renoncer à la stratégie de fractionnement qui permet de « lisser » l’impôt. Par exemple, 400k sur un seul retrait coûte beaucoup plus que 2×200k lissés sur deux ans.
Négliger les conventions fiscales internationales. En partant à l’étranger ou en étant frontalier, ne considérez pas seulement l’impôt suisse. Il est impératif d’étudier la convention bilatérale du pays de résidence. Beaucoup oublient de la déclarer ou croient à tort qu’un faible prélèvement suisse suffit. Or, en France par exemple, vous pourrez déclarer le retrait et récupérer l’impôt suisse (via le crédit d’impôt ou l’abattement PFL). Omettre ces démarches entraîne parfois une double imposition (impôt suisse et impôt étranger sans compensation).
Choisir le bon canton de retrait. Avant de faire votre retrait, déplacez votre avoir dans une fondation domiciliée dans un canton à faible imposition (Schwyz, Zoug, Obwald, etc.). Ce simple transfert peut rapporter plusieurs milliers de francs d’économie d’impôt.
Fractionner sur 2 comptes. Profitez de la règle des deux comptes de libre passage en répartissant votre capital sur deux comptes distincts. Retirez-les sur deux années différentes pour réduire le taux moyen d’imposition.
Planifier le timing. Évitez de retirer dans une année déjà fiscalement chargée (hauts revenus, bonus, plus-values, etc.). Privilégiez une année « creuse » en termes de revenus pour minimiser le taux progressif.
Anticiper les conventions. Si vous quittez la Suisse ou avez le choix entre retrait avant/après expatriation, clarifiez les règles de la convention fiscale du pays cible (France, Allemagne, USA, etc.). Dans certains cas, il vaut mieux retirer après avoir établi votre résidence à l’étranger, ou inversement (cas par cas). Consultez un spécialiste si besoin.
Demandez un audit fiscal gratuit : pour sécuriser votre stratégie, notre équipe propose un audit personnalisé de votre situation (cantons, timing, montants). Cet accompagnement gratuit vous aidera à maximiser vos économies fiscales et à éviter les pièges.
Quand puis-je retirer mon 2e pilier ? Le retrait en capital est autorisé dans les cas légaux suivants : départ définitif de Suisse (hors UE/AELE), passage à la retraite (âge légal ou dès 60 ans en retraite anticipée), ou pour financer votre résidence principale. Il est aussi possible de retirer en partiel lors d’un passage à l’indépendance.
Quel est le meilleur canton pour retirer mon 2e pilier ? Fiscalement, les cantons à faible taux d’imposition sont les plus avantageux. En pratique, Schwyz, Obwald et Zoug sont réputés pour leurs taux minimaux sur les retraits LPP. Par exemple, le prélèvement à la source pour 100k CHF est d’environ 3–4 % dans ces cantons, contre ~9% à Genève.
Dois-je payer des impôts en Suisse si je pars à l’étranger ? Oui. La Suisse taxe à la source le retrait de votre 2e pilier selon le canton de la caisse de libre passage, même si vous êtes résident étranger. Toutefois, cet impôt peut généralement être récupéré ou crédité dans votre pays de résidence grâce aux conventions fiscales.
Peut-on éviter la double imposition sur le retrait du 2e pilier ? La double imposition est évitée via les conventions fiscales bilatérales. En général, l’impôt suisse prélevé est pris en compte dans la déclaration étrangère (crédit d’impôt ou abattement). En France par exemple, vous pouvez opter pour un Prélèvement Forfaitaire Libératoire de 7,5 % (après abattement de 10 %) au lieu du barème progressif, ce qui, couplé au crédit de l’impôt suisse, limite le montant total dû. Chaque pays a ses règles, donc étudiez bien votre cas ou consultez un conseiller fiscal.
8 ans d’expérience dans le conseil financier en Suisse, spécialisé dans le 2e pilier et le libre passage. J’aide chaque client à faire les bons choix (fiscalité, investissement, retrait) pour sa retraite LPP, avec clarté, stratégie et impact.
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