Lorsqu’un résident suisse envisage de s’expatrier pour la retraite, la question du 2ᵉ pilier (prévoyance professionnelle, ou LPP) devient cruciale. Comment retirer son capital 2ème pilier de caisse de pension depuis l’étranger tout en minimisant l’impôt et en évitant la double imposition ? Dans cet article expert, nous expliquons ce qu’il advient du 2ᵉ pilier en cas de départ définitif de Suisse, la fiscalité appliquée dans quatre pays prisés (France, Italie, Portugal, Thaïlande), ainsi que les stratégies fiscales optimales. Des démarches administratives aux erreurs à éviter, découvrez comment optimiser le retrait de votre 2ᵉ pilier depuis l’étranger, avec sources officielles à l’appui et conseils d’experts à jour (2025).
À noter : Les informations ci-dessous sont de nature générale et toujours à vérifier. Chaque situation fiscale étant unique, il est vivement conseillé de solliciter un audit fiscal personnalisé avant de prendre une décision (nous déclinons toute responsabilité en cas de mauvaise décision de votre part).
Que se passe-t-il avec le 2ᵉ pilier quand on quitte la Suisse ?
Droit au retrait du 2ᵉ pilier : En cas de départ définitif de Suisse, vous pouvez en principe retirer vos avoirs du 2ᵉ pilier (prestation de libre passage). Toutefois, il existe une distinction selon votre destination :
Départ hors UE/AELE : Vous êtes autorisé à retirer l’intégralité de votre avoir LPP (partie obligatoire et surobligatoire).
Départ vers un pays de l’UE/AELE : Vous ne pouvez retirer immédiatement que la part surobligatoire de votre 2ᵉ pilier. La part obligatoire (couverte par le minimum légal suisse) doit demeurer sur un compte de libre passage en Suisse jusqu’à l’âge légal de la retraite. Conformément au règlement européen 883/2004, vous serez affilié au régime de retraite du pays d’accueil, ce qui limite le versement immédiat de la part obligatoire. En pratique, cela signifie un fractionnement du capital : la part surobligatoire peut être perçue au moment du départ, puis la part obligatoire sera versée ultérieurement (à l’âge de la retraite).
Imposition à la source en Suisse : Tout retrait en capital de la prévoyance suisse est soumis à un impôt suisse prélevé à la source. Si vous quittez la Suisse et percevez votre 2ᵉ pilier en capital alors que vous êtes déjà domicilié fiscalement à l’étranger, la caisse de pension prélèvera un impôt unique à la source au taux préférentiel applicable aux prestations en capital. Cet impôt, d’un taux effectif généralement entre 4 % et 10 %, dépend du barème du canton où se situe la fondation de prévoyance (canton du siège de la caisse) et du montant retiré. En effet, la compétence fiscale passe du canton de domicile (si vous résidez en Suisse) au canton de l’institution de prévoyance dès lors que vous êtes domicilié à l’étranger au moment du paiement. Par exemple, une caisse sise à Genève appliquera le barème genevois, tandis qu’un fonds de pension domicilié à Schwytz utilisera le barème schwytzois. Tous les cantons n’ont pas le même taux : le prélèvement peut varier du simple au double selon le canton, pour un capital identique.
Rôle des conventions fiscales bilatérales : Si la Suisse a conclu une convention de double imposition (CDI) avec votre pays de résidence, celle-ci détermine quel pays a le droit d’imposer le capital LPP retiré. La plupart des conventions suivent le modèle OCDE : elles attribuent l’imposition exclusive des pensions privées (et prestations similaires) au pays de résidence du bénéficiaire. C’est le cas par exemple de la convention franco-suisse de 1966, ou encore de celles avec l’Italie et le Portugal. Dans ces situations, le pays de résidence a le droit exclusif d’imposer la prestation en capital, et la Suisse doit en principe s’abstenir de taxer, ou rembourser l’impôt à la source perçu. À l’inverse, quelques conventions (Canada, Royaume-Uni, Suède, etc.) prévoient que la Suisse conserve le droit d’imposer tout ou partie du capital. Enfin, certains pays sans convention ou sans clause spécifique exposent le retraitant à une double imposition potentielle (on y revient plus loin).
En résumé, même si vous vivez à l’étranger, la Suisse prélève systématiquement un impôt à la source sur le 2ᵉ pilier lors du retrait. Ce prélèvement est définitif uniquement si aucune convention n’en dispose autrement. En présence d’une CDI attribuant la taxation au pays de résidence, vous pourrez réclamer le remboursement de l’impôt suisse prélevé – nous détaillons la procédure plus bas.
La fiscalité du 2ᵉ pilier dans quatre pays populaires
Chaque pays applique sa propre fiscalité aux retraits du 2ᵉ pilier suisse, en fonction de sa législation interne et de son éventuelle convention fiscale avec la Confédération. Focus sur quatre destinations phares des retraités suisses : France, Italie, Portugal et Thaïlande.
France : fiscalité du 2ᵉ pilier pour les résidents français
La Suisse et la France sont liées par une convention fiscale (1966, mod. 2009) qui stipule que les pensions et autres rémunérations similaires ne sont imposables que dans l’État de résidence du bénéficiaire (sauf exceptions pour pensions publiques). En clair, si vous déménagez en France et retirez votre 2ᵉ pilier, la France a le droit d’imposer ce capital, et la Suisse devrait ensuite restituer son impôt à la source.
Imposition en France : La législation fiscale française assimile le capital du 2ᵉ pilier à une prestation de retraite en capital. Deux modes d’imposition sont possibles lors de la déclaration des revenus en France :
L’option la plus avantageuse consiste à opter pour le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 7,5 %. Ce taux s’applique après un abattement de 10 % sur le montant perçu, ce qui revient à un impôt effectif d’environ 6,75 %. Ce régime forfaitaire est libératoire : le capital n’est pas ajouté aux autres revenus et n’alourdit pas le barème progressif. Important : le choix du PFL (cases 1AT/1BT de la déclaration) est irrévocable. Il n’est toutefois possible que si le versement du capital n’est pas fractionné (il doit s’agir d’un versement unique). Dans la plupart des cas de retraite à l’étranger, le 2ᵉ pilier est versé en une fois, le PFL à 7,5 % s’applique donc pleinement.
Si le contribuable ne choisit pas le PFL, le capital entre dans le revenu imposable global de l’année, soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Toutefois, pour éviter une double imposition internationale, la France applique la méthode du crédit d’impôt égal à l’impôt français sur ce revenu, conformément à la convention fiscale. En pratique, cela neutralise l’impôt français sur le capital LPP déjà imposé en Suisse, mais comme la convention prévoit l’imposition exclusive par la France, c’est bien le PFL ou le barème qui s’appliquera in fine (après remboursement de l’impôt suisse).
En plus de l’impôt sur le revenu, notez que les prélèvements sociaux (CSG/CRDS) ne s’appliquent pas aux pensions étrangères des non-assujettis à la sécurité sociale française, ce qui est le cas pour une prestation LPP perçue après une carrière en Suisse.
Récupération de l’impôt suisse : Même si la France a le droit d’imposer exclusivement, la Suisse prélève d’office l’impôt à la source au moment du paiement. Il revient donc au bénéficiaire d’entreprendre les démarches pour récupérer ce prélèvement. La procédure standard consiste à déposer une demande de remboursement auprès de l’Administration fédérale des contributions (AFC) dans un délai de 3 ans après le retrait.
Résumé fiscal pour la France : Un retraité expatrié en France sera donc imposé à ~6,75 % sur son 2ᵉ pilier (option PFL), sans double imposition. Il devra anticiper la trésorerie temporaire correspondant à l’impôt suisse prélevé (souvent autour de 5–8 % selon le canton et le montant) puis remboursé quelques mois plus tard une fois les formalités accomplies.
Italie : taxation du 2ᵉ pilier pour les résidents italiens
L’Italie a, elle aussi, une convention fiscale avec la Suisse (1976) attribuant en principe l’imposition des retraites privées au pays de résidence. Par conséquent, un Suisse qui s’installe en Italie et retire son capital LPP après son déménagement sera imposé en Italie, et pourra demander le remboursement de l’impôt suisse prélevé à la source.
Évolution favorable en 2023 : Jusqu’à récemment, l’Italie taxait les capitaux de retraite étrangers via une “tassazione separata”, c’est-à-dire une imposition séparée au taux moyen, comme pour les indemnités de fin de carrière (TFR). Toutefois, depuis la loi de finances 2023, l’Italie applique un impôt forfaitaire de 5 % seulement sur les pensions suisses du 1er et 2ᵉ pilier. Cette mesure, introduite par l’article 1, al. 77 de la loi n°197/2022, vise à aligner l’imposition des rentes et des retraits en capital : que le 2ᵉ pilier suisse soit touché sous forme de rente mensuelle ou de capital unique, il est désormais soumis à un taux d’imposition réduit de 5 % en Italie. L’Agence des Revenus italienne a confirmé cette interprétation dans une rescrit récent (réponse n°125/E/2024).
Concrètement, pour un expatrié en Italie, le capital du 2ᵉ pilier sera imposé à 5 % à titre définitif. Ce prélèvement est souvent effectué directement par la banque italienne lors du transfert des fonds, sinon le contribuable le réglera via sa déclaration de revenus (modulo RW, section RM). Ce régime fiscal très avantageux s’inscrit dans la volonté de l’Italie d’attirer les retraités étrangers (complémentairement au régime des retraités impatriés à 7 % dans le Sud, qui s’applique plutôt aux pensions publiques ou privées de source étrangère imposables en Italie).
Récupération de l’impôt suisse : Étant donné que l’Italie a le droit exclusif d’imposer, le retraité peut prétendre au remboursement intégral de l’impôt suisse prélevé. La démarche est similaire à la France : formulaire de l’AFC (réf. 95 – Italie) à envoyer dans les 3 ans, accompagné d’une attestation de résidence fiscale italienne (délivrée via le formulaire “Modulario F – Imposte 772” ou directement par l’ufficio delle imposte italien). Après traitement, l’impôt à la source prélevé par le canton suisse sera restitué, évitant toute double imposition.
Attention : Bien que l’Italie applique un impôt faible, il convient de déclarer correctement le capital perçu. L’omission de déclaration est risquée – d’autant que la Suisse communique ces informations dans le cadre de l’échange automatique. Par ailleurs, en l’absence de déclaration, vous ne pourrez obtenir l’attestation italienne nécessaire au remboursement suisse.
Résumé fiscal pour l’Italie : Grâce à la nouvelle législation, l’Italie est l’un des pays les plus favorables fiscalement pour retirer son 2ᵉ pilier : imposition forfaitaire de 5 %, pas de double prélèvement, et formalités de remboursement bien établies. En comparant avec la Suisse, ce 5 % italien est souvent inférieur à l’impôt à la source suisse lui-même – d’où l’importance de récupérer le prélèvement suisse pour ne pas payer plus que nécessaire.
Portugal : régime des expatriés et changements RNH en 2024-2025
Le Portugal a longtemps été considéré comme un eldorado fiscal pour les retraités étrangers, grâce à son régime du Résident Non Habituel (RNH). Ce statut accordait, jusqu’en 2019, une exonération totale d’impôt sur les pensions étrangères pendant 10 ans, puis à partir de 2020 un taux forfaitaire de 10 %. De nombreux retraités suisses ont ainsi déménagé au Portugal pour bénéficier d’une imposition 0 % de leur 2ᵉ pilier (après remboursement de l’impôt suisse). Cependant, la donne a changé en 2023-2024.
Fin du régime RNH « première version » : Le gouvernement portugais a officiellement fermé le régime RNH aux nouveaux entrants en janvier 2024, mettant fin aux avantages historiques pour les retraités étrangerst. En lieu et place, une nouvelle mesure appelée “IFICI” (Incentive for Scientific Research and Innovation) a été introduite, mais elle ne concerne que les actifs qualifiés et n’offre pas d’avantages particuliers sur les pensions. Concrètement, depuis 2024, un expatrié qui s’installe au Portugal sans statut antérieur est imposé selon le régime général sur sa pension.
Imposition des retraites étrangères en 2025 : Pour les nouveaux résidents au Portugal, les pensions privées étrangères (y compris un capital LPP suisse) sont désormais soumises au barème progressif de l’IRS portugais, allant de 14,5 % jusqu’à 48 % (voire 53 % en incluant la surtaxe temporaire). Il n’existe plus de taux réduit de 10 % pour les pensions. Autrement dit, le 2ᵉ pilier sera traité comme un revenu de source étrangère taxable au taux marginal du bénéficiaire. Par exemple, un capital important pourrait être taxé autour de 40–45 %.
Quid des bénéficiaires actuels du RNH ? Ceux qui ont obtenu le statut RNH avant la fermeture continuent d’en jouir jusqu’à l’échéance de leur période de 10 ans. Selon la date d’entrée :
Les RNH enregistrés avant mars 2020 conservent l’exonération totale de leurs pensions étrangères pendant le solde de leurs 10 ans. Leur 2ᵉ pilier peut donc être perçu à 0 % (une situation de double non-imposition légale qui a existé jusqu’en 2020).
Les RNH enregistrés d’avril 2020 à fin 2023 bénéficient du taux fixe de 10 % sur les pensions étrangères pendant leurs 10 ans restants. Pour eux, le capital LPP est taxé à 10 % au Portugal (après l’abattement portugais éventuel de 4 104 € sur pensions, qui ne s’applique pas aux régimes forfaitaires).
Conséquences pratiques : Un retraité suisse qui déménage au Portugal en 2025 sans statut RNH paiera potentiellement un impôt très élevé sur son 2ᵉ pilier (typiquement autour de 30 à 45 % selon les autres revenus). En revanche, s’il a pu obtenir le RNH avant sa suppression, il peut encore bénéficier de l’ancien régime (0 % ou 10 % selon son année d’entrée). Il y a donc une inégalité de traitement temporelle entre expatriés “anciens” et “nouveaux” au Portugal.
Convention fiscale et double imposition : La Suisse et le Portugal ont une convention fiscale (1974) qui suit le modèle OCDE – donc le Portugal a le droit d’imposer exclusivement les pensions privées. En théorie, cela permet de récupérer l’impôt suisse intégralement.
Attention toutefois : le Portugal ne taxant pas (ou faiblement) les pensions RNH avant 2024, beaucoup de retraités se sont retrouvés en situation de double non-imposition (impôt suisse remboursé et impôt portugais nul). Les autorités suisses voyaient cela d’un œil critique, et certaines conventions récentes incluent des clauses “subject-to-tax” pour éviter ce phénomène. Mais jusqu’en 2023, aucune clause de ce type n’existait avec le Portugal, rendant ces situations possibles. À partir de 2024, la double imposition peut redevenir un risque inverse : si un retraité ne fait pas valoir la convention (ou si la procédure est mal suivie), il pourrait payer l’impôt suisse et l’impôt portugais progressif. Il faut donc veiller à bien activer les dispositions conventionnelles (certificat de résidence fiscale portugais, formulaire de demande de remboursement en Suisse) pour n’acquitter in fine que l’impôt portugais.
Stratégie particulière : Compte tenu de la forte hausse d’imposition au Portugal pour les nouveaux résidents, certaines stratégies d’optimisation consistent à retirer le 2ᵉ pilier juste avant de devenir résident portugais. En procédant au retrait du capital tant que vous êtes encore résident suisse (par exemple l’année du départ avant d’obtenir la résidence au Portugal), l’imposition portera uniquement en Suisse (impôt à la source cantonal). Par la suite, le Portugal ne taxera pas ce montant car il a été perçu avant que vous ne soyez fiscalement résident (et en pratique, si les fonds ne sont pas “importés” après le déménagement, ils échappent à l’IRS). Cette approche doit toutefois être maniée avec précaution et avec conseil d’expert : elle peut contrevenir à l’esprit de la convention fiscale et nécessite de bien planifier la date de réalisation du revenu. De plus, le règlement de coordination UE impose que la part obligatoire reste en Suisse si le départ a lieu avant l’âge légal – cette partie serait donc retirée plus tard, une fois résident portugais, et soumise alors à l’impôt portugais.
Résumé fiscal pour le Portugal : Le Portugal n’est plus le paradis fiscal qu’il a été pour les retraits de LPP. À moins d’avoir un statut RNH acquis à temps, un expatrié y verra son 2ᵉ pilier imposé au barème courant (jusqu’à ~48 %), ce qui peut dépasser largement l’impôt suisse. Il est donc crucial d’anticiper : éventuellement retirer les fonds avant le départ ou étudier d’autres solutions patrimoniales (assurance-vie portugaises, etc.), et toujours faire valoir la convention pour éviter de payer deux fois. Une planification fiscale professionnelle est indispensable dans ce contexte en pleine évolution.
Thaïlande : absence de convention favorable et risque de double imposition
La Thaïlande attire de nombreux retraités pour son climat et son coût de la vie, mais sur le plan fiscal, c’est un cas délicat. Contrairement aux idées reçues, il existe bien une convention de double imposition entre la Suisse et la Thaïlande (en vigueur depuis 1997). Cependant, cette convention ne contient pas de disposition spécifique claire attribuant l’exclusivité d’imposition des pensions privées. En pratique, cela signifie que les deux pays peuvent imposer le retrait du 2ᵉ pilier, avec une obligation pour la Thaïlande de prendre en compte l’impôt payé en Suisse (crédit d’impôt).
Imposition en Suisse : Sans clause d’exemption dans la convention, la Suisse conserve son droit d’imposer. Le capital LPP retiré après un départ en Thaïlande subira donc l’impôt à la source suisse (taux dépendant du canton de la caisse, par ex. ~6–8 %). Ce prélèvement est définitif, car la convention ne prévoit pas son remboursement automatique (la Thaïlande n’ayant pas l’exclusivité fiscale dans le texte conventionnel).
Imposition en Thaïlande : Jusqu’en 2023, la Thaïlande appliquait un régime territorial : les revenus étrangers d’un résident fiscal thaï n’étaient imposés que s’ils étaient rapatriés l’année de leur perception. Ainsi, de nombreux expatriés pouvaient éviter l’impôt thaï en ne transférant pas immédiatement leur capital en Thaïlande (ou en l’échelonnant sur des années ultérieures). Mais dès le 1er janvier 2024, la Thaïlande a réformé son régime fiscal : désormais, tout résident fiscal thaïlandais (séjour > 180 j/an) doit déclarer et payer l’impôt sur ses revenus étrangers dès lors qu’il transfère les fonds en Thaïlande, et ce quel que soit l’année de perception. Autrement dit, si vous retirez votre 2ᵉ pilier et envoyez l’argent sur un compte bancaire en Thaïlande, ce montant devient imposable en Thaïlande, même si le retrait a eu lieu avant 2024 ou avant l’installation.
Le barème thaïlandais des revenus est progressif (taux de 5 % à 35 %). Un retrait important pourrait facilement atteindre la tranche supérieure (~30 %). Il existe toutefois un mécanisme de crédit d’impôt étranger : l’impôt suisse prélevé à la source peut être crédité sur l’impôt thaï à payer, dans la mesure où la convention le permet et selon les règles localessoliswiss.ch. La phrase « les impôts payés en Suisse sont en général pris en compte en Thaïlande » signifie que le fisc thaïlandais devrait déduire l’impôt suisse déjà acquitté de votre impôt dû en Thaïlande, évitant une double charge complète. Cependant, deux écueils subsistent : (1) Si l’impôt suisse est supérieur à l’impôt thaï calculé, il n’y aura pas de remboursement de la différence (la Thaïlande ne rendra pas l’excédent d’impôt payé en Suisse). (2) Si l’impôt thaï est supérieur, vous payerez la différence en Thaïlande, aboutissant à une imposition totale pouvant atteindre ~35 %.
Absence de clause d’exonération et risques : La convention Suisse-Thaïlande ne prévoit pas le remboursement de l’impôt suisse (car elle n’accorde pas l’exclusivité à la Thaïlande). Ainsi, contrairement à la France ou l’Italie, vous ne pourrez pas récupérer le prélèvement suisse. Par le passé, certains en ont profité pour ne pas déclarer du tout le capital en Thaïlande (profitant de l’ancienne règle de non-imposition si non rapatrié la même année). Mais avec la réforme 2024, ce stratagème devient risqué et potentiellement illégal. On se retrouve donc dans un schéma de double imposition partielle : deux pays imposent le même revenu, même si un crédit d’impôt atténue le cumul.
Optimisation possible : Pour les retraités établis en Thaïlande, la marge de manœuvre fiscale est limitée. Quelques pistes : fractionner les transferts (étaler sur plusieurs années pour éviter une grosse addition fiscale en une seule année), ou conserver les fonds en dehors de Thaïlande si possible (par exemple vivre sur ses intérêts sans rapatrier le capital immédiatement). Toutefois, la nouvelle loi impose l’impôt dès transfert, même ultérieur, pour les revenus post-2023. Notons que la Thaïlande n’impose pas la simple détention de capital hors du pays. Ainsi, garder votre capital LPP sur un compte suisse ou tiers et ne transférer que ce qu’il vous faut mensuellement pourrait théoriquement différer l’imposition (tant que chaque transfert correspond à des intérêts ou à une fraction du capital). Attention : ce domaine est complexe, et il est indispensable de se faire conseiller par un fiscaliste connaissant la pratique thaïlandaise.
Résumé fiscal pour la Thaïlande : La Thaïlande est sans conteste l’option la moins favorable des quatre sur le plan fiscal pour le retrait du 2ᵉ pilier. Sans mécanisme d’exonération, le retraité subira au minimum l’impôt suisse à la source (~5-8 %) et probablement l’impôt thaï jusqu’à 30 % sur les fonds rapatriés, soit une ponction globale potentielle autour de 35 %. Il est possible d’éviter une double taxation totale grâce au crédit d’impôt thaï, mais pas d’y échapper complètement. En l’absence de solution miracle, une planification minutieuse des flux financiers est la clé (et peut-être d’autres critères de choix de résidence, fiscaux ou non).
Quelle stratégie fiscale adopter ?
Face à ces complexités, comment un futur expatrié peut-il optimiser la fiscalité de son 2ᵉ pilier ? Voici les principales stratégies à envisager :
Choisir le bon canton de prélèvement avant le départ
On entend souvent qu’il faut transférer ses avoirs de prévoyance dans un canton à fiscalité avantageuse avant de quitter la Suisse. En effet, d’énormes écarts existent entre cantons : par exemple, pour un capital de 500 000 CHF, l’impôt à la source serait d’environ 45 300 CHF dans le canton de Berne contre 22 800 CHF dans le canton de Schwytz – soit plus du double. Schwytz et Zoug figurent généralement parmi les cantons au barème le plus bas (autour de 2–5 % pour les montants modestes, ~8 % pour les montants élevés), tandis que des cantons comme Vaud ou Genève appliquent des taux plus élevés (souvent 8–10 % sur les gros retraits). Transférer votre compte de libre passage dans un canton “low tax” (par ex. via une fondation de libre passage à Schwytz, très prisée) permet donc de minimiser le prélèvement suisse au moment du retrait.
Oui, mais… Cette stratégie n’a d’intérêt que dans certains cas. Si vous déménagez vers un pays qui n’a pas de convention favorable avec la Suisse, ou qui laisse la Suisse imposer le capital, alors réduire l’impôt suisse est crucial car il sera définitif. En revanche, si votre pays de destination a une convention donnant l’imposition exclusive au pays de résidence (ex: France, Italie), alors l’impôt suisse, même prélevé, sera intégralement remboursable. Autrement dit, peut-importe qu’il soit de 5 % ou 10 %, vous ne le paierez pas in fine – le seul impôt qui comptera sera celui du pays de résidence. Dans ce scénario, transférer ses avoirs dans un canton à faible impôt n’apporte pas d’avantage final, comme le souligne la littérature fiscale. Mieux vaut alors concentrer ses efforts sur l’optimisation de l’impôt du pays de résidence (et sur les modalités de remboursement de l’impôt suisse).
Recommandation : Avant de déménager, renseignez-vous sur la convention fiscale entre la Suisse et votre futur pays. Si la Suisse doit au final rembourser son impôt, le choix du canton importe peu sur le plan du résultat (il joue seulement sur la trésorerie temporaire). En revanche, si l’impôt suisse risque de rester à votre charge (absence de convention ou droit d’imposer partagé), opter pour un canton comme Schwytz ou Zoug peut faire économiser plusieurs milliers (voire dizaines de milliers) de francs. À noter que certaines fondations de libre passage “optimisatrices” facturent des frais pour ces transferts express ; il faut en tenir compte dans le calcul d’opportunité.
Fractionner le retrait sur deux comptes pour lisser la charge
Une astuce bien connue des fiscalistes suisses consiste à échelonner les retraits en capital afin de réduire la progressivité de l’impôt. En Suisse, l’impôt sur la prestation en capital est calculé à un taux réduit, mais progressif en fonction du montant total retiré. Par exemple, les premiers 50 000 CHF peuvent être taxés à ~2-3 %, mais au-delà de 200 000 CHF le taux monte souvent vers 8-10 %. Si votre caisse de pension le permet, vous pouvez répartir votre avoir LPP sur deux comptes de libre passage avant de quitter votre emploi, puis retirer ces comptes sur deux années fiscales différentes. Chaque retrait étant imposé séparément, vous bénéficierez deux fois des tranches basses du barème. Cette stratégie de fractionnement peut ainsi diminuer l’impôt total de plusieurs points.
Illustration simple : Au lieu de retirer 300 000 CHF en une fois (taux effectif mettons 7 %), vous retirez 150 000 CHF en fin d’année N puis 150 000 CHF en début d’année N+1 (chaque retrait taxé à 5 % par exemple). Le gain fiscal est direct. Pour un capital important, échelonner les retraits est primordial pour éviter un taux d’imposition confiscatoire.
Limites : Il faut pouvoir préserver les comptes de libre passage jusqu’aux dates voulues. Une fois que vous quittez la Suisse, si vous partez hors UE, rien ne vous oblige à tout retirer d’un coup – vous pouvez tout à fait laisser un compte ouvert en Suisse et choisir de le liquider quelques années plus tard (en respectant toutefois les règles d’âge de retraite : un compte de libre passage doit être liquidé au plus tard 5 ans après l’âge de la retraite, sauf exception). Si vous partez dans l’UE, la part obligatoire restant de toute façon en Suisse jusqu’à la retraite, vous avez de facto déjà un fractionnement (une partie maintenant, le reste à la retraite). Mais vous pouvez éventuellement fractionner la part surobligatoire elle-même sur deux comptes.
Attention aussi au fractionnement côté pays de résidence : certains pays considèrent que si le versement est fractionné artificiellement pour réduire l’impôt, l’option du taux forfaitaire peut être refusée (ex. la France n’applique pas le PFL 7,5 % si le contribuable a fractionné volontairement le retrait sur plusieurs années). Renseignez-vous donc sur la vision de votre pays d’accueil. D’une manière générale, un fractionnement s’étudie avec un expert pour s’assurer qu’il procure bien un bénéfice net.
Anticiper le bon moment pour optimiser la fiscalité croisée
Le timing du retrait par rapport à votre changement de résidence peut avoir une influence considérable sur l’impôt dû. Quelques stratégies temporelles :
Retirer avant de quitter la Suisse : Dans certains cas, il vaut mieux effectuer le retrait alors que vous êtes encore résident fiscal suisse, c’est-à-dire juste avant le départ. Pourquoi ? Si votre futur pays va imposer lourdement le capital retiré, il peut être opportun de le percevoir en Suisse (qui appliquera son taux spécial généralement modéré) puis de partir avec les fonds déjà en poche. Par exemple, un départ vers un pays qui taxe le capital LPP comme un revenu ordinaire (cas de l’Autriche cité par les experts) justifierait de retirer son 2ᵉ pilier avant expatriation. Ainsi, seul l’impôt suisse (~5–8 %) s’applique, et le pays de destination n’a pas droit de regard sur un revenu perçu avant l’installation (selon sa législation interne).
Cas d’usage : en l’absence de convention ou si la convention n’entre pas en vigueur immédiatement, cela peut éviter une double imposition ou une imposition étrangère plus lourde.
Retirer après avoir quitté la Suisse : À l’inverse, si votre pays de destination offre une fiscalité très douce sur les retraits de pension (ex: 0 % au Portugal sous ancien RNH, 5 % en Italie, 7 % en France PFL), il vaut mieux attendre d’être devenu résident de ce pays avant de faire le retrait. Car c’est ce pays qui imposera – à un taux plus avantageux – et vous pourrez réclamer le remboursement de l’impôt suisse. Cela suppose parfois de patienter : par exemple, vous pourriez maintenir votre avoir en Suisse un certain temps après le déménagement, jusqu’à remplir les conditions de résidence dans le nouveau pays, puis effectuer le retrait une fois éligible au régime fiscal local souhaité. Attention toutefois à la règle suisse : l’impôt à la source réduit n’est applicable que si, au moment du paiement, vous n’êtes plus domicilié en Suisse. Il faut donc bien avoir “quitté” la Suisse administrativement. En pratique, beaucoup d’expatriés coordonnent la date de départ officiel (désinscription en mairie) avec la date de paiement de la prestation.
Éviter les chevauchements flous : Une erreur serait d’encaisser le 2ᵉ pilier alors que vous êtes en transit entre deux fiscalités, ce qui peut créer des incertitudes. Idéalement, fixez une date où vous cessez d’être résident suisse (date de départ effectif), et une date d’établissement de la résidence dans le nouveau pays, et faites coïncider le retrait juste après l’un ou l’autre selon ce qui est favorable. Exemple : Vous quittez la Suisse le 30 juin, devenez résident fiscal de votre nouveau pays le 1er juillet – dans ce cas, décidez de retirer soit le 29 juin (imposition Suisse uniquement), soit le 2 juillet (imposition pays étranger uniquement). Évitez le 1er juillet qui pourrait théoriquement intéresser les deux fisc (!) – même si la plupart des conventions évitent la double résidence fiscale, mieux vaut jouer la sécurité.
En somme, calquez le moment du retrait sur le régime fiscal le plus avantageux dont vous pouvez bénéficier à ce moment-là. Cela nécessite de bien connaître à partir de quand vous devenez imposable dans l’autre pays (certains appliquent le principe du “split year”, d’autres non).
3 erreurs fréquentes à éviter
Même avec de bonnes informations, certaines erreurs classiques peuvent coûter cher aux retraités expatriés. Voici trois pièges fréquents et comment les éviter :
Laisser son avoir LPP dans un canton défavorable : Vous quittez la Suisse sans transférer vos fonds de prévoyance et la caisse de pension (ou la fondation de libre passage) se trouve dans un canton à haut taux d’imposition.
Conséquence : lors du retrait en capital, l’impôt suisse prélevé sera maximal. Si ce montant n’est pas récupérable (par exemple en l’absence de convention vous donnant droit à remboursement), vous aurez payé beaucoup plus d’impôt que nécessaire.
À faire : avant votre départ, ouvrez un compte de libre passage dans un canton comme Schwytz ou un autre canton “low tax” et transférez-y vos avoirs. Cette formalité peut être faite rapidement et vous économisera potentiellement des milliers de francs d’impôt.
Retirer son 2ᵉ pilier après le départ sans vérifier la convention fiscale : Vous partez à l’étranger, puis vous demandez le retrait de votre 2ᵉ pilier, pour découvrir ensuite que la convention (ou l’absence de convention) fait que ce revenu est imposable dans les deux pays. Par exemple, partir dans un pays sans CDI (ou avec CDI accordant la taxation à la Suisse) et retirer le capital une fois sur place peut mener à une double imposition non récupérable.
À faire : toujours vérifier en amont la convention entre la Suisse et le pays de destination. Si la convention n’est pas favorable, il vaut souvent mieux retirer les fonds avant de partir (pour ne subir que l’impôt suisse) ou planifier une autre optimisation. En un mot, ne vous précipitez pas pour encaisser votre LPP à l’aveuglette après avoir déménagé – renseignez-vous d’abord sur les implications fiscales.
Ne pas déclarer le retrait au bon moment et au bon endroit : Certains pensent qu’en ne déclarant pas le capital retiré dans le pays de résidence, ils éviteront l’impôt. C’est une erreur grave. Avec l’échange automatique d’informations financières et les exigences des formulaires de remboursement, le fisc de votre pays saura que vous avez perçu ce revenu. Ne pas le déclarer pourrait être interprété comme de la dissimulation fiscale, avec des pénalités à la clé. Par ailleurs, déclarer au mauvais moment (par exemple, déclarer avec un an de retard) peut vous faire manquer un crédit d’impôt ou compliquer le dossier.
À faire : déclarez systématiquement le montant du 2ᵉ pilier retiré dans votre déclaration de revenus de l’année correspondante. Si le retrait a lieu en milieu d’année où vous changez de pays, informez-vous sur les règles de split-year pour savoir si vous devez le déclarer en Suisse (pour la période où vous étiez encore résident) ou dans l’autre pays, ou les deux. En cas de doute, prenez conseil auprès d’un expert afin de respecter vos obligations déclaratives dans les deux juridictions. Une déclaration correcte et complète est aussi ce qui vous permettra d’obtenir sans encombre le remboursement de l’impôt suisse.
Ce qu’il faut faire maintenant
Vous l’aurez compris, retirer son 2ᵉ pilier en optimisant les impôts nécessite une planification rigoureuse. Voici donc vos prochaines étapes recommandées :
Vérifier la fiscalité dans le pays de résidence (ou envisagé) : Informez-vous sur le traitement fiscal des retraits de capital de retraite dans votre pays d’accueil. Taux d’imposition, conventions fiscales, dispositifs spéciaux type RNH ou autres… Chaque pays a ses particularités qu’il faut maîtriser avant d’agir.
Simuler l’imposition suisse selon le canton choisi : Utilisez les outils en ligne ou renseignez-vous auprès des administrations cantonales pour estimer l’impôt à la source sur votre capital en fonction du canton de votre caisse de pension (ou de votre compte de libre passage). Si l’écart est significatif, envisagez de déplacer vos avoirs dans un canton à faible imposition avant le retrait.
Planifier le moment du retrait : En fonction de vos conclusions, décidez s’il est plus avantageux de retirer votre 2ᵉ pilier avant ou après votre expatriation. Tenez compte des conditions pratiques (règles de la caisse, délais, votre statut de résidence à telle date, etc.) pour synchroniser l’opération de la manière la plus fiscalement efficiente.
Préparer les formulaires et documents à l’avance : Si vous savez que vous aurez droit à un remboursement d’impôt suisse, téléchargez dès maintenant le formulaire approprié et renseignez-vous sur les pièces justificatives. Par exemple, si vous partez en France, prenez rendez-vous au centre des impôts peu après votre installation pour faire signer l’attestation de résidence (formulaire 5000) et le volet de remboursement. Anticiper ces formalités vous évitera du stress post-départ.
Demander un audit fiscal personnalisé : Chaque situation comporte des variables (montant du capital, canton de la caisse, date de départ, pays de destination, autres revenus, etc.). Rien ne vaut un audit fiscal individuel réalisé par un spécialiste en fiscalité internationale des retraites. Celui-ci pourra calculer précisément les scénarios d’imposition, vous guider sur le meilleur choix de timing et de structuration, et même vous assister dans les démarches de remboursement. Compte tenu des montants en jeu, c’est un investissement souvent rentabilisé par les économies d’impôts réalisées ou les ennuis évités.
En suivant ces étapes, vous mettez toutes les chances de votre côté pour profiter pleinement de votre capital de 2ᵉ pilier sans mauvaises surprises fiscales. N’oubliez pas que l’objectif final est votre sérénité financière à la retraite : quelques démarches administratives et conseils avisés valent bien de préserver une part significative de votre épargne durement accumulée.
FAQ – Questions fréquentes sur le retrait du 2ᵉ pilier à l’étranger
Dois-je payer des impôts en Suisse si je suis expatrié ?
Oui. Lorsque vous retirez votre 2ᵉ pilier en capital en tant qu’expatrié, la Suisse applique un impôt à la source sur ce capital, prélevé par la caisse de pension lors du versement. Ce prélèvement a lieu même si vous vivez à l’étranger, car la loi fiscale suisse prévoit d’imposer les prestations de prévoyance versées à des non-résidents (impôt dit “à raison du rattachement économique”). Toutefois, si une convention fiscale internationale attribue le droit d’imposer ce revenu à votre pays de résidence, vous pourrez ensuite récupérer l’impôt suisse sur demande.
En résumé : dans l’immédiat, la Suisse ponctionne, mais à terme c’est l’État de résidence (si convention) qui garde l’impôt et la Suisse vous rembourse le sien.
Comment éviter la double imposition du 2ᵉ pilier ?
Pour éviter de payer deux fois des impôts sur votre 2ᵉ pilier, il faut tirer parti des conventions de double imposition (CDI) et respecter les procédures. D’abord, vérifiez si la Suisse et votre pays de résidence ont une CDI et ce qu’elle prévoit pour les pensions/avoirs de prévoyance. Si elle donne l’imposition exclusive au pays de résidence (cas de la plupart des pays européens), assurez-vous de déclarer le capital dans ce pays et de demander le remboursement de l’impôt suisse (formulaires à faire signer par le fisc étranger et à envoyer en Suisse dans les 3 ans). Ainsi, seule l’administration du pays de résidence percevra l’impôt, évitant la double imposition. Si votre pays n’a pas de CDI ou que la CDI est insuffisante, il faudra recourir au mécanisme du crédit d’impôt : vous déclarerez le revenu dans les deux pays, mais le pays de résidence vous créditera l’impôt déjà payé en Suisse, pour ne pas dépasser le taux le plus élevé. Enfin, une planification peut consister à choisir le bon moment et le bon lieu du retrait (voir stratégies ci-dessus) pour n’être imposé que dans un seul pays. En synthèse, la double imposition se contourne par : (1) l’utilisation judicieuse des conventions (remboursement ou crédit d’impôt) et (2) une planification fiscale optimale du retrait (lieu/canton, timing).
Quel est le meilleur moment pour retirer son 2ᵉ pilier en tant qu’expatrié ?
Il n’y a pas de réponse universelle, le “meilleur moment” dépend de votre pays de destination et de sa fiscalité. En règle générale, deux options opposées existent : juste avant de quitter la Suisse ou après s’être établi à l’étranger. – Avant le départ : conseillé si votre futur pays risque de beaucoup taxer le capital ou s’il n’existe pas de convention pour éliminer l’impôt suisse. En retirant avant, vous ne payez que l’impôt suisse (relativement modéré, souvent <10 %) et vous partez ensuite avec vos fonds nets. Le nouveau pays ne taxera pas un revenu perçu à l’époque où vous n’étiez pas encore résident chez lui. – Après l’installation à l’étranger : conseillé si votre pays offre un régime fiscal allégé sur les retraits de retraite (ex. taux forfaitaire bas, ou exemption partielle). Dans ce cas, en attendant d’être résident étranger, vous subirez seulement l’impôt (faible) de ce pays et pourrez faire rembourser l’impôt suisse prélevé entre-temps.
Exemple : pour un départ en France ou en Italie, il vaut mieux retirer une fois résident français/italien (impôt 7 % ou 5 %) que de retirer en Suisse (impôt ~8 % puis France/Italie imposera quand même derrière grâce à la convention). A contrario, pour un départ en Thaïlande, mieux vaut retirer avant d’être résident thaï (pour éviter l’impôt thaï de 30 %). En résumé, le bon moment dépend de là où se trouve l’imposition la plus faible. Analysez la fiscalité des deux côtés et choisissez de déclencher le versement du capital à la date où vous bénéficierez du régime le plus avantageux.
Quels sont les pays les plus favorables fiscalement pour les retraités du 2ᵉ pilier ?
Parmi les destinations courantes, l’Italie ressort comme particulièrement favorable : depuis 2023, elle taxe les retraits du 2ᵉ pilier à 5 % forfaitaire seulement, ce qui est très bas. La France est relativement clémente également, avec son prélèvement forfaitaire de 7,5 % – abattement 10 % (soit 6,75 % effectif), et aucune autre taxe sociale (certains cas la CSG). Le Portugal a été extrêmement attractif (0 % sous l’ancien régime RNH) mais pour les nouveaux arrivants ce n’est plus le cas : sans statut RNH, l’impôt peut grimper jusqu’à 48 %. Toutefois, ceux qui ont encore le statut RNH bénéficient de 10 % fixe (et même 0 % pour les “anciens” d’avant 2020). La Thaïlande était historiquement accueillante grâce à l’absence d’impôt sur les fonds non rapatriés, mais la réforme fiscale 2024 la rend bien moins avantageuse : on peut s’attendre à environ 30 % d’impôt thaï (après un crédit de l’impôt suisse) – ce n’est donc pas une destination fiscalement favorable comparée à l’Europe.
En résumé, pour un retrait de 2ᵉ pilier, l’Italie et la France offrent actuellement les régimes fiscaux les plus légers parmi les pays cités. D’autres pays prisés des expatriés fiscaux incluent par exemple Malte (taux souvent bas sur les pensions étrangères sous conditions) ou Chypre, ou encore les pays sans impôt sur le revenu (Émirats, etc.), mais ils sortent du cadre de votre question. Il faut enfin rappeler que la situation peut évoluer (lois, conventions) : ce qui est vrai en 2025 peut changer dans le futur, d’où l’importance de se tenir informé.
En conclusion, la retraite à l’étranger peut être synonyme de découvertes et de qualité de vie, à condition d’optimiser en amont le retrait de votre 2ᵉ pilier. Impôts à la source, conventions internationales, choix du canton et timing – tous ces éléments jouent un rôle dans le montant d’impôt final que vous paierez. En vous informant, en planifiant et en vous faisant conseiller, vous pourrez minimiser la ponction fiscale et profiter sereinement du fruit de votre travail à l’étranger.
Besoin d’aide pour optimiser le retrait de votre 2ᵉ pilier ? Contactez nos experts pour un audit fiscal personnalisé et confidentiel. Nous analyserons votre situation (pays de résidence, montants, échéances) et vous proposerons la meilleure stratégie pour minimiser vos impôts tout en respectant les obligations légales. Préparez votre retraite à l’étranger sereinement – demandez dès maintenant votre consultation fiscale !
Sources : Admin.ch, OFAS, Conventions fiscales internationales, impots.gouv.fr, agenziaentrate.gov.it, Finanças Portugal, etc.
⚠️ Clause de non-responsabilité (09.111.2025)
Les informations fournies dans cet article sont basées sur les réglementations fiscales en vigueur au moment de la rédaction. Chaque situation personnelle ou fiscale peut varier selon le pays de résidence, le canton de la fondation LPP, les conventions bilatérales en vigueur et les évolutions légales futures. Il est fortement recommandé de consulter un expert fiscal ou un conseiller indépendant avant toute décision définitive concernant le retrait de votre 2ᵉ pilier à l’étranger.